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Strasbourg: les «gilets jaunes» crient au complot
International 2 min. 12.12.2018

Strasbourg: les «gilets jaunes» crient au complot

Strasbourg: les «gilets jaunes» crient au complot

AFP
International 2 min. 12.12.2018

Strasbourg: les «gilets jaunes» crient au complot

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Sur les réseaux sociaux, plusieurs «gilets jaunes» ont agité des thèses complotistes en voyant la main de l'État dans l'attaque survenue à Strasbourg mardi soir, pour détourner l'attention de leur mouvement avant un potentiel "acte V".

Patrick, un «gilet jaune» de Strasbourg interrogé par l'AFP, ne «peut s'empêcher de penser que c'est bizarre, c'est un coup monté. On avait prévu de bloquer le Parlement européen, on savait dans quels hôtels étaient les députés, et comme par hasard ça a pété. Ils sont en train d'étouffer le mouvement».


French police officers stand guard near the scene of a shooting on December 11, 2018 in Strasbourg, eastern France. - A gunman killed at least two people and seriously injured another 11 near the famed Christmas market in the French city of Strasbourg before fleeing the scene, security officials said. Police launched a manhunt after the killer opened fire at around 7pm local time (1800 GMT), sending crowds of evening shoppers fleeing for safety. (Photo by Abdesslam MIRDASS / AFP)
Fusillade dans le centre-ville de Strasbourg
Une fusillade a fait plusieurs morts et blessés mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg.

Des milliers de commentaires sur les différentes pages Facebook du mouvement, mais aussi sur Twitter et sur les pages des médias, soutiennent cette théorie, soulignant un "attentat monté de toutes pièces" ou encore "un bon timing pour Macron", face à un "peuple en colère". Certains modérateurs de ces groupes Facebook ont d'ailleurs suspendu les commentaires. 

Beaucoup pensent que cet attentat vise à détourner l'attention publique de leur mouvement et les empêcher de se lancer dans un acte 5 samedi 15 décembre prochain comme cela était prévu.

Mardi soir, certains "représentants" des «gilets jaunes» n'ont pas hésité à prendre la parole face caméra pour dénoncer une "mascarade", à l'image de Maxime Nicolle: "Dites-vous bien que le mec qui veut faire un attentat vraiment, il attend pas qu'il y ait 3 personnes dans la rue le soir à 20 heures..."

L'une des théories les plus reprises sur les réseaux concerne notamment le tweet lancé par la préfecture du Grand-Est mardi soir invitant les habitants de Strasbourg à rester chez eux. L'heure du tweet indiquée est en effet "11h47" alors qu'il était 20h47. Il n'en fallait pas plus pour agiter les foules. "On annonce l'attentat avant qu'il ne soit en cours", s'indigne-t-on.

Mais ce "complot" a été très vite expliqué par l'agence de presse AFP Factuel, dans le tweet ci-dessous: il s'agit d'un simple réglage des paramètres. Les Décodeurs appuie cette explication dans leur article de ce mercredi matin à retrouver ici.  Comme le souligne le compte de "fact-checking", "il arrive que des utilisateurs (...) ne règlent pas le fuseau horaire de leur compte et se retrouvent ainsi avec des horaires qui sont en décalage par rapport au pays où ils se trouvent". 

Des membres de la majorité LREM ont dénoncé mercredi ces «fake news répugnantes» en s'alarmant d'un «rapport totalement biaisé à l'information» qui «met en danger la démocratie».


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