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Un sommet pour «changer la donne» Europe-Afrique
International 4 min. 17.02.2022 Cet article est archivé
Retrait au Mali

Un sommet pour «changer la donne» Europe-Afrique

«Un partenariat postule l'échange et le partage», a souligné le président du Conseil européen Charles Michel.
Retrait au Mali

Un sommet pour «changer la donne» Europe-Afrique

«Un partenariat postule l'échange et le partage», a souligné le président du Conseil européen Charles Michel.
Photo: AFP
International 4 min. 17.02.2022 Cet article est archivé
Retrait au Mali

Un sommet pour «changer la donne» Europe-Afrique

Ce jeudi se tient le sixième sommet UE et Union africaine, alors que la France et ses alliés ont officialisé leur retrait de leurs forces armées engagées au Mali.

(AFP) - Sécurité, santé et stabilité sont les trois défis communs affichés par l'Europe et l'Afrique pour «changer la donne» de leurs relations lors du 6e sommet Union européenne-Union africaine qui débute jeudi à Bruxelles, le jour où la France et ses alliés officialisent leur retrait du Mali.


Un nouveau contingent s'envole vers le Mali
A peine rentré de mission en Afghanistan, voilà l'A400M belgo-luxembourgeois sur le tarmac du Findel. Cette fois, l'Airbus a pris à son bord des soldats engagés dans une mission de formation d'unités combattantes maliennes.

Les tensions avec la Russie autour de l'Ukraine se sont par ailleurs invitées au sommet, qui se poursuivra vendredi, avec une réunion d'une heure des Vingt-Sept «sur les derniers développements» de la crise, avant son ouverture prévue à 14h00 (13h00 GMT).

Quarante des 55 dirigeants membres de l'UA doivent ensuite retrouver leurs homologues de l'UE pour définir ce nouveau partenariat.

«Eviter la litanie des discours»

«Un partenariat postule l'échange et le partage», ont souligné le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, et le président de l'Union africaine, le Sénégalais Macky Sall, dans une tribune conjointe.

Les discussions se dérouleront au sein de sept tables rondes pour «éviter la litanie des discours lors d'une longue plénière sans résultats» et des «échanges animés» sont attendus, ont expliqué les organisateurs du sommet.

Emmanuel Macron en a fait un moment fort de la présidence française du Conseil de l'UE. «Nous voulons un sommet qui change la donne», insiste-t-on à Paris.


U.S. Army soldiers from the 37th Engineer Company are seen at the Crossed Swords monument in the Green Zone in Baghdad, Iraq, Wednesday, June 24, 2009. The Iraqi government on Tuesday declared a public holiday to mark next week's withdrawal of U.S. combat troops from Baghdad and other cities. American forces already have begun pulling back from outposts inside the cities ahead of a June 30 deadline, the first phase of a full withdrawal by the end of 2011.(AP Photo/Karim Kadim)
Rendez-vous en terres inconnues pour l'armée
Trente ans après leur dernier engagement, des soldats luxembourgeois s'apprêtent à remettre les rangers en Irak. Mais des uniformes frappés du lion rouge vont également être déployés, d'ici trois semaines, au Mozambique. Une première.

Mais l'Europe ne pourra pas aider une Afrique où l'instabilité et l'insécurité règnent, met en garde le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, en soulignant que coups d'Etat, conflits, terrorisme, trafics d'êtres humains, piraterie gangrènent le continent et ont un impact sur l'Europe.

L'Union africaine a suspendu le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Soudan après des coups d'Etat.

Poussés dehors par les «obstructions» de la junte au pouvoir à Bamako, la France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi leur retrait militaire du Mali au terme de neuf ans de lutte antijihadiste menée par Paris.

«Nous comprenons cette décision», a déclaré Macky Sall lors d'une conférence de presse commune avec le président français, tout en avertissant que «la lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être la seule affaire des pays africains».

Nouveaux acteurs

Des militaires européens participant au groupement de forces spéciales Takuba «seront repositionnés aux côtés des forces armées nigériennes dans la région frontalière du Mali», a précisé Emmanuel Macron.

L'instabilité du continent africain est alimentée par «les nouveaux acteurs» chinois et russes «dont les méthodes et les agendas sont très différents des nôtres», constate Josep Borrell.

Les agissements dans plusieurs pays africains des mercenaires du groupe privé Wagner, dirigé par des hommes proches du Kremlin --ce que Moscou dément--, «sont un exemple des efforts de déstabilisation de la Russie dans des régions qui sont importantes pour l'UE», souligne un responsable européen.

Une lutte d'influence

Présents au Mali, ces mercenaires «viennent essentiellement sécuriser leurs intérêts économiques et la junte elle-même», a accusé Paris.

Sur ce continent, riche en matières premières, les grandes puissances, Chine en tête, se livrent à une lutte d'influence.

«L'Afrique est courtisée et elle a le choix de ses partenaires», fait-on valoir à Bruxelles. Le partenariat proposé par l'UE se veut «innovant» et «respectueux» des pays africains.

 150 millions de vaccins donnés à l'Afrique  

Mais «pas question d'évacuer les sujets de respect de l'Etat de droit et des droits humains», assurent les Européens.

La lutte contre la pandémie est une autre priorité. Seulement 11% de la population du continent africain est entièrement vaccinée.

L'UE a donné 150 millions de vaccins à l'Afrique et va poursuivre cet effort. Elle soutiendra en outre la création de centres de production de vaccins au Sénégal, au Rwanda, au Ghana et en Afrique du Sud.


A kid receives a dose of the Cuban Abdala vaccine against COVID-19 at a mobile vaccination center in Managua, on November 18, 2021. - The Government started a massive "house to house" vaccination campaign against the Coronavirus disease, including children, in order to increase the immunization rate in the country. (Photo by OSWALDO RIVAS / AFP)
Le Luxembourg double ses dons de vaccins
Le Grand-Duché s'engage désormais à verser pour 4 millions d'euros de vaccins au dispositif Covax. Des doses destinées aux pays les plus défavorisés.

Les Européens veulent également revoir leur soutien financier. Une stratégie globale d'investissements dotée de 150 milliards d'euros sur 7 ans est prévue pour l'Afrique.

Elle s'inscrit dans le cadre du projet de l'UE «Global Gateway» qui entend mobiliser jusqu'à 300 milliards d'euros de fonds publics et privés d'ici 2027 dans des projets d'infrastructures à travers le monde, avec l'ambition de contrer la Chine.

Ces financements sont destinés à «aider des projets voulus et portés par les Africains pour la transformation de leurs économies. Plus question de leur dire ce qu'il faut faire. C'est ça, la nouvelle donne du partenariat», souligne-t-on à Bruxelles.