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Thierry Breton proposé comme commissaire européen
International 3 min. 24.10.2019

Thierry Breton proposé comme commissaire européen

Thierry Breton a déjà travaillé par le passé avec celle qui assumera la présidence de la Commission européenne.

Thierry Breton proposé comme commissaire européen

Thierry Breton a déjà travaillé par le passé avec celle qui assumera la présidence de la Commission européenne.
Photo: AFP
International 3 min. 24.10.2019

Thierry Breton proposé comme commissaire européen

Deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron vient de proposer l'actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l'Économie, comme nouveau membre français à la Commission européenne. Un choix déjà contesté.

(AFP) Le chef de l'État et la présidente de la future Commission européenne, Ursula von der Leyen, «se sont mis d'accord» sur le profil de Thierry Breton pour accéder au poste de commissaire européen confié à un représentant français. «Si nous proposons ce candidat, c'est qu'il convient», commente l'Élysée. Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le commissaire tricolore -politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace- restera inchangé.

«Ce qui m'importe, c'est le portefeuille! Je me suis battu pour un portefeuille», s'était écrié le chef de l'Etat, apprenant avec agacement l'éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre dernier. Un épisode vécu comme un camouflet infligé par le Parlement européen.


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La Française a vu sa candidature rejetée à une forte majorité par les eurodéputés qui l'auditionnaient pour la seconde fois ce jeudi. Un revers pour le président Macron qui l'avait lui-même choisie.

Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l'industrie, Thierry Breton coche de nombreuses cases pour assurer la mission. «Il a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l'industrie et le numérique, car il a été ministre de l'Economie (sous Jacques Chirac) entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l'industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense (Thomson, France Télécom, Atos) et bénéficie d'une réputation solide d'homme d'action», fait valoir la présidence.

C'est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation. Il est aussi Macron-compatible, «aligné» avec les positions du chef de l'État. Il s'était rallié à sa candidature avant le 1er tour de la présidentielle. «C'est aussi un Européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands», ajoute l'Elysée, en particulier à la tête d'Atos qui a un siège en France et un à Munich.

Paris n'a pas trouvé de femme

En prime, Thierry Breton connaît Ursula von der Leyen, avec qui il a travaillé lorsqu'elle était ministre allemande de la Défense, sur la création d'un fonds européen de la défense et de la sécurité.

Pour laisser le temps à la France, mais aussi à la Roumanie et la Hongrie, dont les candidats à la Commission ont été aussi écartés, de proposer de nouveaux noms, la prise de fonction de la nouvelle Commission a été repoussée d'un mois, au 1er décembre. Emmanuel Macron n'a donc pas attendu le dernier moment pour trancher. Parité oblige, l'Élysée aurait préféré une femme mais n'a pas trouvé le profil adéquat.


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La présidente Ursula von der Leyen a présenté son équipe ce mardi midi. Les 26 membres de son équipe ont chacun hérité d'un portefeuille précis, au terme de négociations difficiles.

En revanche, choisir un grand patron comme candidat à la Commission accroît les risques de conflits d'intérêts, d'autant que le groupe Atos est un fournisseur de services informatiques de l'Union européenne. Jeudi matin, plusieurs responsables politiques français pointaient déjà ce risque. Thierry Breton avait déjà dû répondre à de nombreuses questions sur ce thème lorsqu'il avait été nommé à Bercy, après avoir dirigé France Télécom et Thomson. Il avait alors veillé à ce que les dossiers touchant ces entreprises soient traités directement par le Premier ministre. 

D'ici fin novembre, le candidat devra à son tour convaincre des eurodéputés soucieux de transparence. Comme l'avait fait avec succès le candidat luxembourgeois, et désormais commissaire européen au Travail, Nicolas Schmit (LSAP).


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