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Un missile iranien soupçonné dans le crash du Boeing
International 3 min. 10.01.2020

Un missile iranien soupçonné dans le crash du Boeing

Les Etats-Unis et la France pourraient participer à l'enquête sur le crash de l'avion de ligne en Iran.

Un missile iranien soupçonné dans le crash du Boeing

Les Etats-Unis et la France pourraient participer à l'enquête sur le crash de l'avion de ligne en Iran.
Photo : AFP
International 3 min. 10.01.2020

Un missile iranien soupçonné dans le crash du Boeing

Le Premier ministre canadien accuse l'Iran d'avoir causé le drame aérien qui a coûté la vie à 176 personnes, mercredi. Une thèse soutenue par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, alors que l'enquête internationale débute.

(AFP) - Le Boeing 737 qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran serait lié aux tensions entre Donald Trump et l'Iran. Il a sans doute été abattu par un missile de la république islamique, a affirmé, jeudi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau. L'Iran a aussitôt demandé au Canada de lui fournir ses informations, parlant de «mises en scènes douteuses». 


Politik, LSAP, Jean Asselborn, Briefing Iran   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
La riposte de l'Iran apparaît comme «mesurée»
Suite aux frappes en Irak sur des troupes américaines, en guise de représailles pour le meurtre du général Soleimani, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères les considère comme un avertissement.

La catastrophe, qui a entraîné la mort de 176 personnes, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, est survenue peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak. «Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services», qui «indiquent que l'avion a été abattu par un missile sol-air iranien», a déclaré Justin Trudeau lors d'une conférence de presse. «Ce n'était peut-être pas intentionnel», a-t-il ajouté. 

Pour le chef de gouvernement, ces derniers développements renforcent «la nécessité d'une enquête approfondie», à laquelle il souhaite que le Canada soit associé. Son homologue britannique Boris Johnson lui a emboîté le pas, affirmant qu'il existait un «ensemble d'informations» selon lesquelles le Boeing 737 ukrainien a été «abattu par un missile sol-air iranien». 

Les autorités iraniennes affirment de leur côté que les «rumeurs» selon lesquelles l'avion d'Ukraine Airlines International aurait été abattu par un missile n'ont «aucun sens». L'avion de ligne ukrainien avait décollé mercredi matin de Téhéran en direction de Kiev avant de s'écraser deux minutes après. 

Une vidéo d'une vingtaine de secondes, qui montrerait le moment où un missile frappe le Boeing de la compagnie UAI, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Sur les images, filmées de nuit, on peut voir un objet lumineux grimpant rapidement vers le ciel et frappant ce qui semble être un avion. La vidéo, qui n'a pas pu être formellement authentifiée par l'AFP, a été publiée par plusieurs médias, dont le New York Times sur son site internet. 


US President Donald Trump speaks about the situation with Iran in the Grand Foyer of the White House in Washington, DC, January 8, 2020. - US President Donald Trump said Wednesday Iran appeared to be "standing down" after missile strikes on US troop bases in Iraq that resulted in no American or Iraqi deaths. "All of our soldiers are safe and only minimal damage was sustained at our military bases. Our great American forces are prepared for anything," he said in an address to the nation from the White House. (Photo by SAUL LOEB / AFP)
Trump joue l'apaisement
Le président américain a joué mercredi la carte de l'apaisement après des tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats américains en Irak, se félicitant que Téhéran «semble reculer» et se disant prêt à la paix.

Une cinquantaine d'experts ukrainiens sont arrivés jeudi à Téhéran pour participer à l'enquête et notamment au décryptage des boîtes noires de l'appareil. «A un moment ou à un autre, ils remettront les boîtes noires, idéalement à Boeing, mais s'ils les donnent à la France ou un autre pays, cela irait aussi», a affirmé Donald Trump. 

Une certaine confusion règne sur le sort de ces boîtes noires, cruciales pour les investigations à venir. Mercredi, l'agence Mehr, proche des ultraconservateurs, a cité des propos d'Ali Abedzadeh, président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), selon lesquels l'Iran ne remettrait pas les boîtes noires aux Américains. Mais le ministère iranien des Transports a depuis rejeté «les rumeurs sur la résistance de l'Iran à livrer les boîtes noires (...) aux Etats-Unis». 

Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l'Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d'analyser les boîtes noires. Paris a d'ailleurs indiqué être «disponible pour contribuer à l'expertise nécessaire», vendredi.  Jeudi, Téhéran a invité Boeing, le constructeur de l'aéronef, à «participer» à l'enquête. Le Bureau canadien de la sécurité des transports a pour sa part indiqué avoir accepté une invitation de l'autorité de l'aviation civile iranienne à se joindre à l'enquête. 

Cette catastrophe aérienne est la plus meurtrière impliquant des Canadiens depuis l'attentat contre un Boeing 747 d'Air India en 1985, dans lequel 268 Canadiens avaient trouvé la mort. Pays qui accueille une importante diaspora iranienne, le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran en 2012 en reprochant à la république islamique son soutien à Bachar al-Assad en Syrie


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