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Un Belge condamné pour menaces contre les femmes
International 3 min. 15.10.2021
Justice en Belgique

Un Belge condamné pour menaces contre les femmes

Pour avoir publié sur Facebook des messages contre les féministes et contre les femmes, Sami Haenen vient d'être condamné par la cour d'assises de Liège.
Justice en Belgique

Un Belge condamné pour menaces contre les femmes

Pour avoir publié sur Facebook des messages contre les féministes et contre les femmes, Sami Haenen vient d'être condamné par la cour d'assises de Liège.
Photo: AFP
International 3 min. 15.10.2021
Justice en Belgique

Un Belge condamné pour menaces contre les femmes

Deux procès défraient en ce moment la chronique judiciaire, révélateurs d’un certain air du temps. L'un en lien avec des propos publiés sur les réseaux sociaux, l'autre avec le passé colonial du royaume.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) -  Pour s'être répandu en propos haineux sur les femmes via Facebook, un homme de 34 ans vient d'écoper d'une peine sévère. La cour d'assises de Liège vient de le condamner à 12 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans pour le surplus de la détention préventive. Il a été reconnu coupable d'avoir commis un délit de... presse en raison de ses différentes interventions sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, Sami Haenen avait déclaré sa haine des féministes et sa colère «qui deviendra incontournable à cause de ma vie sentimentale que j’aurai ratée à cause d’elles (…) Mais je garderai assez de maîtrise pour ne pas me tromper de cible, c’est-à-dire que je ne m’en prendrai qu’aux féministes et à leurs défenseurs». Avertie, la justice avait craint que l’homme ne passe aux actes et l’avait fait incarcérer. Ce procès a fait couler beaucoup d’encre. 

En Belgique, le délit de presse – réservé initialement aux journalistes de l’écrit – se règle devant les assises. Le constituant a voulu que si les journalistes avaient à rendre des comptes, les débats soient publics et bien encadrés, histoire d'éviter toute atteinte à la démocratie. Faute d’alternative, la justice considère à ce stade les écrits haineux publiés par des quidams sur les réseaux sociaux comme relevant du délit de presse. Mais jusqu’ici, ils avaient échappé aux assises, ces procès étant trop lourds et trop coûteux à organiser.


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Cette fois, les juges ont tenu à faire un exemple. La défense a eu beau expliquer que des milliers de messages comme ceux de Sami Haenen sont publiés chaque jour sur le web, rien n’y a fait. Au terme d’un procès parfois qualifié  «d'absurde», l’accusé a été reconnu coupable pour avoir menacé par écrit sur Facebook les féministes et la majorité des femmes. Il a par contre été acquitté de la prévention d'incitation à la haine.

Une peine de trois ans de prison, avec sursis probatoire partiel, ainsi qu'une amende, avaient précédemment été requises comme cet homme présenté par l’accusation comme «narcissique», antisocial et paranoïaque, potentiellement capable de récidiver. Le message lancé aux flingueurs du web est clair: tout écrit litigieux est susceptible de conduire en prison. 


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Dans la réalité, l’encombrement du rôle et les divers maux qui frappent la justice belge rendent impossible la multiplication de tels procès d’assises. Mais les temps changent assurément. En avril dernier, des propos racistes publiés en ligne à l'encontre de la comédienne Cécile Djunga avaient valu à leur auteur d’être condamné, cette fois par un tribunal correctionnel.

L’autre procès du moment renvoie aux heures sombres de la colonisation.  Cinq femmes métisses d’environ 70 ans ont porté plainte pour crime contre l’humanité contre l’Etat belge, estimant avoir été victimes de sa ségrégation. Nées de l’union d’un Belge et d’une Congolaise après-guerre, elles avaient été éloignées et placées dans des orphelinats pour ne pas nuire à la paix des familles et à la morale.

En 2018, l’ex-Premier ministre Charles Michel avait présenté ses excuses au nom de l’État belge pour la ségrégation des enfants métis au Congo, au Rwanda et au Burundi. Mais pour les plaignantes, ce n’est pas suffisant. Elles exigent réparation. «Nous vous demandons de nommer le crime et de condamner l’État belge», a plaidé l’avocate Michèle Hirsch devant le tribunal correctionnel.

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