Changer d'édition

Un ras-le-bol de plus en plus fort en Belgique
International 6 3 min. 31.01.2021

Un ras-le-bol de plus en plus fort en Belgique

Des manifestants, dimanche à Bruxelles, demandent que l'étau imposé sur les libertés individuelles se desserre un peu.

Un ras-le-bol de plus en plus fort en Belgique

Des manifestants, dimanche à Bruxelles, demandent que l'étau imposé sur les libertés individuelles se desserre un peu.
Photo: AFP
International 6 3 min. 31.01.2021

Un ras-le-bol de plus en plus fort en Belgique

Le mal-être va crescendo en dépit de la volonté des autorités de lâcher un peu de lest. Près de 500 personnes ont été arrêtées dimanche à Bruxelles

De notre correspondant Max Hellef (Bruxelles) - La police de Turnhout craint depuis plusieurs jours que des émeutes n’éclatent. Des appels lancés sur les réseaux sociaux menacent en effet de transformer la ville frontalière flamande en champ de bataille, à la manière de ce qui s’est passé à Rotterdam, située à 85 km au nord. «Il s’agit principalement de jeunes de 16 et 17 ans», indique le bourgmestre. «À la demande de la police, j’ai commencé à appeler leurs parents en leur indiquant que diffuser un appel à la violence était punissable. Je leur ai aussi demandé de garder ceux-ci à la maison samedi.»


Au Luxembourg, entre 70 et 80 personnes se donnent volontairement la mort chaque année. Le taux des tentatives de suicide serait lui 10 à 20 fois supérieur.
Le mental des adolescents soumis à rude épreuve
Alors que la pandémie sanitaire frappe le pays depuis près d'un an, les jeunes générations sont de plus en plus touchées psychologiquement. Une situation préoccupante que constatent les professionnels de santé au quotidien.

Cette montée en tensions n’en est qu’une parmi d’autres. Dimanche, 488 arrestations ont eu lieu à la suite de deux manifestations non autorisées devant la Gare centrale, à Bruxelles. Récemment, un jeune homme a perdu la vie après une émeute. Officiellement, il est décédé d’une crise cardiaque après un contrôle policier.

Cette situation délétère doit aux mesures de confinement imposées au nom de la lutte contre le coronavirus. Elle prend aussi l’allure d’un affrontement entre générations. Sur les réseaux sociaux, des jeunes reprochent aux «vieux» de ruiner leurs belles années, au motif que tout doit être fait pour les protéger. Les seniors rétorquent qu’ils ont le droit de vivre : il leur paraît normal d’être prioritaires dans l’ordre de vaccination.

Les autorités ont compris l’urgence de lâcher un peu de lest. La ministre francophone de l’Enseignement supérieur, la libérale Valérie Glatigny, veut introduire une bulle de contact spéciale pour les étudiants : six personnes auraient le droit de cohabiter. Elle confirme la détresse psychologique de nombreux jeunes de 18 à 25 ans.  Dès ce lundi par ailleurs, et pour un mois, les activités extrascolaires seront à nouveau autorisées aux 13-18 ans, pour les rendre à la sociabilisation.


La Belgique face à la troisième vague
Selon les scientifiques, le variant britannique constituera d’ici un mois la forme majoritaire du coronavirus au sein du royaume.

Ces premières mesures de déconfinement interviennent alors que les écoles du sud du pays bénéficient d’une situation épidémique plutôt favorable, qui contraste avec la "troisième vague" annoncée par le virologue Emmanuel André sur base de données flamandes. Mais ce bilan est fragile : le variant sud-africain du coronavirus a été détecté à l’école Saint-Bernard, à Arlon. L'ensemble des élèves et du personnel a été testé samedi et mis en quarantaine en attendant les résultats. Une trentaine de cas ont été détectés. L'école ne devrait pas reprendre avant le 9 février.

Cette nouvelle contagion ne devrait pas suffire à apaiser les intellectuels qui mettent le gouvernement De Croo en garde contre la violation de l’état de droit. Une quinzaine de politologues, de juristes ou encore de philosophes demandent dans une carte blanche de redéfinir dans un sens démocratique les axes fondamentaux de la lutte contre le covid. 


27.06.05 autoroute belge, E411, direction Arlon, photo: Marc Wilwert
La Belgique sévère pour les voyages à l’étranger
Tests et quarantaines pourraient être imposés pour des séjours de moins de 48 heures au-delà des frontières nationales.

 Soit «l’objectif poursuivi par les mesures actuelles (veut-on éviter la saturation des hôpitaux ou éradiquer le virus sans renforcer les dispositifs médicaux ?), le risque que nous voulons collectivement courir (quel risque et dans quelle mesure?), la proportion entre nos objectifs et les mesures qu’ils rendent nécessaires.» Ces intellectuels exigent également de disposer des données sanitaires en «open data»,  afin de contrôler l’analyse et l’action gouvernementales.

Cet appel a reçu un accueil poli dans les rangs gouvernementaux. Des voix venues du Mouvement réformateur libéral francophone et du Parti socialiste jugent sain de débattre au Parlement des mesures prises par le gouvernement De Croo face au virus. Dans l’opposition, François De Smet, le président du petit parti Défi, estime pour sa part que c’est le moment ou jamais d’y aller d’un «grand débat». «On nous annonce une loi pandémie prochainement. On ne peut plus attendre», dit-il.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

«Les gestes barrières freinent les rencontres»
La distanciation sociale et la fermeture des lieux propices à de nouvelles relations contraignent les célibataires à trouver des alternatives pour s'épanouir dans leur vie sexuelle et amoureuse. Explications avec la sexologue Laura Hendriks.
One young couple wearing protective face masks and kissing each other outdoors in the city.