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Semaine cruciale pour le duo Magnette-De Wever
International 4 min. 10.08.2020 Cet article est archivé

Semaine cruciale pour le duo Magnette-De Wever

Dans une semaine, Bart De Wever et Paul Magnette devront rendre un nouveau rapport sur les négociations menées avec d'autres partis.

Semaine cruciale pour le duo Magnette-De Wever

Dans une semaine, Bart De Wever et Paul Magnette devront rendre un nouveau rapport sur les négociations menées avec d'autres partis.
Photo: AFP
International 4 min. 10.08.2020 Cet article est archivé

Semaine cruciale pour le duo Magnette-De Wever

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les négociations devraient s’intensifier pour tenter de convaincre les libéraux ou les verts de rejoindre la future coalition gouvernementale.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - Bien que jugée importante, la nouvelle n’a pas fait la une des JT du soir : la mission du duo De Wever-Magnette a été reconduite par le roi Philippe. «Le roi invite les partis concernés à faire preuve d’un grand sens des responsabilités afin de pouvoir conclure rapidement un accord de gouvernement», a souligné le Palais. Le socialiste francophone Paul Magnette et le nationaliste flamand Bart De Wever devront rendre un nouveau rapport sur les négociations menées avec d'autres partis le 17 août prochain.

Quatorze mois après les élections du 26 mai 2019, les avancées accomplies par les deux préformateurs semblent donc suffisamment solides pour qu’une nouvelle échéance soit fixée. Bart De Wever et Paul Magnette peuvent pour l’instant compter sur l’adhésion de cinq partis. A côté de la N-VA et du PS, on retrouve toujours les humanistes francophones (CDH) ainsi que les chrétiens-démocrates (CD&V) et les socialistes (SP) flamands. Soit 69 députés à la Chambre sur 150 - 71 si l’on compte deux indépendants prêts à les rejoindre - ce qui reste insuffisant pour décrocher une majorité.

Paul Magnette et Bart De Wever ne peuvent toutefois plus reculer. En acceptant de négocier ensemble, les deux ennemis jurés de la politique belge ont mis tout leur crédit dans la balance. Il leur faut donc réussir au nom du bien du pays, mais aussi à titre personnel.

Paul Magnette voudrait accélérer le rythme. «Au vu de la situation sanitaire et économique, il y a vraiment urgence à former un gouvernement», a-t-il insisté dans une courte vidéo.


Belgian Socialist Party (PS) chairman Paul Magnette talks to journalists after a meeting of the party on February 2020, in Brussels. (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Le PS de Paul Magnette serait prêt à négocier
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Mais comment faire ? L'invitation du roi Philippe renvoie en effet Magnette et De Wever à un véritable casse-tête. Ils doivent à nouveau tenter de convaincre les écologistes de se rallier à eux. Ou accepter de prendre à bord les libéraux du sud et du nord du pays.

Problème : les verts ont déjà décliné l’invitation la semaine dernière. Ils déplorent que les propositions des préformateurs manquent à ce point d’accents environnementaux. Paul Magnette a depuis reconnu que sa note n’avait pas été conçue pour convaincre les écologistes. Non sans raison. Depuis les élections, ces derniers ont maintes fois clamé qu’ils ne s’associeraient pas à la N-VA nationaliste flamande dont le penchant nucléaire est bien connu. Elle est «éco-réaliste»…

Quant aux libéraux, ils refusent de se laisser «déscotcher». Bart De Wever ne veut pas du mouvement réformateur (MR) de Georges-Louis Bouchez, mais les «bleus» francophones et flamands ne veulent rien savoir et restent unis. En fin de semaine dernière, la rencontre qui les a mis en présence de Bart De Wever et de Paul Magnette a été expédiée en 42 minutes. Le climat était glacé en dépit de la canicule.

 Multiples incidents à la côte

La canicule, c’est elle qui a volé la vedette à la politique ce week-end, bien que la probabilité d’aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement n’ait jamais été aussi forte. En cause : les incidents qui ont éclaté sous un soleil brûlant à Blankenberge entre des touristes et la police. Des images circulent sur les réseaux sociaux qui montrent l’un d’eux chargeant un policier avec un parasol. La scène serait presque cocasse si elle ne traduisait le désarroi des forces de l'ordre. En plusieurs lieux durant ce week-end caniculaire, elles n’ont pu faire respecter les règles sanitaires «corona» en vigueur à défaut d’être suffisamment nombreuses.


A white flag in flies in the wind atop the Royal Palace in Brussels on March 23, 2020, during a national lockdown in Belgium to curb the spread of COVID-19 (novel coronavirus). (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique reste orpheline d'un «vrai» gouvernement
Le gouvernement fédéral «de plein droit» qui aurait dû sortir des urnes le 26 mai 2019 se fait toujours attendre.

Les circonstances dans lesquelles a éclaté cette bagarre générale restent mystérieuses. « Il a été demandé de quitter la plage ou de mettre la musique moins fort, et des réactions agressives ont suivi », a témoigné un serveur auprès de l’agence Belga. «Et en trois secondes, une bagarre de groupe a éclaté, sous les cris 'fuck the police'».

Dimanche, Blankenberge a décidé en conséquence d’interdire l’accès des touristes d’un jour à ses plages. La station balnéaire a été peu après suivie par Knokke-Heist. Des contrôles routiers y ont été mis en place pour refouler les estivants indésirables. La décision a été prise à la suite de «dizaines d'incidents, aussi bien la journée que pendant la nuit» ces derniers jours. Quant au bourgmestre d’Ostende, le libéral flamand Bart Tommelein, il demande une fois encore à la compagnie de chemin de fer SNCB de ne plus déployer de trains supplémentaires vers le littoral et de réduire les wagons à 80% de leur capacité. Il rappelle que les trois plages ostendaises peuvent accueillir 15.000 personnes maximum et non davantage.

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