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Troisième échec pour le Brexit version Theresa May
International 3 min. 29.03.2019 Cet article est archivé

Troisième échec pour le Brexit version Theresa May

Nouveau revers cuisant pour Theresa May à la Chambre des communes, le jour même où devait initialement avoir lieu le Brexit.

Troisième échec pour le Brexit version Theresa May

Nouveau revers cuisant pour Theresa May à la Chambre des communes, le jour même où devait initialement avoir lieu le Brexit.
Photo: AFP
International 3 min. 29.03.2019 Cet article est archivé

Troisième échec pour le Brexit version Theresa May

Les élus de la Chambre des communes ont voté une nouvelle fois, vendredi, contre l'accord négocié par le Premier ministre britannique sur le Brexit. Avec 344 voix contre et 286 pour.

(AFP) Les députés britanniques ont recalé vendredi pour la troisième fois le Traité de retrait de l'UE de la Première ministre Theresa May, laissant un Royaume-Uni en crise face à deux options: un Brexit sans accord le 12 avril ou un long report du divorce. Destiné à mettre en oeuvre en douceur un Brexit décidé par référendum en juin 2016, le Traité a été rejeté par 344 voix contre 286, dans le droit fil d'une séquence législative chaotique, qui a vu la Chambre des Communes le retoquer le 15 janvier puis le 12 mars. 


A handout photograph released by the UK Parliament on March 13, 2019 shows the main opposition Labour Party leader Jeremy Corbyn speaking during the weekly Prime Ministers Questions session in the House of Commons in London on March 13, 2019. - Britain's finance minister and business chiefs on Wednesday urged the country to avoid a "no deal" Brexit after another crushing parliamentary defeat for Prime Minister Theresa May over her EU-divorce deal with Brussels. The fast-moving Brexit saga largely overshadowed the government's budget update that slashed the 2019 economic growth forecast, with the UK economy also hit by China's slowdown and trade war tensions. MPs will decide later Wednesday whether the country should leave the European Union without a deal, with analysts expecting parliament instead to favour delaying its departure beyond the March 29 exit date, in a further vote due Thursday. (Photo by MARK DUFFY / various sources / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / MARK DUFFY / UK Parliament"
Le chaos s'installe au Parlement britannique
Les députés britanniques ont rejeté mercredi soir de justesse une sortie de l'Union européenne sans accord, et la Première ministre, Theresa May, a annoncé dans la foulée qu'elle allait leur soumettre à nouveau son accord de Brexit, qu'ils ont déjà rejeté deux fois.

Ce vote est un cinglant désaveu pour la Première ministre conservatrice, qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois avec Bruxelles, et pose la question de sa survie à la tête de l'exécutif. L'adoption de l'accord était censée permettre au Royaume-Uni de quitter le giron de l'UE le 22 mai, avec une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020, afin d'éviter une rupture trop brutale de liens tissés pendant 46 ans. 

Plan B d'ici au 12 avril

Elle aurait offert aux Britanniques une sortie de crise après des mois d'incertitude et de disputes quant à la forme que prendra le Brexit. Ironie de l'histoire, ce vote a eu lieu le jour même où le Royaume-Uni aurait théoriquement dû quitter l'UE, ce vendredi 29 mars. Mais Londres avait obtenu des dirigeants européens un report pour sortir de l'impasse au parlement.


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La Première ministre britannique Theresa May a promis mercredi de quitter ses fonctions si son accord de Brexit était adopté, tentant désespérément de convaincre un Parlement qui a dit non à tous les scénarios possibles.

Le gouvernement britannique a désormais jusqu'au 12 avril pour proposer un plan B aux dirigeants de l'Union européenne. Sinon, le Royaume-Uni quittera ses partenaires européens sans accord («no deal»), et sans transition, un scénario cauchemar pour les milieux économiques. Dans une ultime tentative pour sauver ce traité, Theresa May avait promis mercredi qu'elle quitterait ses fonctions si son texte était approuvé, cédant aux appels d'élus de son camp qui conditionnaient leur soutien à sa démission. 

 Un texte qui pose un risque stratégique à l'union  

Et bien que cette condition ne soit pas remplie, la cheffe de l'exécutif, cible d'incessantes critiques ces derniers mois, est désormais plus que jamais sur la sellette. L'offre de Theresa May avait certes convaincu certains eurosceptiques de rentrer dans le rang, comme son rival et ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, de crainte que le Brexit finisse par leur échapper. 

Mais pas le petit parti nord-irlandais DUP, qui lui assure une majorité absolue au Parlement. «Nous ne pouvons être d'accord avec un texte qui pose un risque stratégique à l'union» de l'Irlande du Nord et de la Grande-Bretagne, a proclamé sa cheffe Arlene Foster dans une vidéo publiée sur Twitter. 

Vote sur une partie de l'accord


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En cause, les dispositions de l'accord relatives au «backstop», ou filet de sécurité, qui prévoient, en l'absence d'autre solution, le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE et un alignement plus poussé de Belfast sur les normes européennes, afin d'éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande. 

Contrairement aux deux précédents votes sur l'accord de divorce, le gouvernement avait cette fois décidé de ne présenter qu'une partie de celui-ci, le Traité de retrait, qui règle les questions de la frontière irlandaise, des droits des citoyens expatriés et la facture à régler par Londres, en écartant la Déclaration politique sur la future relation avec l'UE. 

344 députés britanniques se sont prononcés contre le texte présenté vendredi par Theresa May, 286 pour.
344 députés britanniques se sont prononcés contre le texte présenté vendredi par Theresa May, 286 pour.
Photo: AFP

Cette astuce, dénoncée par l'opposition travailliste, lui a permis de contourner la règle soulevée par le président de la Chambre des communes, John Bercow, qui interdit de présenter une nouvelle fois au cours de la même session parlementaire un texte déjà rejeté. 

Le prochain épisode de la saga du Brexit aura lieu lundi, les députés devant tenter de s'accorder sur une alternative au plan de Theresa May. Mercredi, ils avaient échoué à réunir une majorité sur huit scénarios proposés.  



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