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Thionville: enquête pour «blessures involontaires» suite aux déversements d'ArcelorMittal

Thionville: enquête pour «blessures involontaires» suite aux déversements d'ArcelorMittal

Photo: AFP
International 2 min. 08.02.2019

Thionville: enquête pour «blessures involontaires» suite aux déversements d'ArcelorMittal

Une enquête préliminaire pour «blessures involontaires» a été ouverte après le dépôt d'une plainte d'un ancien intérimaire qui avait dénoncé des déversements d'acide sur un crassier d'ArcelorMittal, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Thionville.

(AFP) - Les avocats du plaignant, William Bourdon et Vincent Brengarth, «attendent de cette enquête qu'elle permette de déterminer les manquements qui ont été commis et dont Karim Ben Ali, qui conserve les séquelles physiques et psychologiques lourdes liées aux faits dénoncés, a été victime», ont-ils indiqué dans un communiqué. En décembre, M. Ben Ali avait déposé une plainte pour «atteinte volontaire à l'intégrité de la personne, mise en danger de la personne et infraction aux règles de la sécurité et de la santé». 


Début juillet, un employé d'un sous-traitant d'Arcelor avait affirmé qu'il avait été contraint de déverser de l'acide dans le crassier de Marspich.
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L'ancien intérimaire de 37 ans, qui n'a pas retrouvé de travail, souffre d'une perte du goût et de l'odorat, d'irritation des yeux et «d'un traumatisme psychologique inhérent aux manquements de la société utilisatrice», selon la plainte. La procureure, Christelle Dumont, a indiqué à l'AFP que l'enquête préliminaire avait été ouverte pour «blessures involontaires». 

Des matières dangereuses

M. Ben Ali travaillait pour un sous-traitant chargé de la collecte des déchets d'ArcelorMittal, à Florange. Il avait diffusé à l'été 2017 des vidéos le montrant déverser un liquide de couleur noir ou jaunâtre, présenté comme des rejets d'acide, sur le crassier de Marspich. Il se disait contraint de se rendre sur ce site pour éviter un «traitement plus coûteux» dans un centre de dépollution industrielle, est-il noté dans la plainte. 

«Il ne fait aucun doute que M. Ben Ali transportait des matières particulièrement dangereuses. Pour autant, il n'a bénéficié d'aucune formation et n'a à aucun moment été instruit des risques liés au transport de ces matières», est-il ajouté. Une enquête préliminaire ouverte à l'été 2017 pour «atteinte à l'environnement» a conclu «que le produit déversé sur le crassier est issu d'une cuve de stockage d'eaux usées relevant de la ligne de décapage et de régénération d'acide», avait annoncé en septembre 2018 Mme Dumont. 

Pas de commentaire chez ArcelorMittal

La procureure avait annoncé à l'époque qu'ArcelorMittal devait être poursuivi pour «gestion irrégulière de ses déchets», un délit puni de deux ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Interrogé vendredi par l'AFP, le groupe sidérurgique s'est refusé à commenter l'ouverture de l'enquête préliminaire. Mais il a souhaité «rappeler avec fermeté qu'aucune accusation de déversement d'acide, de pollution sur le site de Florange ou de fraude n'a été retenue contre ArcelorMittal dans les conclusions rendues par le parquet en septembre 2018». 

«Aucune pollution à l'acide ou liée à tout autre résidu corrosif n'a été révélée sur et autour du centre de stockage de résidus de Florange et aucun impact sanitaire, ni environnemental n'a été constaté», a-t-il insisté. M. Ben Ali doit par ailleurs comparaître le 20 février devant le tribunal correctionnel de Thionville pour avoir proféré des menaces à l'encontre de l'entreprise début janvier. 


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