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Molenbeek n’en a pas fini avec ses démons
International 3 min. 13.09.2021
Terrorisme

Molenbeek n’en a pas fini avec ses démons

En 2020, la police a saisi près de 3 millions d'euros issus du trafic de stupéfiants dans cette seule commune.
Terrorisme

Molenbeek n’en a pas fini avec ses démons

En 2020, la police a saisi près de 3 millions d'euros issus du trafic de stupéfiants dans cette seule commune.
Photo: AFP
International 3 min. 13.09.2021
Terrorisme

Molenbeek n’en a pas fini avec ses démons

La commune qui a vu grandir Salah Abdeslam se bat aujourd'hui contre différents trafics susceptibles de nourrir l’extrémisme.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Molenbeek n’a jamais réussi à se débarrasser de sa réputation de «nid de terroristes». C’est de cette commune bruxelloise de 97.000 habitants qu’est originaire une partie du commando qui a semé la mort le 13 novembre 2015 à Paris. C’est à Molenbeek que fut arrêté Salah Abdeslam en mars 2016, quelques jours avant les attentats bruxellois. Et c’est encore Molenbeek qui a fourni une partie du «contingent» belge venu renforcer à partir de 2012 les rangs de Daech en Syrie.


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Dans une interview donnée à la veille de l’ouverture du procès des attentats de Paris, la bourgmestre de la ville, Catherine Moureaux, évoquait «une commune qui a toujours eu affaire à une image pas forcément facile». Mais pour l'élue socialiste, «ce n'est pas un problème molenbeekois». «Ce qui s’est passé à Molenbeek a eu lieu dans d’autres communes en Belgique et en France», indiquait-elle au groupe Sudpresse. Après six ans de lutte contre le radicalisme, la bourgmestre précise que sa commune compte «un nombre beaucoup plus petit» de radicalisés qui font toujours état «de difficultés souvent à caractère socioéconomique qu’il faut régler». «Cela reste une grande fragilité de notre commune.»

Selon les autorités belges, 700 personnes sont sous surveillance dans le pays en raison de leurs idées extrémistes. Parmi elles 640 ont des affinités avec le djihadisme dont 70 répertoriées à Molenbeek. Ce nombre -en réduction- est présenté comme le résultat d’un travail de sensibilisation et d’accompagnement mené au sein de la commune.

Molenbeek n’en a toutefois pas fini avec ses démons. «Ces personnes sont toujours suivies aujourd’hui», poursuit Catherine Moureaux indiquant que les «dangers pour la cohésion sociale pourraient davantage venir du complotisme d’une part, surtout après le covid, et d’autre part de la criminalité habituelle, surtout avec un trafic de stupéfiants post-covid». «La radicalité peut s’exprimer encore dans le champ de l’extrême droite où les analyses récentes de l’Office de coordination pour l’analyse de la menace sont très préoccupantes», analyse-t-elle.

Le trafic de stupéfiants constitue ici de fait un problème majeur. Selon le cabinet de la bourgmestre, la police a saisi environ 250.000 euros issus de cette délinquance en 2019 sur le territoire de la commune. En 2020, ce chiffre avoisinait les 3 millions d’euros. Dans Le Soir, l'élue de Molenbeek demande l’aide de l’Etat pour renforcer la lutte contre les trafiquants. «La crainte de voir des individus basculer de la délinquance vers une violence idéologique nourrie par l’extrémisme restant présente en toile de fond», ajoute le quotidien.


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Six ans après les attentats de Paris, Molenbeek n’est donc pas «nettoyée», pour reprendre le terme tapageur employé alors par l’ex-ministre de l’Intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon. Ce constat amène les uns à voir dans ce bilan en demi-teinte le résultat lointain de la politique «laxiste» menée autrefois par le bourgmestre socialiste Philippe Moureaux, le père de Catherine. Pour les autres, les maux de la commune viendraient surtout de la précarité de certains quartiers. Le chômage atteint ici les 22%.

Molenbeek en a ras-le-bol d’être montrée du doigt. La semaine dernière encore, le tournage du film belgo-français «Novembre», avec Jean Dujardin, devant l’ancienne résidence de Salah Abdeslam, en a énervé plus d’un…

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