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Theresa May s'empêtre dans les refus
International 2 min. 15.03.2019

Theresa May s'empêtre dans les refus

Theresa May à la sortie du Parlement britannique jeudi soir.

Theresa May s'empêtre dans les refus

Theresa May à la sortie du Parlement britannique jeudi soir.
Photo: dpa
International 2 min. 15.03.2019

Theresa May s'empêtre dans les refus

Le parlement britannique a rejeté jeudi à nouveau trois options face au Brexit: le nouvel accord négocié par Theresa May à Bruxelles, le «no deal» et l'organisation d'un nouveau référendum. La sortie de l'UE pourrait être reportée au 30 juin.

(AFP) - La saga du Brexit continue avec le vote des députés britanniques du report de la sortie de l'Union européenne, à deux semaines de l'échéance initiale, et un suspense qui reste entier faute d'accord avec Bruxelles. 

La même semaine, le Parlement a rejeté à la fois la proposition d'accord négociée en dernière minute par la Première ministre Theresa May après un saut à Bruxelles, mais aussi l'éventualité de sortir de l'UE sans accord. Enfin jeudi, il s'est résolu à ce que le Royaume-Uni demande de différer le divorce. Bref, ni plan May, ni «no deal», sachant que rien n'est encore définitif. 

Un long report entraînant la participation du Royaume-Uni aux élections européennes de mai n'est pas à exclure, tout comme une sortie brutale, sans accord, avec le surcroît de complications de tous ordres (politique, économique etc.) qu'induirait l'un comme l'autre. Le report du Brexit d'au moins trois mois après la date fatidique du 29 mars, c'est-à-dire au 30 juin au plus tard, n'est lui-même pas encore formellement acté. Encore faut-il que l'UE l'accepte, vis-à-vis d'un partenaire britannique qui veut la quitter sans parvenir à savoir comment. 

La Commission européenne avait d'ailleurs rappelé jeudi soir que «toute demande de prolongation de (la période de négociations prévue par) l'article 50 nécessite l'accord unanime des 27 autres pays membres» et devrait être dûment justifiée. Plus tôt, le président du Conseil européen Donald Tusk avait invité les 27 à être prêts à accorder «une longue prolongation» au Royaume-Uni s'il «accepte de repenser sa stratégie pour le Brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci».

Les Britanniques devront-ils voter aux européennes?

La Commission européenne n'avait pas réagi officiellement au vote de Westminster jeudi soir, ce qui n'empêchait pas la presse britannique de conjecturer sur le sort du Brexit et de Theresa May. «Si elle ne parvient pas à faire accepter son accord, elle sera confrontée à l'indignité d'un retour à Bruxelles, forcée d'admettre que sa stratégie de Brexit a échoué et en demandant une extension sachant qu'elle n'aura pas d'atout pour en négocier le terme», souligne le Times vendredi dans son éditorial. 

Selon la motion présentée par le gouvernement, adoptée par 413 voix contre 202, les députés «acceptent que le gouvernement cherche un accord avec l'Union européenne» pour un report de la date du Brexit. Signe des profondes divisions qui agitent la majorité, 188 Tories ont voté contre, dont sept membres du gouvernement, parmi lesquels Stephen Barclay, ministre chargé du Brexit, ou Liam Fox, ministre du Commerce international. 

La motion prévoit un court report, jusqu'au 30 juin donc, si les élus britanniques approuvent l'accord de retrait de Mme May, qu'ils ont déjà retoqué à deux reprises. Mais elle a décidé de le leur soumettre encore une fois d'ici à mercredi. Si l'accord est encore recalé, alors le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera que le pays participe aux prochaines élections européennes en mai, a prévenu Theresa May. 


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