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Trump veut «trouver» 11.780 bulletins à son nom
International 4 min. 04.01.2021

Trump veut «trouver» 11.780 bulletins à son nom

Deux mois après le scrutin, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite.

Trump veut «trouver» 11.780 bulletins à son nom

Deux mois après le scrutin, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite.
Photo: AFP
International 4 min. 04.01.2021

Trump veut «trouver» 11.780 bulletins à son nom

La diffusion dimanche d'un enregistrement du président sortant, dans lequel le président sortant tente de rallier à sa cause le républicain en charge des élections dans l'Etat de Géorgie, a suscité une onde de choc à Washington, donnant le ton d'une semaine qui s'annonce explosive.

(AFP) - A quelques heures d'une élection cruciale pour le contrôle du Sénat et à deux jours d'une session du Congrès destinée à graver dans le marbre la victoire de Joe Biden à la présidentielle, c'est toutefois la révélation d'une conversation entre le président sortant et un responsable de Géorgie qui a monopolisé l'attention. 

Deux mois après le scrutin, Donald Trump refuse en effet toujours de concéder sa défaite. Samedi, il a appelé Brad Raffensperger, le républicain en charge des élections dans cet Etat du Sud, pour tenter de le rallier à sa cause. «Il n'y a pas de mal à dire que vous avez recalculé», peut-on l'entendre dire sur un enregistrement de la discussion réalisé à son insu et rendu public par le Washington Post, puis d'autres médias. «Tout ce que je veux, c'est trouver 11.780 bulletins», ajoute-t-il, soit à peu près l'avance dont dispose Joe Biden en Géorgie, confirmée par un recomptage et des audits. 

Répétant des accusations de fraudes, dont il n'a jamais apporté la preuve et qui ont été balayées par les tribunaux, le milliardaire républicain justifie ses demandes par sa conviction que l'élection lui a été «volée». «Vous savez ce qu'ils ont fait et vous n'en parlez pas: c'est un délit», «c'est un gros risque pour vous», ajoute-t-il, menaçant. En face, Brad Raffensberger ne cède pas. «Nous pensons que nos chiffres sont bons». 

«Accablant» 

Le camp démocrate a immédiatement dénoncé des pressions «potentiellement répréhensibles». «Le mépris de Trump pour la démocratie est mis à nu», a ajouté l'élu de la Chambre, Adam Schiff. Sa consoeur Debbie Wasserman Schultz a dénoncé l'acte d'un «président désespéré et corrompu». Le trouble était également palpable chez les républicains. «C'est accablant», a tweeté l'élu Adam Kinzinger, en appelant les membres de son parti à ne pas suivre le président dans sa croisade. «Vous ne pouvez pas faire ça en ayant la conscience tranquille», leur a-t-il lancé. 


(FILES) In this file photo US President Donald Trump leaves after speaking during a Make America Great Again rally at Fayetteville Regional Airport November 2, 2020, in Fayetteville, North Carolina. - Two months before he is due to leave office, President Donald Trump asked top aides about the possibility of striking Iran's nuclear facilities, The New York Times reported on November 16, 2020. During a meeting at the Oval Office last November 12, 2020, the outgoing Republican leader asked several top aides, including Vice President Mike Pence, Secretary of State Mike Pompeo and the chairman of the Joint Chiefs, General Mark Milley, "whether he had options to take action against Iran's main nuclear site in the coming weeks," the newspaper said. (Photo by Brendan Smialowski / AFP)
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Si certains poids lourds républicains, dont le chef des sénateurs Mitch McConnell, ont fini par admettre la victoire de Joe Biden, le président sortant bénéficie encore du soutien indéfectible de dizaines de parlementaires. A la Chambre comme au Sénat, ces élus ont promis d'exprimer leurs objections mercredi, lors d'une session du Congrès destinée à enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden (306 contre 232). 

Au même moment, les partisans de Donald Trump se rassembleront à proximité de la Maison Blanche pour une démonstration de force. Les interventions des parlementaires n'ont aucune chance d'empêcher l'investiture de Joe Biden le 20 janvier. Mais leur attitude pourrait compliquer la mission qu'il s'est fixée: «réconcilier» l'Amérique, en transcendant les divergences partisanes. 

«L'avenir du pays»

Mais son succès dépendra surtout d'élections mardi en Géorgie qui détermineront le contrôle du Sénat. Pour que la chambre haute revienne dans le giron démocrate, leurs candidats devront impérativement remporter les deux sièges, un pari difficile. Preuve de l'enjeu: Donald Trump et Joe Biden s'y rendront tous les deux lundi afin de soutenir les prétendants de leur camp. 


PHILADELPHIA, PA - NOVEMBER 10: Dana Benson, 63, a supporter of President Donald Trump unfurls a U.S. flag while demonstrating outside of where votes are still being counted in Pennsylvania, seven days after the general election on November 10, 2020 in Philadelphia, Pennsylvania. The state was called for President-elect Joe Biden on Saturday, propelling him past the requisite 270 electoral votes to win the presidency. As of Tuesday afternoon, with 98% of the ballots reported, President-elect Biden leads President Trump in the state by 45,103 votes.   Mark Makela/Getty Images/AFP
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«L'avenir du pays se joue ici, en Géorgie, sur nos bulletins de vote», a déclaré sur Fox News la sénatrice républicaine Kelly Loeffler, qui espère conserver son siège face au pasteur noir Raphael Warnock. «C'est un choix entre nos libertés (...) et le socialisme», a-t-elle ajouté, reprenant l'argument massue brandi par les républicains dans cette course: le spectre d'un pouvoir basculant à gauche toute. «Nous sommes sur le point de décrocher une victoire historique après quatre ans d'incompétence grossière, de racisme, de haine et de préjugés», a rétorqué sur CNN le démocrate Jon Ossoff qui, à 33 ans, espère ravir le siège du républicain David Perdue, 71 ans. 

Sur le papier, les deux républicains font figure de favoris: David Perdue est arrivé en tête au premier tour, Kelly Loeffler devrait bénéficier du report des voix d'un autre conservateur. Mais les démocrates misent sur la dynamique créée par la victoire de Joe Biden pour provoquer la surprise. La guérilla de Donald Trump pourrait aussi les servir: convaincus de l'existence de fraudes, les électeurs républicains pourraient être tentés de rester chez eux.

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