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Seuls «le bien et la vérité comptent» au procès de Trump
International 4 min. 24.01.2020

Seuls «le bien et la vérité comptent» au procès de Trump

Adam Schiff, qui mène l'équipe des procureurs, dit: «Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays, mais vous pouvez lui faire confiance pour qu'il fasse ce qui est bon pour Donald Trump»

Seuls «le bien et la vérité comptent» au procès de Trump

Adam Schiff, qui mène l'équipe des procureurs, dit: «Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays, mais vous pouvez lui faire confiance pour qu'il fasse ce qui est bon pour Donald Trump»
Photo: AFP
International 4 min. 24.01.2020

Seuls «le bien et la vérité comptent» au procès de Trump

Les président des États-Unis a commis un abus de pouvoir pour son profit politique personnel et doit être destitué car «le bien et la vérité comptent», a assuré jeudi l'accusation, au troisième jour du procès historique devant le Sénat.

(AFP) -  Après avoir exposé les faits mercredi, les procureurs démocrates se sont évertués pendant plus de neuf heures à démonter les arguments avancés dans les médias par les défenseurs du président, qui ne se sont pas encore exprimés à la barre. Vendredi, l'accusation doit aborder l'autre chef d'accusation retenu contre M. Trump, l'entrave au travail du Congrès. Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100), les démocrates n'ont pratiquement aucune chance de gagner le procès. Mais ils espèrent marquer les esprits des électeurs à dix mois de la présidentielle.

«Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays, mais vous pouvez lui faire confiance pour qu'il fasse ce qui est bon pour Donald Trump», a lancé aux sénateurs l'élu Adam Schiff, qui mène l'équipe des procureurs. «Si vous le jugez coupable, il doit être destitué car le bien et la vérité comptent, sinon nous sommes perdus», a-t-il ajouté, visiblement ému, en fin d'audience.


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Pendant de longues heures mardi, les sénateurs américains ont écouté les arguments des accusateurs et des défenseurs du président américain, sans dire un mot. Ou presque.

Sous couvert de lutte contre la corruption en Ukraine, le président a commis un «abus de pouvoir» en demandant l'été dernier à Kiev d'annoncer une enquête sur Joe Biden, son adversaire potentiel à l'élection du 3 novembre, avait auparavant plaidé Jerry Nadler, l'un des sept membres de l'accusation. Pour parvenir à ses fins, le milliardaire «est allé plus loin» en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie, selon l'élu de New York. Pour M. Nadler, un ennemi de longue date du milliardaire, «la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi».

Les faits sont peu contestés. Les défenseurs de Donald Trump, à commencer par la star des prétoires Alan Dershowitz, arguent en revanche que le dossier d'accusation ne comprend pas de délit au sens pénal du terme et que la procédure de destitution n'est pas pertinente. M. Nadler a rappelé qu'ils n'ont pas toujours soutenu cette position, en diffusant un extrait d'une interview accordée par M. Dershowitz en 1998, lors du procès de Bill Clinton pour sa liaison avec Monica Lewinsky. «Il n'y a certainement pas besoin d'un crime si vous avez quelqu'un qui a corrompu sa fonction de président», déclarait alors le professeur de droit. «Quand vous commencez à user de votre pouvoir et faites du mal à des gens, alors vous commettez un crime grave» au sens de la Constitution, estimait à la même époque le républicain Lindsey Graham, devenu l'un des plus fidèles soutiens de Donald Trump.


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Les partisans du président assurent par ailleurs qu'il était dans son rôle en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption. «Vous croyez vraiment qu'il s'agissait de lutte contre la corruption?» , a demandé Adam Schiff, en assurant que le président voulait seulement «une annonce» sur l'ouverture d'une enquête. «C'est uniquement quand Biden a commencé à le battre dans les sondages qu'il a commencé à réclamer ces enquêtes», a renchéri sa consoeur Sylvia Garcia.

«La même chose»

Pendant leur longue présentation, les sénateurs ont été vus en train de s'étirer ou de s'absenter brièvement dans l'antichambre de l'hémicycle. Mais ces audiences marathon commencent à peser sur les sénateurs, qui font office de jurés. «C'est la même chose, jour après jour, après jour, après jour», a commenté le républicain John Barrasso. Des audiences qui énervent aussi Donald Trump. Dans une série de tweets vengeurs, il a accusé les «démocrates et Schiff le fourbe» de se livrer à une présentation «pleine de mensonges et de déformations de la réalité».

Au total, l'accusation dispose de 24 heures sur trois jours pour défendre son dossier. A partir de samedi, ce sera le tour de la défense, pour la même durée. Puis les deux camps auront seize heures pour répondre aux questions posées par les sénateurs, par écrit. Ils devront ensuite décider, à la majorité simple, de prolonger l'exercice en convoquant de nouveaux témoins comme le réclament les démocrates.


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«J'ai bon espoir, compte tenu de ce que nous voyons ces derniers jours et des arguments percutants des procureurs, que quatre républicains se joindront à nous pour (obtenir) des témoins et des documents», a affirmé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer. Sinon, ils passeront au vote sur la culpabilité du président. Il faudrait une majorité des deux tiers (67 voix) pour le destituer, un seuil a priori inatteignable.


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