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Trump «au centre» d'une «tentative de coup d'Etat»
International 4 min. 10.06.2022
Assaut du Capitole

Trump «au centre» d'une «tentative de coup d'Etat»

Trump, qui qualifie cette enquête de «chasse aux sorcières», a accusé la commission parlementaire d'être biaisée.
Assaut du Capitole

Trump «au centre» d'une «tentative de coup d'Etat»

Trump, qui qualifie cette enquête de «chasse aux sorcières», a accusé la commission parlementaire d'être biaisée.
Photo: AFP
International 4 min. 10.06.2022
Assaut du Capitole

Trump «au centre» d'une «tentative de coup d'Etat»

Un an et demi après les événements du 6 janvier 2021 qui ont choqué le monde, une commission d'enquête parlementaire a placé jeudi Donald Trump au centre d'un «complot» visant à le maintenir au pouvoir.

(AFP) - Une foule déchaînée dans les couloirs du Congrès américain, des élus rampant au sol avec des masques à gaz... Les manifestants ont pris d'assaut le siège du Parlement cette journée après «les encouragements» de l'ancien président, a déclaré Bennie Thompson, le chef de la commission, en ouverture d'une série d'auditions censées prouver l'existence d'une campagne délibérée pour renverser le résultat de la présidentielle de 2020, remportée par Joe Biden.


TOPSHOT - WASHINGTON, DC - JANUARY 06: Pro-Trump supporters storm the U.S. Capitol following a rally with President Donald Trump on January 6, 2021 in Washington, DC. Trump supporters gathered in the nation's capital today to protest the ratification of President-elect Joe Biden's Electoral College victory over President Trump in the 2020 election.   Samuel Corum/Getty Images/AFP (Photo by Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Le coup de force des pro-Trump sur le Capitole
Les partisans du président sortant ont interrompu, mercredi, la session qui devait confirmer la victoire du démocrate Joe Biden, laissant l'Amérique sous le choc.

«Le 6 janvier a été la culmination d'une tentative de coup d'Etat», a affirmé Bennie Thompson lors de cette audition de près de deux heures. «Donald Trump était au centre de ce complot».

Depuis près d'un an, ce groupe d'élus, sept démocrates et deux républicains, a entendu plus de 1.000 témoins dont deux enfants de l'ancien président et épluché 140.000 documents pour faire la lumière sur les faits et gestes précis de Donald Trump avant, pendant et après cet événement qui a fait trembler la démocratie américaine.

«Le président Trump a convoqué la foule, rassemblé la foule et allumé la mèche de cette attaque», a assené Liz Cheney, une des rares élues républicaines ayant accepté de siéger dans cette commission.

«Zone de guerre»

Pour appuyer ses conclusions, la commission du «6 janvier» a diffusé des images inédites et extrêmement violentes de cette froide journée d'hiver lors de laquelle des milliers de partisans de Donald Trump s'étaient réunis à Washington pour dénoncer le résultat de l'élection de 2020.

Ces vidéos montrent une marée humaine prenant d'assaut le siège du Congrès, s'attaquant à des policiers, appelant à «pendre» le vice-président Mike Pence, et un manifestant lisant des tweets de Donald Trump au mégaphone au milieu d'une foule en délire.

Je glissais sur le sang des gens, c'était un carnage, c'était le chaos.

Une policière

«Ce n'était en rien une visite touristique au Capitole», a lancé Bennie Thompson en allusion à ceux chez les républicains qui ont brandi cet argument. Superposées à certaines de ces images, un montage de Donald Trump qualifiant ses manifestants de «pacifiques» et assurant qu'il y a «de l'amour dans l'air».


06.01.2021, USA, Washington: Ein Demonstrant schwenkt die US-Flagge im Inneren des US-Kapitols, nachdem Anhänger von US-Präsident Donald Trump das Gebäude gestürmt hatten, in dem die Abgeordneten den Sieg des designierten Präsidenten Joe Biden bei der Wahl im November bestätigen sollten. Foto: Miguel Juarez Lugo/Zuma Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Une attaque «honteuse», «odieuse» et «choquante»
Face aux scènes de violence survenues mercredi à Washington, le Premier ministre luxembourgeois, tout comme d'autres personnalités politiques du pays, n'ont pas manqué de faire part de leur effroi.

La commission a aussi reçu le témoignage d'une policière, Caroline Edwards, la première membre des forces de l'ordre à avoir été blessée par les émeutiers le 6 janvier, comparant les abords du Capitole à «une zone de guerre». «Je glissais sur le sang des gens», «c'était un carnage, c'était le chaos», a confié la policière.

Une fracture politique

L'auteur de documentaire Nick Quested, dont l'équipe suivait la milice d'extrême droite des «Proud Boys» pendant l'assaut, a lui confié avoir été choqué par la «colère» qu'il a vue parmi les membres du groupe.

Les images de cette audition ont été retransmises en direct par de nombreuses chaînes d'information en continu, mais boudées par les médias les plus conservateurs, nouvelle illustration de la profonde ligne de fracture politique qui divise les Etats-Unis.


