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Sophie Wilmès devient la première Première ministre belge
International 4 min. 27.10.2019

Sophie Wilmès devient la première Première ministre belge

A 44 ans, Sophie Wilmès n'aura pas le travail facile à son nouveau poste. Elle ne dispose que d'une faible minorité.

Sophie Wilmès devient la première Première ministre belge

A 44 ans, Sophie Wilmès n'aura pas le travail facile à son nouveau poste. Elle ne dispose que d'une faible minorité.
Photo: AFP
International 4 min. 27.10.2019

Sophie Wilmès devient la première Première ministre belge

Charles Michel en partance pour le Conseil européen, l’actuelle ministre du Budget reprend les commandes du gouvernement en affaires courantes. Et cela dans un pays qui se cherche un gouvernement depuis des mois.

De notre correspondant, Max HELLEFF (Bruxelles) - Pour la première fois depuis l’indépendance de la Belgique en 1830, une femme sera à la tête du gouvernement. La libérale francophone Sophie Wilmès s’apprête à succéder à Charles Michel qui doit accéder à la présidence du Conseil européen. Elle devient Première ministre du gouvernement belge en affaires courantes. A priori, elle conservera cette fonction jusqu’à la formation de la nouvelle coalition fédérale.

Jusqu’à ce samedi, Sophie Wilmès faisait une très discrète ministre du Budget. C’est néanmoins elle, et non un des ténors de la coalition finissante, qui a été choisie. Les chrétiens-démocrates flamands du CD&V ambitionnaient de placer l’actuel ministre de la Justice Koen Geens à ce poste.

Koen Geens, quant à lui, reprend les Affaires étrangères laissées vacantes par le départ de Didier Reynders à la Commission européenne. David Clarinval, le chef du groupe libéral francophone à la Chambre, devient ministre du Budget  

C’est pourtant le même Koen Geens qui a expliqué ce week-end les raisons de ce choix. «Nous avons opté pour une solution qui implique le moins de mouvements au sein de ce gouvernement en affaires courantes», a-t-il commenté. Et de poursuivre: «Madame Wilmès est une femme politique forte et nous lui souhaitons du succès dans son nouveau rôle de Première ministre. Elle peut compter sur nous».

Dans un tweet, Charles Michel a souligné que la libérale francophone serait la première femme à ce poste.


Belgium's opposition party Socialist Party Differently (Sp.a)'s member Johan Vande Lanotte (L) and Belgium Vice-Prime Minister and Minister of Foreign Affairs and Defence Didier Reynders give a press conference after a meeting with the King at the Royal Palace in Brussels, on October 7, 2019. (Photo by HATIM KAGHAT / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Chassé-croisé en vue de la grande négociation
En Belgique, deux «préformateurs» vont orchestrer les pourparlers entre socialistes et nationalistes avec l’espoir de contribuer à la formation du futur gouvernement fédéral.

Cette décision est la conséquence de la volonté de Charles Michel de rompre au plus vite les amarres avec le gouvernement belge pour se consacrer à la présidence du Conseil européen. A un mois de sa prise de fonction officielle fixée au 1er décembre, le libéral francophone veut se donner le temps d’une préparation à la hauteur de son nouveau rôle.

Vendredi, la nouvelle de ce départ avait toutefois surpris. Si Charles Michel affirme diplomatiquement qu’il assurera «une transition fluide et responsable au service de l’intérêt des citoyens et de l’Etat», la manière n’a en revanche pas plu. En témoigne l’éditorial du Soir qui rend hommage à «l’engagement pour le pays » promis par la princesse Elisabeth lors de la cérémonie organisée pour ses 18 ans tout en stigmatisant l’attitude de ces hommes politiques qui « désertent leur poste ».

Des préformateurs à la peine

L’entourage de Charles Michel évoque pour sa part la lourdeur du travail qui attend le libéral. Deux dossiers sont mis en évidence : le Brexit (dont l’issue reste incertaine) et le réchauffement climatique (les sceptiques diront toutefois que la question environnementale fut loin des préoccupations de Charles Michel durant la législature écoulée).

Charles Michel aurait par ailleurs pris contact avec les deux «préformateurs» de la future coalition fédérale qui lui auraient affirmé que les jeux sont loin d’être faits. Ni le nationaliste flamand Geert Bourgeois ni le socialiste francophone Rudy Demotte n’ont pu l’assurer de progrès dans le déroulement des négociations en cours.

Faible marge de manœuvre

Cela, même si un réchauffement sensible peut être décelé dans les contacts empreints de civilité qu’ont eus ces derniers jours Jan Jambon (N-VA) et Elio Di Rupo (PS), respectivement ministres-présidents flamand et wallon.

Le choix d’un Premier ministre d'intérim a finalement été retenu pour permettre au futur président du Conseil européen de s’échapper. Le Mouvement réformateur (libéral francophone) toujours présidé par Charles Michel a présenté le nom de Sophie Wilmès. Les chrétiens-démocrates flamands ont remisé leurs prétentions au placard.

La marche de manœuvre de Sophie Wilmès sera extrêmement réduite. Vidé de la plupart de ses ténors, le gouvernement fédéral en affaires courantes ne dispose que d’une faible minorité à la Chambre.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a également adressé ses félicitations à la nouvelle Première ministre belge, mais avec une pointe d'inquiétude, et en insistant sur la nécessité de «maintenir la stabilité du pays».

Dans un courrier envoyé à la nouvelle dirigeante belge, Juncker écrit: «Je connais les défis que vous êtes appelée à relever avec l'ensemble de votre gouvernement dans cette période. Je vous souhaite de réussir à maintenir la stabilité dont votre pays et ses citoyens ont besoin, tout en poursuivant les engagements de la Belgique au niveau européen». Il ajoute savoir «pouvoir compter sur la contribution de la Belgique pour faire avancer l'Europe, comme cela a toujours été le cas par le passé».  



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