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Succès pour la grève générale en Belgique
International 3 min. 29.03.2021

Succès pour la grève générale en Belgique

La grève interprofessionnelle a été particulièrement suivie sur le rail belge, avec à peine un train sur deux en circulation.

Succès pour la grève générale en Belgique

La grève interprofessionnelle a été particulièrement suivie sur le rail belge, avec à peine un train sur deux en circulation.
Photo : AFP
International 3 min. 29.03.2021

Succès pour la grève générale en Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Ouvriers et employés du secteur privé se sont croisé les bras pour protester contre une marge salariale jugée trop étroite.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La grève générale du secteur privé qui a touché la Belgique ce lundi a fait le plein. La Fédération du commerce et des services (Comeos) a estimé à 200 le nombre de magasins impactés par les actions syndicales. «Dont 90 à 95 % en Wallonie et à Bruxelles, ce qui correspond à une tendance observée depuis plusieurs années», a précisé son CEO Dominique Michel. La grève a ainsi touché les supermarchés, les chaînes de bricolage, les fournisseurs de l’horeca. 


Trade union members demonstrate at the Brucargo cargo department of Brussels airport, during a national 24 hours strike on March 29, 2021 in Steenokkerzeel. - The strike was called after negotiations for a new interprofessional agreement between employers and trade unions regarding wages failed. (Photo by ERIC LALMAND / various sources / AFP) / Belgium OUT
La Belgique à l’arrêt
Une grève générale est menée ce lundi par deux syndicats francophones las de ne pas obtenir du patronat une plus grande marge salariale.

Agoria, la fédération patronale des entreprises technologiques, estime qu’elle s’est étendue à sept sociétés sur dix. «Pour 30% d’entre elles, la perte d’activité dépasse même 75%. Parmi elles, des entreprises industrielles comptant plusieurs centaines de travailleurs», a-t-elle précisé. Selon le syndicat FGTB, «l’industrie manufacturière était quasiment à l’arrêt».

Une majorité de trains ont en revanche circulé, s’il faut en croire cette fois la société des chemins de fer SNCB. Le service alternatif élaboré dans le cadre de la grève nationale a donc fonctionné. Thierry Bodson, le patron de la FGTB, a considéré que la mobilisation - qui s’achève lundi à 22 h - est une preuve du soutien des travailleurs aux revendications syndicales, notamment le dépassement de la norme salariale plafonnée à 0,4%. «Cela démontre qu’on ne vit pas sur une autre planète, qu’on représente le monde du travail et qu’on est dans le bon dans nos positions. Le monde patronal doit revoir les siennes.»

Le mouvement a été mené par les deux grands syndicats francophones, la FGTB socialiste et la CSC sociale-chrétienne. Ce front commun réclame une augmentation salariale qui dépasse la marge de 0,4% prévue par le Conseil central de l’économie. Pour lui, ce chiffre n’est qu’indicatif. Mais le patronat rétorque que la norme est fixée par le législateur. Maintenir des salaires concurrentiels avec les pays voisins est une affaire de survie, fait-il valoir. 

«Pas question de toucher à la loi de 1996 qui, avec la réforme de 2017, a mis fin à un dérapage salarial », a insisté Dominique Michel en évoquant le risque de 10 à 15.000 pertes d’emploi dans les commerces et les services rien que cette année en raison de la crise économique provoquée par le virus.

Cette grève tombe évidemment à un moment particulier. Mettre les entreprises à l’arrêt alors que les confinements successifs ont restreint les libertés des Belges revenait pour les syndicats à prendre le risque de l’impopularité. Mais la même démarche pourrait se révéler au contraire payante s'il s'avère qu'elle a permis d’exprimer le mécontentement ambiant alors que, globalement, les autorités ont reçu jusqu’ici une carte blanche de la population pour mener la politique sanitaire.

La pire crise économique de l’après-guerre

Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur

Reste à jauger le succès exact d’une grève dans un pays en confinement partiel, où le télétravail est obligatoire dès qu’il est possible. La mesure vise particulièrement le tertiaire. Le syndicat des employés CNE a expliqué qu’en ce qui concerne le travail en distanciel «le mot d’ordre était de se mettre en grève chez soi et de ne pas allumer son PC». Pour en savoir plus, il faudra attendre le décompte des demandes d’indemnités de grève qui remonteront de la base vers les syndicats dans les prochains jours.

Si patrons et syndicats refusent de s'entendre, ce sera au gouvernement De Croo de trancher. De quoi alourdir son fardeau à un moment où le pays s’enfonce dans ce que le libéral francophone Georges-Louis Bouchez nomme la «pire crise économique de l’après-guerre».

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