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Un 19e anniversaire du 11-Septembre marqué par la crise
International 3 min. 11.09.2020

Un 19e anniversaire du 11-Septembre marqué par la crise

Il y a 19 ans, 3.000 personnes ont perdu la vie dans les attentats du World Trade Center.

Un 19e anniversaire du 11-Septembre marqué par la crise

Il y a 19 ans, 3.000 personnes ont perdu la vie dans les attentats du World Trade Center.
Photo: AFP / archives
International 3 min. 11.09.2020

Un 19e anniversaire du 11-Septembre marqué par la crise

Criminalité en hausse, appartements et magasins vacants, sans-abris omniprésents : New York commémore les attentats du World Trade Center dans un profond contexte de crise, enjeu de bataille politique à l'approche de la présidentielle américaine.

(ASdN avec AFP) - Un bien triste anniversaire. Malgré la pandémie, la première métropole américaine tiendra vendredi sa cérémonie annuelle en mémoire des près de 3.000 personnes mortes dans les attentats les plus meurtriers de l'histoire. Mais covid oblige, la commémoration des événements sera adaptée. 

Si deux minutes de silence seront observées aux heures où les avions détournés par les jihadistes ont percuté les tours du World Trade Center, les familles des victimes ne se relaieront pas au micro pour prendre la parole. Pour ce 19e anniversaire, elles ont dû enregistrer leurs interventions. Mais elles pourront se retrouver, avec masques et distanciation physique, au Mémorial du site de «Ground Zero», dont le musée rouvrira pour la première fois depuis mars. 


(FILES) This file photo taken on January 7, 2019 shows policemen seen outside Charlie Hebdo's former office ahead of a ceremony marking the fourth anniversary of the jihadist attack on the satirical magazine that killed 12 people in Paris. - The trial of the January 2015 attacks on Charlie Hebdo, Montrouge and Hyper Cacher will take place from September 2 to November 10, 2020 in Paris. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Le procès des attentats de 2015 s'ouvre à Paris
Les attaques, d'une extrême violence, avaient semé l'effroi et la consternation en France comme à l'étranger. Dès aujourd'hui, la justice se penche sur les faits commis dans la rédaction de Charlie Hebdo et dans l'Hyper Cacher.

Dix-neuf ans après, le 11-Septembre reste synonyme d'héroïsme des New-Yorkais. Les dirigeants new-yorkais répètent que c'est grâce à leur «résilience» que la ville a, depuis un mois, ramené sous les 1% le taux de contamination d'un virus qui a tué plus de 23.000 New-Yorkais. Mais tous soulignent aussi, comme le gouverneur Andrew Cuomo mardi, que cette résilience est désormais mise à rude épreuve par les «effets secondaires», économiques et sociaux, de la pandémie. 

Bureaux vides jusqu'en 2021 ? 

Gale Brewer, présidente du district de Manhattan, reconnaît que cette île symbole de l'effervescence new-yorkaise est aujourd'hui plombée par des problèmes multiformes. Certains découlent directement du coronavirus: la quasi-totalité des banques, assurances et autres entreprises de «cols blancs», passées au télétravail en mars, l'ont maintenu, vidant les quartiers d'affaires et condamnant des milliers de petits restaurants qui nourrissaient leurs employés le midi. 


(FILES) In this file photo taken on September 11, 2001, a man stands in the rubble, and calls out asking if anyone needs help, after the collapse of the first World Trade Center Tower in New York. - Seventeen years later, more than 1,100 victims of the hijacked plane attacks on the World Trade Center have yet to be identified. But in a New York lab, a team is still avidly working to identify the remains, with technological progress on its side. Day in, day out, they repeat the same protocol dozens of times. (Photo by DOUG KANTER / AFP FILES / AFP)
Identifier les restes: le travail continue 17 ans après le 11-Septembre
Dix-sept ans après, plus de 1.100 victimes des attentats du World Trade Center n'ont toujours pas été identifiées. Mais dans un laboratoire de Manhattan, une équipe poursuit inlassablement le travail d'identification, aidée par le progrès technologique.

Si les plus de 60 millions de touristes qui visitaient New York annuellement ont disparu, les New-Yorkais ont aussi fui par milliers: 35.000 personnes au moins ont quitté Manhattan, au vu des demandes de vote par correspondance enregistrées pour la présidentielle, selon la présidente du district de New York Gale Brewer. Beaucoup de commerces ont également fermé: entre 2017 et 2020, le nombre de commerces vacants a presque doublé (+78%), affirme-t-elle.

Quant aux personnes sans abris, leur visibilité a augmenté avec la fermeture de nombreux centres d'hébergement et le transfert de quelque 13.000 d'entre elles dans des hôtels vides de Manhattan, dit-elle. La hausse des meurtres et fusillades (respectivement +47% et +166% en aout comparé à août 2019) est un des signes frappants de cette crise new-yorkaise. 

Si on est loin de la criminalité endémique qu'avait connue New York dans les années 1970-80, la ville, qui se targuait d'être l'une des plus sûres au monde, est désormais revenue aux niveaux de criminalité de 2012, selon le New York Times

«Je ne peux pas vous dire combien d'appels je reçois de New-Yorkais (..) littéralement inquiets de la dégradation de la ville», résumait mardi M. Cuomo. Tous les dirigeants new-yorkais se disent cependant convaincus que la ville remontera la pente, mais dans combien de temps? Si la ville montre des signes de reprise - avec notamment la réouverture des musées débutée fin août et, fin septembre, des salles de restaurants - cela pourrait prendre trois ans, estime Gale Brewer, rapportant l'avis de promoteurs immobiliers. 

En attendant, à moins de deux mois de la présidentielle, cette crise est devenue un sujet de conflit avec le gouvernement Trump. Le président républicain répète que la hausse de la criminalité dans le bastion démocrate qu'est sa ville natale est la conséquence de l'incompétence et du laxisme de ses élus. Mardi encore, il accusait le maire et le gouverneur de New York de «détruire» la ville. 


US President Donald Trump speaks as delegates gather during the first day of the Republican National Convention on August 24, 2020, in Charlotte, North Carolina. - President Donald Trump went into battle for a second term Monday with his nomination at a Republican convention where he will draw on all his showman's instincts to try and change the narrative in an election he is currently set to lose. (Photo by Jessica Koscielniak / POOL / AFP)
Candidat officiel, Trump accuse les démocrates de fraude
Donald Trump est officiellement devenu le candidat des Républicains pour l'élection présidentielle. Il a lancé lundi sa campagne pour un second mandat en accusant les démocrates de vouloir «voler» l'élection.

Les responsables new-yorkais dénoncent eux le refus de l'ex-magnat de l'immobilier et des républicains d'octroyer des milliards de dollars à New York - comme à d'autres villes démocrates - pour combler leurs immenses pertes de recettes fiscales. «Trump essaie de tuer New York, c'est personnel, c'est psychologique», affirmait mardi M. Cuomo.

Vendredi, Donald Trump et Joe Biden se succéderont sur le site du crash. A moins de deux mois des élections présidentielles, les deux candidats tenteront l'exercice, en cette date particulière pour les Américains, de se poser en leader et éviter de gâcher ce moment d'unité nationale.

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