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Un scandale menace le parti de Charles Michel
International 3 min. 02.09.2019

Un scandale menace le parti de Charles Michel

Charles Michel, ancien Premier ministre belge, ne serait pas directement intervenu dans l'attribution d'un poste à l'un de ses proches. Mais le trouble rejaillit sur le Mouvement réformateur, son parti.

Un scandale menace le parti de Charles Michel

Charles Michel, ancien Premier ministre belge, ne serait pas directement intervenu dans l'attribution d'un poste à l'un de ses proches. Mais le trouble rejaillit sur le Mouvement réformateur, son parti.
Photo: Guy Jallay
International 3 min. 02.09.2019

Un scandale menace le parti de Charles Michel

Un poste à forte rémunération semble avoir été taillé sur mesure pour le demi-frère d’Olivier Chastel, un proche du Premier ministre belge sortant.

Max HELLEFF (Bruxelles) - Une affaire éclabousse depuis quelques jours les libéraux francophones. Une affaire où il est question de prébendes et d’argent, et qui pose à nouveau la question de la bonne gouvernance. Les faits ont trait cette fois à l’Intercommunale de Santé publique du pays de Charleroi. En juin dernier, une procédure de recrutement y a été lancée pour désigner un nouveau conseiller général. Mais cette procédure a été rapidement jugée «douteuse» par le syndicat chrétien CSC. 

Celui-ci estime en effet que ce poste, rémunéré à hauteur de 200.000 euros bruts par an, a été taillé sur mesure pour un certain Thomas Salden. Pour la CSC, le plus étonnant est que ce poste à responsabilités, censé participer à la direction d’une entreprise publique employant quelque 5.000 personnes, n’exige ni qualification particulière ni formation universitaire.

Aucun arrangement

Jusque-là, rien de politique. Sauf que Thomas Salden est le secrétaire général adjoint du Mouvement réformateur (MR, libéral), le parti du Premier ministre sortant et futur président du Conseil européen Charles Michel. Mais aussi le demi-frère d’Olivier Chastel, l’homme qui a tenu les commandes du MR jusqu’à l’entame de la dernière campagne électorale.

C’est alors que Charles Michel a repris les rênes du Mouvement réformateur, cumulant la présidence du parti et la fonction de chef du gouvernement avec l’espoir de se présenter dans les meilleures conditions devant l’électeur le 26 mai dernier.

Olivier Chastel le jure : «Je n’ai strictement rien à voir avec les procédures évoquées. On fait croire que j’ai organisé cela mais je n’ai rien à y voir», assurait-il dans les colonnes du Soir qui a levé le lièvre. Il réfute par ailleurs tout arrangement avec le bourgmestre de Charleroi, le socialiste Paul Magnette.

Illustration: balaban

Olivier Chastel est devenu eurodéputé en mai dernier, soit quelques semaines avant que le recrutement du poste de conseiller général de l’ISPPC ne soit lancé. Cette affaire ne semble donc pas en mesure d’éclabousser Charles Michel.

Mais les éditorialistes se demandent si les écuries d’Augias du landerneau politique francophone ont bien été nettoyées, conformément aux promesses faites après les scandales qui ont émaillé l’année 2017 (Publifin, Samusocial, etc). Des scandales synonymes d’enrichissement personnel.

La bonne gouvernance au point mort

Plusieurs réformes ont bien été adoptées. Les sociétés publiques doivent désormais publier un rapport de rémunération. Les salaires des administrateurs des intercommunales sont plafonnés. Il est interdit d’embaucher des membres de la famille dans les cabinets politiques, etc.

«Mais le temps passe, analyse Le Soir, et le sujet «bonne gouvernance» est rétrogradé dans l’agenda politique. Cette nouvelle «affaire ISPPC» vient donc sonner comme une piqûre de rappel contre le manque de transparence, le népotisme et le copinage.

En écho de la «Carolo»

Devant l’imminence du danger, la ministre wallonne des Affaires intérieures, la libérale Valérie De Bue, a préféré annuler la création du poste problématique.

L’affaire de l’ISPPC a comme un air de revenez-y. En 2005, un énorme scandale avait frappé la «Carolo», la société de logements sociaux de Charleroi. Fraude, faux, abus de biens sociaux… 

«La Carolo» avait durablement entaché l’image du Parti socialiste d’Elio Di Rupo, dont plusieurs membres s’étaient retrouvés en justice. Olivier Chastel, alors jeune conseiller communal libéral, avait contribué à la révélation des faits litigieux.


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