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Trump condamne les violences du Capitole
International 4 min. 08.01.2021

Trump condamne les violences du Capitole

La police a procédé à 52 interpellations dont 26 dans l’enceinte du Capitole. Deux bombes artisanales ont été saisies.

Trump condamne les violences du Capitole

La police a procédé à 52 interpellations dont 26 dans l’enceinte du Capitole. Deux bombes artisanales ont été saisies.
Photo: AFP/Saul Loeb
International 4 min. 08.01.2021

Trump condamne les violences du Capitole

Au lendemain d'une journée de chaos qui a ébranlé l'Amérique, le président sortant, accusé par Joe Biden d'avoir miné la démocratie, a lancé un rare appel à la «réconciliation», condamnant «une attaque odieuse».

(AFP) - Donald Trump change de ton. Dans une vidéo, le président républicain s'est dit «scandalisé par la violence» déployée par quelques centaines de ses sympathisants, qui ont envahi le siège du Congrès mercredi. «Nous venons de vivre une élection intense et les émotions sont fortes», mais «il faut se calmer», a-t-il ajouté, alors que pendant deux mois il n'a cessé de souffler sur les braises de la division en brandissant des théories du complot

A aucun moment, dans ce message, il n'évoque une quelconque responsabilité dans les violences de la veille. «Je vais désormais me concentrer sur une transition de pouvoir ordonnée et sans accrocs», a-t-il encore assuré dans ce message très proche d'un discours de concession, même s'il ne reconnaît pas explicitement sa défaite face à Joe Biden. Le démocrate, dont la victoire a été certifiée par le Congrès malgré ce coup de force sur le Capitole, s'installera à la Maison Blanche dans 13 jours. 


06.01.2021, USA, Washington: Ein Demonstrant schwenkt die US-Flagge im Inneren des US-Kapitols, nachdem Anhänger von US-Präsident Donald Trump das Gebäude gestürmt hatten, in dem die Abgeordneten den Sieg des designierten Präsidenten Joe Biden bei der Wahl im November bestätigen sollten. Foto: Miguel Juarez Lugo/Zuma Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Une attaque «honteuse», «odieuse» et «choquante»
Face aux scènes de violence survenues mercredi à Washington, le Premier ministre luxembourgeois, tout comme d'autres personnalités politiques du pays, n'ont pas manqué de faire part de leur effroi.

Sans attendre, il a endossé le rôle du dirigeant chargé de panser les plaies d'une Amérique meurtrie qui a, selon lui, vécu «l'un des jours les plus sombres» de son histoire. Donald Trump a, depuis quatre ans, «multiplié les assauts» contre les institutions démocratiques américaines et sa campagne a «culminé» mercredi, a-t-il accusé depuis son fief de Wilmington. 

De plus en plus isolé, Donald Trump avait, avant la mise en ligne de cette vidéo, passé la journée en retrait. Temporairement privé de réseaux sociaux, il avait laissé la porte-parole de la Maison Blanche condamner en son nom «des violences effroyables». A l'inverse, un concert démocrate a bruyamment réclamé son départ immédiat. 

«Pas un jour de plus» 

«Ce qui s'est produit au Capitole était une insurrection contre les Etats-Unis, incitée par le président», a tancé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer. Il «ne peut pas rester au pouvoir un jour de plus». En écho, Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a estimé que démettre Donald Trump était une «urgence de la plus haute importance». Ils ont exhorté le vice-président Mike Pence à déclarer, avec une majorité du gouvernement, que Donald Trump était «inapte» à remplir ses fonctions, sur la base du 25e amendement de la Constitution. 


06.01.2021, USA, Washington: Ein Demonstrant schreit im Inneren des US-Kapitols, nachdem Anhänger von US-Präsident Donald Trump das Gebäude gestürmt hatten, in dem die Abgeordneten den Sieg des designierten Präsidenten Joe Biden bei der Wahl im November bestätigen sollten. Foto: Miguel Juarez Lugo/Zuma Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les Démocrates du Luxembourg «sous le choc»
Représentante du parti de Joe Biden au Grand-Duché, Natalie Bachiri a vécu l'attaque du Capitole par les partisans de Trump comme "un acte de terrorisme intérieur". Et la démocrate craint que d'autres coups d'éclat ne viennent marquer encore la fin de mandat du président des Etats-Unis.

Premier républicain à sauter le pas publiquement, un élu de la Chambre, Adam Kinzinger, a appelé jeudi à suivre cette voie, inédite, «pour le bien» de la démocratie américaine. Le loyal Mike Pence n'y est toutefois pas favorable parce qu'il craint d'aggraver les tensions, selon un de ses proches cité dans le New York Times. S'il n'agit pas, le Congrès pourrait lancer une procédure de destitution, selon MM. Schumer et Pelosi. Un groupe d'élus démocrates à la Chambre des représentants, contrôlée par leur parti, se préparaient jeudi matin à présenter des articles d'«impeachment». 

«Insurrection» 

Mike Pence a certifié la victoire de Joe Biden (306 grands électeurs contre 232) au milieu de la nuit, devant les deux chambres du Congrès réunies pour une session extraordinaire. Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l'insurrection», «presque à la sédition» selon les termes du président élu, quand une foule de partisans du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats. Les images prises de l'intérieur du majestueux bâtiment marqueront l'Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires. 

Quatre protestataires sont morts durant ces incidents, dont une femme touchée par une balle tirée par la police, et un policier a succombé à ses blessures jeudi soir à l'hôpital. Ces scènes ont suscité consternation et indignation à travers le monde, et l'image des Etats-Unis, qui se posent volontiers en modèle démocratique, a été durablement abîmée. 

Très critiqué pour son manque d'anticipation, le chef de la police du Capitole, Steven Sund, a présenté sa démission. La justice a elle commencé la traque des responsables. Selon le procureur fédéral de Washington, Michael Sherwin, 55 procédures ont été ouvertes en 36 heures. «Ce n'est que le début», a-t-il assuré, en expliquant que des centaines d'agents épluchaient les réseaux sociaux pour identifier les acteurs de ce coup de force. 

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