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Tous les points de son discours: L'existence de l'UE n'est "pas menacée" par le Brexit
International 7 3 min. 14.09.2016

Tous les points de son discours: L'existence de l'UE n'est "pas menacée" par le Brexit

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
L'existence de l'Union européenne n'est "pas menacée" par la décision britannique de la quitter, a assuré mercredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans son discours programme annuel sur l'état de l'Union.

(AFP) -  L'existence de l'Union européenne n'est "pas menacée" par la décision britannique de la quitter, a assuré mercredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans son discours programme annuel sur l'état de l'Union.

"Nous respectons la décision britannique tout en la déplorant, mais l'UE n'est pas menacée dans son existence par cette décision", a déclaré M. Juncker devant le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg.

"Nous serions heureux que la demande de sortie du Royaume-Uni nous parvienne rapidement pour mettre un terme aux rumeurs et aux incertitudes", a-t-il réaffirmé, plaidant pour une future "relation amicale" avec Londres mais dans le cadre de laquelle "le marché intérieur et la libre-circulation ne peuvent pas être à la carte".

"Il y a des fractures, des fissures, des fragmentations qui s'expriment parfois et cela fait le lit du populisme", a estimé le dirigeant européen, dans son état des lieux.

Mais "le populisme ne règle pas les problèmes, au contraire, le populisme apporte des problèmes, soyons en sûr", a-t-il dit, déclenchant des applaudissements nourris des eurodéputés.

Le président de la Commission a également plaidé pour une Europe plus sociale - contre le "dumping social" - et a promis de continuer à lutter contre le chômage.

Même s'il s'est dit "pas un fanatique du libre-échange", il a estimé qu'il fallait continuer de conclure des accords commerciaux avec des pays tiers, qui "nous apportent plus d'emplois", alors que la négociation d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis semble dans l'impasse.

Juncker veut doubler son plan d'investissement

Le président de la Commission européenne a proposé de doubler la durée et la capacité de son plan d'investissement, dans son discours-programme annuel sur l'état de l'Union, mercredi devant le parlement européen.

"Aujourd'hui nous proposons de doubler la durée et la capacité de notre fonds d'investissement", a-t-il dit, visant "au moins 500 milliards d'euros d'investissements à l'horizon 2020" puis "630 milliards dès 2022".

Né l'an passé, le "plan Juncker", dont l'objectif est de relancer la croissance et l'emploi en Europe, devait permettre de mobiliser 315 milliards d'euros d'investissements en trois ans (de 2015 à 2018) via un fonds pour les investissements stratégiques, le FEIS.

Ce fonds est financé par le budget européen et la Banque européenne d'investissement (BEI) à hauteur de 21 milliards d'euros, et doit attirer ensuite des investisseurs privés qui souhaiteraient financer des projets dans des secteurs comme l'énergie, les infrastructures ou encore la recherche.

Lors d'un sommet à Athènes vendredi dernier, les dirigeants des pays du sud de l'Europe, dont le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, avaient convenu de soutenir un "doublement du plan Juncker" d'investissement.

Défense: "quartier général européen"

L'Union européenne doit "s'affirmer davantage en matière de défense" et disposer d'un quartier général unique pour coordonner ses efforts en vue d'une force militaire commune, a déclaré mercredi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, devant le Parlement européen.

"Nous n'avons pas de structure permanente et sans cela nous ne sommes pas capables de travailler efficacement, nous devons avoir un quartier général européen, (...) travailler à bâtir une force militaire commune", a affirmé M. Juncker dans son discours annuel sur "l'état de l'Union".

"Corps européen de solidarité" pour les jeunes

Le président de la Commission européenne a annoncé qu'il allait proposer la création d'un "corps européen de solidarité" qui pourrait compter "100.000 jeunes dès 2020".

Disant souhaiter que ce corps européen de solidarité "rentre en application le plus tôt possible", M. Juncker a souligné que cette nouvelle structure permettrait à de jeunes Européens d'étoffer leurs compétences tout en bénéficiant d'une "expérience humaine inestimable".

"Je crois en l'Europe parce que mon père m'a inculqué ses valeurs, mais que laisserons-nous à nos enfants? (...) Une Europe qui s'effiloche et qui n'a aucune vision pour l'avenir?", s'est interrogé le chef de l'exécutif européen dans l'hémicycle strasbourgeois, appelant à ne pas commettre "d'erreurs qui compromettraient le rêve européen".


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