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Un espoir pour les enfants des djihadistes belges
International 3 min. 13.02.2020

Un espoir pour les enfants des djihadistes belges

Un enfant sur cinq dans le monde est victime d'un conflit armé.

Un espoir pour les enfants des djihadistes belges

Un enfant sur cinq dans le monde est victime d'un conflit armé.
Photo : AFP
International 3 min. 13.02.2020

Un espoir pour les enfants des djihadistes belges

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La Belgique serait prête à rapatrier 42 enfants du djihad. L’opération qui s’annonce des plus difficiles ne concernerait pas les mamans.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Moment intense mercredi au Conseil de sécurité des Nations unies où le roi des Belges est venu plaider en faveur de la protection des enfants dans les conflits. Intense mais aussi schizophrénique puisque des petits Belges croupissent toujours dans les camps syriens. Et le moins qu’on puisse écrire est qu’ils n’avaient guère ému jusqu’ici les autorités de leur pays d’origine.   

«Des millions de jeunes vies sont blessées dans leur corps et leur esprit », a dénoncé mercredi le souverain belge. Sauver ces enfants requiert une volonté politique rapide, une mobilisation des ressources humaines et financières continue. C'est notre devoir de les aider à se rétablir.»

420 millions de gamins

Cet appel a pris un écho tout particulier puisque la Belgique préside en ce mois de février le Conseil de sécurité -où elle siège pour deux ans en tant que membre non permanent. Le nombre d’enfants désignés par le roi Philippe est évalué à quelque 420 millions, soit un sur cinq à l’échelon mondial. Ils sont la proie des guerres, des violences sexuelles, des enlèvements,  etc. Philippe pense que ce «cycle de violence» pourrait être brisé si les belligérants le désiraient… «C'est notre devoir de faire bien plus»

A ce niveau de la diplomatie, les Belges ne pouvaient d’un côté déplorer la violence faite aux enfants, et de l’autre occulter le douloureux dossier des fils et filles de « leurs » djihadistes endurant la rigueur des camps syriens.

C’est une opération délicate, pas facile

Philippe Goffin, ministre des Affaires étrangères

Logiquement, Philippe Goffin, le successeur de Didier Reynders aux Affaires étrangères, est arrivé à New York avec une ébauche de solution. Et une promesse: «La Belgique fera tout pour permettre le rapatriement des 42 enfants qui sont toujours dans les camps syriens. On se rend compte que c’est une opération délicate, pas facile. Il faut du temps pour la monter.» Auparavant, le libéral francophone s’était rendu au Kurdistan irakien pour tenter de prendre la mesure de la situation.

Jusqu’il y a peu pourtant, les autorités belges faisaient la sourde oreille. Bien que l’Etat ait été condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, la volonté de sortir les enfants de djihadistes du guêpier syrien a toujours manqué. « Politiquement, explique cet observateur, une telle démarche est tout sauf populaire. Sauver les gosses des comparses des djihadistes qui ont commis les attentats de Paris et Bruxelles?  Il y a des causes plus facilement vendables pour un ministre… »

Une séparation délicate

Cette position aurait donc évolué. Philippe Goffin se dit prêt à rapatrier les enfants. En revanche, a expliqué le ministre, «nous ne sommes pas favorables aux rapatriements des mères qui doivent être jugées sur place. Elles ont commis des faits graves, sur ces territoires, c’est normal qu’elles y soient jugées».  Problème : les mères refusent d’être séparées de leurs enfants. 

Le ministre ne se laisse pas pour autant démonter : «Il me paraît être de leur responsabilité de permettre que, pour un temps, elles soient séparées de leurs enfants pour que ceux-ci vivent dans des conditions décentes sur le territoire national».

Humanité face à la Justice : peut-on séparer un enfant de sa mère même si celle-ci est impliquée dans un mouvement guerrier?
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Photo : AFP

Pas sûr que l’affaire en reste là. Bernard De Vos, le Délégué général aux Droits de l’enfant, a rappelé qu’un enfant a besoin de sa mère, a fortiori dans des conditions aussi difficiles que celles d’un camp syrien. Jusqu’à présent, la Belgique acceptait de reprendre les enfants du djihad de moins de 10 ans pourvu qu’un lien biologique ait été établi avec un parent belge encore en vie. Pour les autres, le cas par cas était de rigueur. 


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