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Trump dénonce une «fraude» et se déclare vainqueur
International 5 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Trump dénonce une «fraude» et se déclare vainqueur

L'attente avant les résultats définitifs s'annonce encore longue.

Trump dénonce une «fraude» et se déclare vainqueur

L'attente avant les résultats définitifs s'annonce encore longue.
Photo: AFP
International 5 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Trump dénonce une «fraude» et se déclare vainqueur

Donald Trump a revendiqué mercredi la victoire à l'élection présidentielle, plongeant les Etats-Unis dans l'inconnu et dans l'inquiétude, alors que les jeux sont loin d'être faits dans plusieurs Etats-clés et que Joe Biden reste en mesure de l'emporter.

(AFP) - «Honnêtement, nous avons gagné l'élection», a déclaré le président républicain des Etats-Unis lors d'une brève allocution depuis les salons de la Maison Blanche. Evoquant une «fraude» sans livrer aucun élément concret, il a assuré vouloir saisir la Cour suprême, sans préciser sur quel motif. «Nous étions prêts à célébrer quelque chose de magnifique», a-t-il encore affirmé dans une déclaration confuse et sans équivalent dans l'histoire moderne. 

Le candidat démocrate Joe Biden s'était auparavant dit «en bonne voie» pour gagner cette élection présidentielle extrêmement indécise, à l'image d'une Amérique plus divisée que jamais. «Gardez la foi, nous allons gagner!», a lancé M. Biden, 77 ans, devant les sympathisants démocrates réunis en «drive-in» dans son fief de Wilmington, dans le Delaware. 


Trump et Biden au coude-à-coude
Alors que le président sortant a prédit mercredi sa «grande victoire» à la présidentielle américaine, son rival démocrate affirme mercredi de son côté qu'il allait «gagner» ce duel encore extrêmement serré.

L'ancien vice-président de Barack Obama a néanmoins appelé à la patience face à la confusion qui régnait sur les résultats dans plusieurs Etats-clés. A peine eut-il terminé sa brève allocution que Donald Trump répondait sur Twitter, dans une forme de guerre des nerfs entre les deux candidats septuagénaires que tout oppose. «On est devant et de loin, mais ils essaient de voler l'élection. Jamais nous ne les laisserons faire», a martelé le milliardaire républicain, 74 ans, dans un message contre lequel Twitter a immédiatement mis en garde ses utilisateurs, estimant qu'il pouvait être «trompeur». 

Dans des Etats-Unis traversés par des crises sanitaire, économique et sociale d'une ampleur historique, les Américains se préparaient à une longue attente, à l'issue d'une campagne particulièrement agressive. Une certitude: la vague démocrate, espérée par certains dans le camp Biden qui se prenaient à rêver de victoires historiques en Caroline du Nord ou encore au Texas, n'aura pas lieu. 

Le président sortant a conservé la Floride, faisant mentir de nombreux sondages, ainsi que le Texas, bastion conservateur qui avait un temps semblé menacé, et l'Ohio, remporté depuis 1964 par tous les candidats qui ont aussi accédé à la présidence. 

Biden mise sur le Nord 

Mais le chemin pour décrocher un second mandat restait extrêmement étroit: il devait encore remporter l'essentiel des autres Etats-clés qui avaient contribué à sa victoire surprise de 2016. Le démocrate disposait lui encore de plusieurs scénarios pour décrocher la victoire, d'autant qu'il semblait sur le point de faire basculer l'Arizona, ex-place forte républicaine qui deviendrait ainsi le premier Etat de cette élection à changer de camp par rapport à 2016. Et il peut encore espérer arracher la Géorgie au camp Trump. 

Joe Biden doit néanmoins gagner au moins deux des trois Etats disputés du Nord industriel (Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin) remportés sur le fil par le milliardaire il y a quatre ans. Or dans ces Etats, le dépouillement pourrait se poursuivre mercredi, voire sur plusieurs jours, notamment en raison du niveau record du vote par correspondance. 


PROVO, UT - OCTOBER 26: Stacks of ballots that need to be opened and counted are seen at the election office on October 26, 2020 in Provo, Utah. Utah is one of several states that has recently moved to mail-in ballots for presidential elections.   George Frey/Getty Images/AFP
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Les enjeux du vote par correspondance aux USA
Les élections américaines étaient plus simples lorsqu'une vaste majorité d'électeurs se déplaçaient dans un bureau de vote pour y enregistrer leur choix directement sur une machine. Cette année, à cause de la pandémie de covid-19, le vote par correspondance explose, posant des problèmes tant humains que techniques et légaux.

L'attente s'annonce donc longue. «Si Trump gagne la Floride, la Caroline du Nord et l'Ohio, mais Biden l'Arizona, Biden est favori à 85% dans notre modèle. Mais il y a 6% de possibilités d'une égalité au sein du collège électoral», a tweeté le site spécialisé FiveThirtyEight. Pour l'emporter, un candidat n'a pas besoin d'être majoritaire en voix au niveau national: il doit obtenir au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des Etats. 

A ce stade de la nuit, le président sortant est au coude-à-coude avec le démocrate. Comme cela était largement anticipé, les démocrates ont gardé le contrôle de la Chambre des représentants. Le sort du Sénat, aujourd'hui contrôlé par les républicains, restait en revanche indécis. Sans surprise, les deux candidats septuagénaires ont rapidement engrangé l'essentiel des Etats qui leur étaient promis. L'Indiana, le Kentucky, l'Alabama, l'Idaho ou encore le Tennessee, entre autres, pour Donald Trump. La Californie, la Virginie, New York, le Colorado, le Delaware pour Joe Biden. 

Avant ses déclarations nocturnes, Donald Trump avait, dans la journée, évoqué une éventuelle défaite - fait rarissime chez lui. «Gagner est facile, perdre n'est jamais facile. Pour moi, ça ne l'est pas», avait dit le milliardaire lors d'une visite à un QG républicain près de Washington, la voix fatiguée par une fin de campagne qui l'a vu enchaîner les meetings à un rythme effréné. 

«Virer Trump» 

Après une campagne beaucoup plus discrète que celle de son adversaire, Joe Biden avait lui sillonné mardi, jour du scrutin, l'Etat-clé de Pennsylvanie, où il est né, effectuant une sorte de pèlerinage dans les lieux de son enfance. «De cette maison à la Maison Blanche, par la grâce de Dieu», a-t-il écrit sur les murs du domicile de Scranton où il a passé ses jeunes années. 

Dans tout le pays, les démocrates qui se sont rendus aux urnes pour l'élire semblaient surtout motivés par leur rejet de l'impétueux président. «Nous voulons un meilleur avenir pour notre pays», dit Rossana Arteaga-Lorenza, 37 ans, venue avec son fils Henry à la soirée électorale «drive-in» où Joe Biden s'est exprimé à Wilmington. 

A l'inverse, Roberto Montesinos, un Américain d'origine hondurienne de 71 ans, a fièrement voté pour Donald Trump à Miami: «la pandémie n'est pas de sa faute, celui qui dit ça est un ignorant!», a-t-il lancé en assurant «gagner plus» aujourd'hui qu'il y a quatre ans. 

Signe tangible des angoisses du pays, les commerces de plusieurs grandes villes, dont Washington, Los Angeles ou New York, se sont barricadés en prévision de possibles violences post-électorales. A New York, devant la célèbre Trump Tower, un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé. 

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