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Un Belge pour vacciner le monde contre le covid-19
International 3 min. 11.04.2020

Un Belge pour vacciner le monde contre le covid-19

Les recherches du laboratoire CureVac attisent les convoitises des Etats.

Un Belge pour vacciner le monde contre le covid-19

Les recherches du laboratoire CureVac attisent les convoitises des Etats.
Photo : dpa
International 3 min. 11.04.2020

Un Belge pour vacciner le monde contre le covid-19

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Jean Stéphenne donne le cap à l’un des laboratoires les mieux outillés dans la lutte contre le coronavirus. Des tests auront lieu dès cet été.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) Curevac a récemment fait irruption dans l’actualité à la faveur d’un caprice de Donald Trump. Le président américain s’était mis en tête de réserver aux seuls Etats-Unis les droits d'un vaccin contre le covid-19 développé par ce laboratoire allemand, en échange d’un milliard de dollars. Mais il avait aussitôt été refroidi par la chancelière Angela Merkel. Puis la Commission européenne était intervenue, mettant 80 millions d'euros de subventions sur la table pour reprendre la main. 

«Dans cette crise sanitaire, il est essentiel de soutenir nos chercheurs et nos industries technologiques de pointe. Nous sommes déterminés à alimenter financièrement Curevac pour accélérer le développement et la production d’un vaccin», avait déclaré la présidente Ursula von der Leyen.

C’était à la mi-mars. Entre-temps,  l’ancien directeur du laboratoire, l’Américain Daniel Menichella, a été suspendu. Puis, il y a une semaine, on a appris que c’est un Belge, Jean Stéphenne, qui est devenu président de Curevac. L'homme fait autorité dans le monde scientifique et industriel : son nom est intimement associé à GSK Biologicals dont il fut le directeur général.

Si Curevac attise tant les passions, c’est parce que ce laboratoire basé en Allemagne et aux Etats-Unis a obtenu des résultats encourageants dans la formulation d’un vaccin contre le covid-19. Celui-ci est basé sur la technologie de l’ARN messager qui copie temporairement l'ADN correspondant à un ou plusieurs gènes. En l’injectant l'ARN messager au patient, le système immunitaire est stimulé à produire lui-même les protéines thérapeutiques recherchées.

Inutile de dire qu’une telle découverte est attendue comme jamais, au moment où la pandémie a fait selon un comptage de l’AFP plus de 100.000 morts sur la planète. Curevac n’est toutefois pas seul : un peu partout, une trentaine de laboratoires participent à cette course au(x) vaccin(s).

Jean Stéphenne s’est livré à la presse belge. A le suivre, la première étude clinique portant sur le vaccin Curevac sera menée dès le mois de juin - au plus tard juillet, sur des adultes en bonne santé et non exposés. Puis il sera testé sur des patients contaminés et enfin sur des personnes âgées, ces dernières formant la catégorie la plus à risque face au virus.

L'objectif, a expliqué Stéphenne, est «d'examiner les types d'anticorps qui vont être induits par le vaccin, mais aussi de comprendre, pour les personnes infectées naturellement, quelle est la réponse immunitaire qui a été induite». Les études se feront sur «2.000 à 3.000 personnes, dont des Belges».


dpatopbilder - 01.04.2020, Niedersachsen, Hannover: Eine wissenschaftliche Mitarbeiterin hält Coronavirus-Testproben im Niedersächsischen Landesamt für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit (LAVES) in der Hand. Niedersachsen stockt mit der Nutzung von tiermedizinischen Laboren seine Kapazitäten für Tests auf das Coronavirus deutlich auf. Foto: Peter Steffen/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Une avancée à Belval autour du dépistage du covid-19
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Si l’échec est au bout de la route, il existe un plan B : «Curevac a deux ou trois autres candidats vaccins. On gérera  l'incertitude», a tenu à rassurer le nouveau CEO du laboratoire allemand. Quant aux 80 millions d’euros de la Commission européenne, ils seront investis dans une nouvelle unité de production destinée à fabriquer le vaccin en quantité industrielle, une fois son efficacité prouvée.

Jean Stéphenne ne s’est pas privé de régler (diplomatiquement) quelques comptes au passage. Notamment avec la Belgique, en pleine hécatombe, ses divisions «et ses neuf ministres de la Santé». Mais aussi avec l’Europe de la recherche: «Où est l’Europe? Je ne pense pas que nous avons mis de manière appropriée l’organisation qu’il fallait, mais elle est occupée à se faire… Nous avons besoin d’un plan stratégique pour les dix ou quinze ans à venir. Cette crise est une opportunité pour les politiques». 

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