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Sous la pression: Trump dénonce les «violences racistes» de Charlottesville
International 3 min. 15.08.2017

Sous la pression: Trump dénonce les «violences racistes» de Charlottesville

Donald Trump quitte Washington DC pour New York, le 14 août

Sous la pression: Trump dénonce les «violences racistes» de Charlottesville

Donald Trump quitte Washington DC pour New York, le 14 août
Photo: AFP
International 3 min. 15.08.2017

Sous la pression: Trump dénonce les «violences racistes» de Charlottesville

Vivement critiqué pour ses atermoiements et ses silences après les violences qui ont secoué la petite bourgade de Charlottesville samedi, Donald Trump a changé de ton lundi, dénonçant des «violences racistes» et pointant du doigt les suprémacistes blancs.

(AFP) - Vivement critiqué pour ses atermoiements et ses silences après les violences qui ont secoué la petite bourgade de Charlottesville samedi, Donald Trump a changé de ton lundi, dénonçant des «violences racistes» et pointant du doigt les suprémacistes blancs.

«Le racisme, c'est le mal», a lancé le président américain lors d'une brève allocution depuis la Maison Blanche.

«Ceux qui ont recours à la violence en son nom sont des criminels et des voyous, y compris le KKK, les néo-nazis et les suprémacistes blancs (...) qui sont à l'opposé de tout ce qui nous est cher en tant qu'Américains», a-t-il encore dit.

Ces propos tranchaient singulièrement avec ses premières déclarations, il y a deux jours, lorsqu'il avait refusé de condamner les groupuscules dont est issu le militant néofasciste ayant projeté sa voiture contre des manifestants antiracistes en Virginie. Cette ambiguïté avait provoqué une vague d'indignation, y compris au sein de son propre camp républicain.

«Ceux qui ont agi de manière criminelle lors des violences racistes de ce week-end devront répondre de leurs actes devant la loi, justice sera rendue», a assuré M. Trump, après avoir rencontré son ministre de la Justice Jeff Sessions et son nouveau chef du FBI Christopher Wray.

Manifestations à New York

Mais ses propos n'ont pas apaisé les critiques. Plusieurs élus ont estimé qu'ils étaient bienvenus mais regretté qu'ils interviennent si tard.

A New York, où M. Trump était attendu dans la soirée, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés devant la Trump Tower.

Des manifestants se sont rassemblés lundi soir sur la Cinquième Avenue à New York, près de la Trump Tower
Des manifestants se sont rassemblés lundi soir sur la Cinquième Avenue à New York, près de la Trump Tower
Photo: AFP

«Trump le raciste doit partir», scandaient certains d'entre eux. «Pas de Trump, pas de KKK, pas d'USA fasciste», chantait également avec d'autres manifestants Ryan Egan, musicien de 28 ans. «L'amour, pas la haine. C'est ce qui fait la grandeur de l'Amérique».

Venant d'un dirigeant que l'on sait prompt à réagir sur Twitter et qui se targue d'appeler un chat un chat, sa réticence initiale à désapprouver nommément ces militants xénophobes avait suscité un véritable malaise à travers les Etats-Unis.

Une femme de 32 ans a été tuée à Charlottesville quand un sympathisant néo-nazi de 20 ans, James Fields, a intentionnellement percuté avec son véhicule des contre-manifestants.

Il «s'intéressait beaucoup au nazisme. Il avait vraiment une passion pour Adolf Hitler», a déclaré un de ses anciens professeurs, Derek Weimer.

Un juge l'a maintenu lundi en détention pour une durée indéterminée. Selon le chef de la police locale Al Thomas, des plaintes étaient toujours déposées lundi après ce drame qui a également fait 19 blessés.

Les médias "jamais contents"

Une partie de la droite alternative, ou «Alt Right», a soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

Nombre d'observateurs rappellent aussi que le magnat de l'immobilier a pendant des années soutenu une théorie du complot sur le lieu de naissance de Barack Obama, avant de virer de bord vers la fin de la campagne.

Mais cet épisode de Charlottesville pourrait marquer durablement sa présidence.

Kenneth Frazier, le PDG du géant américain de la pharmacie Merck, a annoncé lundi qu'il démissionnait de ses fonctions de conseiller économique de la Maison Blanche.

«Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les manifestations de haine, de sectarisme et toute revendication de suprématie qui nient l'idéal américain voulant que tous les hommes ont été créés égaux», a déclaré M. Frazier, qui est noir.

Cette fois, M. Trump a immédiatement réagi, tweetant que M. Frazier «aura plus de temps pour se consacrer à réduire les prix totalement abusifs des médicaments».

Avant de revenir à la charge dans la soirée, accusant Merck de délocaliser et lui enjoignant de «ramener les emplois et de BAISSER LES PRIX» des médicaments.

Par le biais de Twitter, le milliardaire républicain s'en est une nouvelle fois pris, en fin de journée, aux médias: «J'ai fait de nouvelles déclarations sur Charlottesville et je réalise une nouvelle fois que les médias Fake News ne seront jamais contents...Vraiment des gens pas bien!»

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