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Trump prêt à bousculer à nouveau ses alliés du G7
International 4 min. 20.08.2019

Trump prêt à bousculer à nouveau ses alliés du G7

«Trump ne vient pas en tant qu'homme d'Etat, mais en tant qu'homme politique qui se bat pour être réélu» en novembre 2020, explique Robert Guttman, de la Johns Hopkins University.

Trump prêt à bousculer à nouveau ses alliés du G7

«Trump ne vient pas en tant qu'homme d'Etat, mais en tant qu'homme politique qui se bat pour être réélu» en novembre 2020, explique Robert Guttman, de la Johns Hopkins University.
Photo: AFP
International 4 min. 20.08.2019

Trump prêt à bousculer à nouveau ses alliés du G7

Ses meilleurs alliés doivent-ils à nouveau s'attendre au pire? Donald Trump pourrait encore jouer les trouble-fêtes ce week-end au sommet du G7 de Biarritz, en France, tant les sujets de discorde se multiplient entre les Etats-Unis et les autres pays riches.

(AFP) – Les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) étaient habitués à de paisibles retrouvailles annuelles entre amis au sein de ce qu'ils surnomment parfois le «club des démocraties» - surtout depuis que la Russie de Vladimir Poutine n'y est plus conviée. 

 Mais ça, c'était avant Donald Trump et son interprétation toute personnelle des relations internationales. Après un constat de désaccord en 2017 en Italie sur le réchauffement climatique, le G7 d'Ottawa avait été l'an dernier le théâtre de déchirements inédits.


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 Le président des Etats-Unis avait chamboulé la scénographie d'ordinaire millimétrée de ces grands raouts internationaux, traité le Premier ministre canadien Justin Trudeau de «malhonnête» sur fond de tensions commerciales, et refusé de signer la déclaration commune du sommet. 

  «L'éléphant dans un magasin de porcelaine»  

 Sur la côte atlantique française, il risque à nouveau d'être comme «l'éléphant dans un magasin de porcelaine», prévient Robert Guttman, de la Johns Hopkins University. «Trump ne vient pas en tant qu'homme d'Etat, mais en tant qu'homme politique qui se bat pour être réélu» en novembre 2020 et qui ne s'adresse qu'à «sa base», ajoute-t-il. 

 Son slogan, «America First», ou «l'Amérique d'abord», risque de mal s'accommoder du thème choisi par le président français Emmanuel Macron pour ce G7, à savoir la lutte contre les inégalités dans le monde. Sans parler du climat, également à l'ordre du jour, mais sur lequel les autres pays membres ont pris acte du fossé insurmontable qui les sépare du milliardaire républicain. 

 D'ailleurs, tout a été fait pour prévenir un «clash». Une source diplomatique française insiste sur le côté informel que Paris veut donner aux débats, en abandonnant toute ambition d'un communiqué final exhaustif. 

La «stupidité de Macron» 

Malgré cela, les sujets susceptibles de provoquer des étincelles sont nombreux. A commencer par ceux qui divisent l'hôte du sommet et le locataire de la Maison Blanche, qui aimaient à leurs débuts afficher leur entente. Donald Trump a dénoncé fin juillet la «stupidité de Macron» au sujet de la taxe française sur les géants américains du numérique, et menacé en retour de s'attaquer à un trésor tricolore, le vin, via une hausse des droits de douane. Le président français espère déminer ce conflit. Emmanuel Macron souhaite aussi obtenir un geste du président américain sur l'Iran. 


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 Si M. Trump veut un nouvel accord avec Téhéran comme il l'affirme, résume une source diplomatique française, la pression ne suffit pas, il faut que les Etats-Unis donnent une marge de manœuvre pour pouvoir offrir quelque chose aux Iraniens en échange d'une négociation. La France plaide pour que l'administration américaine marque une pause dans ses sanctions en acceptant par exemple des dérogations permettant à Téhéran d'exporter un peu de son pétrole.

 Le président américain devrait avoir au moins un allié autour de la table: Boris Johnson qui a besoin du soutien américain dans la perspective du Brexit.
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Photo: AFP

 Mais là aussi, les tentatives de médiation françaises semblent avoir été douchées à l'avance par un tweet assassin. «Personne ne parle pour les Etats-Unis à part les Etats-Unis eux-mêmes», a mis en garde Donald Trump, accusant son homologue français de contribuer à brouiller le message américain auprès de l'Iran. 

 L'ex-homme d'affaires pourrait, enfin, tacler une nouvelle fois la chancelière allemande Angela Merkel pour les dépenses militaires de Berlin jugées insuffisantes au sein de l'Otan, et le Premier ministre japonais Shinzo Abe pour sa dispute avec la Corée du Sud. 

 Le président américain devrait avoir au moins un allié autour de la table en la personne du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, qui a besoin du soutien américain dans la perspective d'une sortie sans accord de l'Union européenne. Les deux hommes se sont à nouveau téléphoné lundi pour parler Brexit et économie.

 Quant aux autres, ils sont obligés malgré tout de cohabiter avec Donald Trump s'ils veulent tenter de tenir tête à la Russie et à la Chine dans la compétition stratégique entre puissances. L'UE, notamment, «n'est pas parvenue à devenir une superpuissance et doit encore compter sur les Etats-Unis», souligne James Roberts, de la fondation conservatrice Heritage. «Ils n'aiment pas le style du président Trump, mais ils ne peuvent pas changer les faits juste parce qu'ils n'aiment pas le messager.» Et le bouillonnant président restera incontournable pendant un certain temps: c'est lui qui accueillera le G7 en 2020. 


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