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Un accord historique pour les futurs médecins
International 3 min. 05.05.2022
En Wallonie

Un accord historique pour les futurs médecins

Le nouveau concours s'annonce plus difficile que l'examen d'entrée en vigueur ces dernières années.
En Wallonie

Un accord historique pour les futurs médecins

Le nouveau concours s'annonce plus difficile que l'examen d'entrée en vigueur ces dernières années.
Photo: Getty Images
International 3 min. 05.05.2022
En Wallonie

Un accord historique pour les futurs médecins

La Belgique francophone va former plus de praticiens, mais ils auront à passer dorénavant un concours d’entrée à l'université.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - L'accord est qualifié par la presse d'«historique» et de «pétri de sagesse». Et il faut bien dire qu'à l'aune des interminables querelles communautaires entre Flamands et francophones, cette remise à plat du paysage médical belge représente une avancée inattendue. Elle aura des conséquences pour tous les étudiants en médecine du pays, mais aussi pour les nombreux étrangers, dont un certain nombre de Luxembourgeois, qui fréquentent ses universités.


"Group of college students in the university amphitheatre, they are sitting and doing an exam."
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202 candidats résidant au Luxembourg se sont présentés entre 2017 et 2021 à l'examen d'entrée en médecine et en dentisterie. 64 d'entre eux ont réussi l'examen mais tous n'ont pas pu accéder aux études.

De quoi s'agit-il ? Pour schématiser, il y a vingt-cinq ans, la Belgique a décidé de réduire le trou de la Sécu et, dans la foulée, de diminuer le nombre de candidats à la pratique de la médecine. La Flandre a joué le jeu et a écrémé chaque année ses étudiants. 

A l’inverse, la Belgique francophone (Bruxelles et la Wallonie) a fait de la résistance et produit plus de nouveaux médecins que le nombre d'accès à la profession (les fameux «numéros Inami») auquel elle avait droit en vertu d'accords passés. Et la situation s'est progressivement envenimée. 

Les francophones ont dû faire le ménage

La Flandre s'est fâchée et a contraint les francophones à faire le ménage. Au cas contraire, ils formeraient leurs futurs médecins et dentistes sans pouvoir leur garantir un accès à la profession. Acculées, les universités francophones se sont vues obligées d'organiser un examen d’entrée. Mais la situation ne s'est pas améliorée, bien au contraire.

L’accord auquel viennent d’aboutir la ministre francophone de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny et le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbrouck fait en partie table rase du passé. Il accordera dès 2028 aux francophones quelque 250 agréments Inami supplémentaires, ce qui leur permettra de former plus de médecins. Mais en échange, leurs universités devront organiser un concours d'entrée pour trier drastiquement les candidats à la médecine et faire en sorte qu'au bout du cursus, le nombre de ceux-ci soit équivalent ou presque au nombre d’agréments disponibles.

A lire entre les lignes, on comprend que ce «concours» sera plus difficile que l'«examen» qui a sélectionné les aspirants à la médecine au cours des dernières années.

L'accès pour les mieux préparés

Les étudiants devront donc faire face à un obstacle supplémentaire. Seuls les mieux préparés – mais seront-ils pour autant les plus doués ? – pourront accéder aux études. Certains condamnent déjà la mesure, faisant valoir que la médecine va devenir le privilège des jeunes issus de milieux aisés, ceux-ci sortant généralement des meilleures écoles secondaires.

Mais la grande gagnante est sans conteste la santé des Belges qui pourront recourir aux services de davantage de médecins d'ici peu.

Pénurie de médecins

Il y avait péril en la demeure. Un cadastre réalisé il y a quelques années avait notamment démontré que les zones les plus reculées de Wallonie allaient manquer de médecins généralistes. Les jeunes praticiens belges préfèrent désormais la ville à la campagne, travaillent en association pour bénéficier de leurs soirées et de leurs week-ends, et se dirigent souvent vers une spécialisation qui leur assure une vie plus confortable. 

Le compromis actuel repose sur un autre cadastre qui passe au crible les pathologies des Belges et aboutit à dire qu'ils auront besoin de davantage de médecins dans la prochaine décennie.  Ceux-ci seront donc formés dans les universités du pays. En principe, la Belgique devrait moins recourir à la main-d’œuvre étrangère pour pallier la pénurie de personnel dans ses hôpitaux. Comme dans le reste du monde occidental, le vieillissement de la population est un défi qui se prépare. Cet accord va dans ce sens.

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