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Trump mis en accusation par un deuxième «impeachment»
International 3 5 min. 14.01.2021

Trump mis en accusation par un deuxième «impeachment»

«Personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président», a rappelé Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre.

Trump mis en accusation par un deuxième «impeachment»

«Personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président», a rappelé Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre.
Photo: AFP
International 3 5 min. 14.01.2021

Trump mis en accusation par un deuxième «impeachment»

Le président sortant est devenu mercredi le premier président des Etats-Unis à être mis en accusation pour la deuxième fois au Congrès, une semaine avant la fin de son mandat qui s'achève dans un climat d'extrême tension.

(AFP) - 232 voix contre 197. La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, s'est prononcée mercredi en faveur de cet «impeachment» historique. Le milliardaire républicain de 74 ans, qui cédera la place le 20 janvier à Joe Biden, 78 ans, est accusé d'avoir encouragé l'assaut donné le 6 janvier par ses partisans contre le Capitole qui a fait cinq morts et ébranlé la démocratie américaine. 

«Il doit partir, il est un danger évident et immédiat contre la nation que nous aimons tous», avait déclaré peu avant Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre, l'accusant d'avoir «incité à cette insurrection, cette rébellion armée». «Personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président», a-t-elle commenté après le vote. 


06.01.2021, USA, Washington: Ein Demonstrant schwenkt die US-Flagge im Inneren des US-Kapitols, nachdem Anhänger von US-Präsident Donald Trump das Gebäude gestürmt hatten, in dem die Abgeordneten den Sieg des designierten Präsidenten Joe Biden bei der Wahl im November bestätigen sollten. Foto: Miguel Juarez Lugo/Zuma Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Une attaque «honteuse», «odieuse» et «choquante»
Face aux scènes de violence survenues mercredi à Washington, le Premier ministre luxembourgeois, tout comme d'autres personnalités politiques du pays, n'ont pas manqué de faire part de leur effroi.

Dans une vidéo diffusée par la Maison Blanche, Donald Trump a appelé depuis le Bureau ovale les Américains à «l'unité», sans mentionner son second infamant renvoi en procès. Et s'il ne reconnaît toujours pas la moindre responsabilité dans les violences de la semaine dernière, il a assuré que leurs auteurs ne pouvaient pas être ses «véritables partisans». A quelques jours de son départ pour Mar-a-Lago, en Floride, où il devrait entamer sa nouvelle vie d'ex-président, Donald Trump apparaît très isolé. 

«Pas d'excuse» 

Contrairement à l'acte d'impeachment dans l'affaire ukrainienne il y a plus d'un an, adopté par les seuls démocrates, dix députés républicains ont voté cette fois-ci en faveur du renvoi en procès. Parmi eux, Dan Newhouse a martelé qu'il n'y avait «pas d'excuse pour les actes du président Trump». Ce vote marque l'ouverture formelle de la procédure de destitution contre Donald Trump, et il appartient désormais au Sénat de le juger. 

Mais ce procès, qui ne s'ouvrira pas avant l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, soulève de nombreuses questions. «Il n'y a simplement aucune chance de pouvoir conclure son procès de manière sérieuse et équitable avant la prestation de serment du président élu», a justifié le chef de file des républicains à la chambre haute, Mitch McConnell. Le calendrier reste donc incertain. 


WILMINGTON, DELAWARE - JANUARY 07: U.S. President-elect Joe Biden delivers remarks before announcing his choices for attorney general and other leaders of the Justice Department at The Queen theater January 07, 2021 in Wilmington, Delaware. Biden nominated Judge Merrick Garland to be attorney general, Lisa Monaco to be deputy attorney general, Vanita Gupta to be associate attorney general, and Kristen Clarke to be assistant attorney general for the Civil Rights Division.   Chip Somodevilla/Getty Images/AFP
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Biden ne croisera pas Trump le 20 janvier
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Pour les démocrates, le risque est qu'il accapare toute l'attention et entrave l'action législative du début de mandat en monopolisant les séances. «J'espère que le Sénat trouvera une façon de gérer leurs responsabilités constitutionnelles concernant le procès en destitution, tout en conduisant les affaires urgentes de la nation», a demandé Joe Biden, citant entre autres la confirmation des membres de son cabinet, la relance de l'économie américaine, et la poursuite du plan de distribution de vaccins contre le covid-19. 

Quelques heures avant le vote, et dans une ville de Washington sous haute tension, Donald Trump avait lancé un nouvel appel au calme tardif. «PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme», a-t-il exhorté dans un communiqué alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le week-end. La capitale fédérale, placée sous très haute sécurité, était méconnaissable. 

Militaires au Capitole 

Images saisissantes: des centaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du Congrès, dormant encore à même le sol alors que les élus affluaient. Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d'immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison Blanche. La Garde nationale est omniprésente. Toute la journée, les débats ont été vifs. 

Des centaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du Congrès.
Des centaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du Congrès.
Photo: AFP

L'élue démocrate Ilhan Omar a qualifié Donald Trump de «tyran». «Nous ne pouvons simplement pas tourner la page sans rien faire», a-t-elle lancé. Chez les républicains, les positions étaient plus contrastées. Des fervents soutiens du milliardaire républicain l'ont défendu bec et ongles, à l'instar de Jim Jordan qui a dénoncé «une obsession» des démocrates. 

Mais d'autres ont pris clairement leurs distances. «Le président porte une responsabilité dans l'attaque» contre le Congrès «par des émeutiers», qu'il «aurait dû dénoncer immédiatement», a reconnu le chef de file des députés républicains Kevin McCarthy, demandant une «commission d'enquête» et le vote d'une «motion de censure». Il a toutefois estimé qu'une mise en accusation si près de la fin de son mandat serait «une erreur». 

McConnell n'exclut rien

Mais dans son camp, peu d'élus partagent cette analyse. Plus inquiétant pour le milliardaire et son éventuel avenir politique, Mitch McConnell a fait savoir qu'il n'excluait pas de voter sa condamnation. «Je n'ai pas pris ma décision définitive sur mon vote, j'ai l'intention d'écouter les arguments juridiques quand ils seront présentés au Sénat», a-t-il écrit à ses collègues républicains dans une note rendue publique. 


(FILES) In this file photo the "YouTube" logo is seen on a tablet screen on December 4, 2012 in Paris. - An activist group on January 12 called for YouTube to join other social media platforms in dumping US President Donald Trump, threatening an advertising boycott campaign. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)
Les réseaux sociaux tournent le dos à Donald Trump
Après Twitter et Facebook, le site YouTube, propriété de Google, a suspendu mardi pour «au moins sept jours» la chaîne du président sortant et en a supprimé une vidéo pour motif de violation de sa politique luttant contre l'incitation à la violence.

Cet habile stratège, très influent, pourrait, s'il donne un signal en faveur de la condamnation, aider le parti républicain à tourner définitivement la page Trump. Les démocrates prendront le 20 janvier le contrôle de la chambre haute mais auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation. 

Malgré son assurance affichée et le soutien de certains élus très loyaux, Donald Trump est plus seul que jamais après une série de démissions dans son gouvernement et des critiques cinglantes. Critiqué pour avoir tardé, mercredi dernier, à envoyer la Garde nationale, le Pentagone a cette fois autorisé le déploiement de 20.000 soldats pour la cérémonie d'investiture prévue le 20 janvier justement sur les marches du Capitole, siège du Congrès. 

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