06.01.2021, USA, Washington: Ein Demonstrant schreit im Inneren des US-Kapitols, nachdem Anhänger von US-Präsident Donald Trump das Gebäude gestürmt hatten, in dem die Abgeordneten den Sieg des designierten Präsidenten Joe Biden bei der Wahl im November bestätigen sollten. Foto: Miguel Juarez Lugo/Zuma Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les Démocrates du Luxembourg «sous le choc»
Représentante du parti de Joe Biden au Grand-Duché, Natalie Bachiri a vécu l'attaque du Capitole par les partisans de Trump comme "un acte de terrorisme intérieur". Et la démocrate craint que d'autres coups d'éclat ne viennent marquer encore la fin de mandat du président des Etats-Unis.

Car un an et demi après l'assaut du Capitole, des millions de partisans de Donald Trump restent fermement convaincus que l'élection de 2020 fut entachée de fraudes. Et ce malgré les innombrables preuves du contraire.

Le principal intéressé, Donald Trump, a une nouvelle fois fait jeudi l'éloge de cette journée, assurant que l'assaut du Capitole était le «plus grand mouvement de l'histoire pour rendre à l'Amérique sa grandeur».

Notre démocratie est toujours en danger. Le complot visant à contrer la volonté du peuple n'est pas terminé.

Bennie Thompson

Celui qui qualifie cette enquête de «chasse aux sorcières» a accusé sur son réseau social Truth Social, à l'issue de l'audience de jeudi, la commission parlementaire d'être biaisée et a réitéré ses allégations de fraude électorale. Selon lui, la commission «refuse de présenter certains des très nombreux témoins et déclarations positifs».

La commission parlementaire juge son enquête essentielle afin de garantir que l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire américaine ne se répète jamais, malgré des menaces bien réelles. «Notre démocratie est toujours en danger. Le complot visant à contrer la volonté du peuple n'est pas terminé», a alerté Bennie Thompson.


DES MOINES, IOWA - OCTOBER 09: Former President Donald Trump speaks to supporters during a rally at the Iowa State Fairgrounds on October 09, 2021 in Des Moines, Iowa. This is Trump's first rally in Iowa since the 2020 election.   Scott Olson/Getty Images/AFP
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Trump veut le secret autour de l'assaut du Capitole
L'ancien président américain s'est pourvu en justice pour bloquer la divulgation des documents de la Maison Blanche relatifs à l'assaut des institutions de Washington mené par ses partisans.

La majorité des républicains rejettent ses travaux, le chef des conservateurs à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, dénonçant la commission «la plus politique et la moins légitime de l'histoire des Etats-Unis».

Son parti a d'ores et déjà promis d'enterrer les travaux de cette commission s'il venait à prendre le contrôle de la Chambre lors des législatives de mi-mandat en novembre.

L'élue conservatrice Liz Cheney, devenue la bête noire de l'ancien président pour avoir été une des rares voix du Grand Old Party à oser ouvertement le critiquer, a pris directement ses collègues républicains à partie: «Le jour viendra où Donald Trump partira, mais votre déshonneur restera».


Sur le même sujet

La commission parlementaire enquêtant sur le rôle de Donald Trump dans l'assaut contre le Capitole du 6 janvier 2021 a fait jeudi l'annonce choc qu'elle allait citer l'ancien président à comparaître, parce qu'«il est tenu de répondre de ses actes», selon son chef.
(FILES) In this file photo taken on November 26, 2020 US President Donald Trump speaks to reporters after participating in a Thanksgiving teleconference with members of the United States Military, at the White House in Washington, DC. - Lawmakers probing the 2021 attack on the US Capitol voted on October 13, 2022 to subpoena former president Donald Trump to testify on his role in the violence, in a major escalation of the sprawling inquiry weeks before it is due to wind up. (Photo by Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP)
Donald Trump a «failli à son devoir» lors de l'assaut contre le Capitole et doit être tenu légalement responsable, ont déclaré jeudi, lors d'une audition en prime time, les élus qui enquêtent depuis un an sur l'attaque du 6 janvier 2021.
A video of former US President Donald Trump recording an address to the nation on January 7, 2021, is displayed on a screen during a hearing by the House Select Committee to investigate the January 6th attack on the US Capitol in the Cannon House Office Building in Washington, DC, on July 21, 2022. - The select House committee conducting the investigation of the Capitol riot is holding its eighth and final hearing, providing a detailed examination of former president Donald Trump's actions on January 6th. More than 850 people have been arrested in connection with the 2021 attack on Congress, which came after Trump delivered a fiery speech to his supporters near the White House falsely claiming that the election was "stolen." (Photo by SAUL LOEB / AFP)
Banni depuis le début de l'année de Twitter, Facebook et YouTube, l'ancien président va lancer "Truth Social", plateforme pour assurer la communication du politicien toujours revanchard.
Alors que le procès en destitution de l'ex-président Donald Trump s'ouvre, les dépositions et témoignages rassemblés par la justice américaine laissent penser que l'attaque du 6 janvier dernier avait en réalité été préparée bien en amont.
Au lendemain d'une journée de chaos qui a ébranlé l'Amérique, le président sortant, accusé par Joe Biden d'avoir miné la démocratie, a lancé un rare appel à la «réconciliation», condamnant «une attaque odieuse».