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Thierry Breton joue son avenir devant les eurodéputés
International 2 min. 14.11.2019

Thierry Breton joue son avenir devant les eurodéputés

Le Français Thierry Breton est auditionné durant trois heures par les eurodéputés ce jeudi.

Thierry Breton joue son avenir devant les eurodéputés

Le Français Thierry Breton est auditionné durant trois heures par les eurodéputés ce jeudi.
Photo: AFP
International 2 min. 14.11.2019

Thierry Breton joue son avenir devant les eurodéputés

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Le candidat français au poste de commissaire européen est auditionné ce jeudi par les eurodéputés. Sa nomination reste incertaine, en raison de doutes persistants sur des risques de conflits d'intérêts.

(AFP) - Ce jeudi est un jour-clé pour trois candidats commissaires européens. Le Français Thierry Breton, le Hongrois Oliver Varhelyi et la Roumaine Adina-Ioana Valean sont entendus chacun durant trois heures par les élus des commissions compétentes du Parlement européen. Les eurodéputés voteront ensuite sur ces candidatures.

Le cas de Thierry Breton, ex-PDG d'Atos, premier grand patron de l'histoire de l'UE candidat à la Commission, constitue l'un des derniers obstacles à franchir pour la prochaine présidente, Ursula von der Leyen, qui peine à mettre en place son équipe.


Thierry Breton a déjà travaillé par le passé avec celle qui assumera la présidence de la Commission européenne.
Thierry Breton proposé comme commissaire européen
Deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron vient de proposer l'actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l'Économie, comme nouveau membre français à la Commission européenne. Un choix déjà contesté.

Thierry Breton est candidat commissaire européen à l’Industrie, au Marché intérieur, au Numérique et à l’Énergie. La gauche craint un conflit d’intérêts avec son ancienne entreprise Atos et pourrait bloquer sa candidature.

Un feu vert des eurodéputés à M. Breton ainsi qu'aux commissaires hongrois et roumain placerait la présidente allemande en bonne position pour respecter l'objectif d'une prise de fonction le 1er décembre, déjà retardée d'un mois.

Dans le cas contraire, c'est-à-dire si les députés décidaient de poser des questions par écrit à M. Breton, comme le veut la procédure, le calendrier serait plus difficile à tenir. Et ce serait une nouvelle déconvenue pour Emmanuel Macron, après le rejet début octobre de son premier choix, Sylvie Goulard, pour des raisons éthiques.


Sylvie Goulard se voir reprocher une possible implication dans une affaire d'emploi fictif au sein du Parlement européen.
Sylvie Goulard ne sera pas commissaire européen
La Française a vu sa candidature rejetée à une forte majorité par les eurodéputés qui l'auditionnaient pour la seconde fois ce jeudi. Un revers pour le président Macron qui l'avait lui-même choisie.

L'ancien ministre de l'Économie (2005-2007), a cédé ses parts dans Atos et son ex-filiale Worldline, pour plus de 45 millions d'euros. Thierry Breton a aussi abandonné ses mandats dans divers conseils d'administration. Et annoncé qu'il se récuserait «automatiquement de toute décision de gestion financière, contractuelle» qui concernerait directement Atos.

Des concessions jugées suffisantes mardi par les eurodéputés chargés de se prononcer sur sa déclaration d'intérêts. Mais cette première étape du processus de confirmation a donné lieu à un vote très serré (12 voix contre 11).

Proximité avec le CAC40

Avec la gauche radicale et l'extrême droite, les écologistes restent malgré tout assez critiques envers le candidat français. L'eurodéputée verte Marie Toussaint a dénoncé les «multiples questions éthiques» soulevées par la nomination d' «un dirigeant de multinationale».

Une crainte d'autant plus forte que le portefeuille de Thierry Breton comprend l'intelligence artificielle, les supercalculateurs ou encore la cybersécurité. Autant de sujets en lien direct avec son ancienne entreprise. La proximité du Français avec certains patrons du CAC 40 est également source d'inquiétude chez certains élus.

Ursula von der Leyen a fait mercredi une concession en rebaptisant le portefeuille à l'intitulé controversé du commissaire en charge des migrations, qui passe de «Protection du mode de vie européen» à «Promotion» de ce mode de vie.


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