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Le port du masque divise en Belgique
International 4 min. 14.09.2021
Santé publique

Le port du masque divise en Belgique

Dimanche, même pendant la course des 20 km de Bruxelles, la reine Mathilde de Belgique a préféré garder le masque.
Santé publique

Le port du masque divise en Belgique

Dimanche, même pendant la course des 20 km de Bruxelles, la reine Mathilde de Belgique a préféré garder le masque.
Photo : dpa
International 4 min. 14.09.2021
Santé publique

Le port du masque divise en Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Politiques et scientifiques débattent de l’opportunité de cette protection alors qu’il est question de nouveaux assouplissements des mesures anti-covid.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - Comme en plusieurs autres pays européens, un débat sur l’opportunité de continuer à porter le masque s’est invité en Belgique. Débat quelque peu paradoxal puisque, rappelons-le d’emblée, un covid safe ticket (pass sanitaire) sera de rigueur à partir du 1er octobre à Bruxelles (Horeca, salles de fitness, etc). C’est la conséquence d’un trop faible taux de vaccination dans la capitale.


ARCHIV - 28.08.2019, Niedersachsen, Hannover: Ein Kinderarzt impft ein einjähriges Kind in den Oberschenkel mit dem Impfstoff Priorix (zu dpa «Kaum Probleme mit Masern-Impfpflicht an Schulen und Kitas»). Foto: Julian Stratenschulte/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
La Région bruxelloise tacle les non-vaccinés
A partir du 17 septembre, une quarantaine de dix jours sera imposée aux personnes non vaccinées provenant d’une zone rouge de l’Union européenne. La mesure est justifiée par la dégradation de la situation épidémiologique.

Le site officiel de la campagne sanitaire le proclame : «Le port du masque, une habitude saine pour se protéger ensemble contre le covid-19». Mais à la faveur de l’été et de données épidémiologiques favorables, ce qui tenait lieu de doxa il y a quelques semaines encore est aujourd’hui remis en cause. Le leader nationaliste flamand Bart De Wever (opposition au fédéral) prône une levée rapide des mesures prises pour endiguer la propagation du coronavirus. «Pour ma part, on peut se passer de masques dans les magasins, et certainement en plein air - quel sens cela a-t-il?», déclare le président de la N-VA. 

Le responsable politique estime en outre que «la faible vaccination à Bruxelles ne doit pas entraver un retour à la normale en Flandre» - cette dernière région ayant atteint les 90% de la population adulte vaccinée.

Le Premier ministre Alexander De Croo, globalement soutenu par sa majorité, refuse de brûler les étapes. Le chef du gouvernement juge que l'obligation du port du masque doit être maintenue dans des lieux où les gens sont proches les uns des autres et mal ventilés, comme les transports en commun. Il nuance toutefois : «Il y a plein d’endroits, les entreprises, des lieux publics, où le masque n’est plus vraiment nécessaire».

Cette déclaration frappe assurément les esprits alors que, vendredi, un nouveau comité de concertation réunissant les différentes autorités du pays devrait décider d’une énième série d’assouplissements aux règles anti-covid.

Le débat sur le port du masque vit très fort dans la population. Il est activé par la communication de données récentes liées à l’efficacité du vaccin, mais aussi par des fake news. D’où l’appel à la rescousse des scientifiques sur les plateaux de télévision et dans les médias afin de trier le bon grain de l’ivraie.

Pour l’infectiologue Erika Vlieghe, il est trop tôt pour abroger complètement l'obligation de porter un masque. «Notre société n'est pas encore prête pour cela», a-t-elle affirmé sur la chaîne publique flamande VRT, tout en jugeant l’idée «irresponsable». L'hiver se rapproche et les gens passeront plus de temps à l'intérieur, rappelle-t-elle. Il faudra également surveiller de près la durée des effets du vaccin dans les mois qui viennent alors que le variant Delta circule toujours. Il est présent à plus de 98% dans la population belge.

Vers des apéros contaminants?

«Se passer du masque maintenant serait une erreur» selon le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus Yves Van Laethem, interviewé par Sudpresse. «Durant les mois qui viennent, il faudra toujours le porter. Comme les jeunes sortent toujours avec des préservatifs, la population doit sortir avec ses masques. Et pour le monde scientifique, c’est une position qui est partagée d’un point de vue international.»

Le masque, un préservatif ? Il n’est pas certain que la comparaison convainque les plus rétifs aux mesures sanitaires. Le collectif L'Abîme, à l'initiative des «boums» au Bois de la Cambre au printemps dernier, opposé à la vaccination et au pass sanitaire, annonce ainsi la tenue d’une ''Boum 4 - Apéro contaminant'' le 2 octobre sur la place Flagey, à Bruxelles. Objectif : doper la contamination à la faveur de la multiplication des contacts afin que les participants obtiennent le pass sanitaire sur base d'une immunité naturelle... 

Cette provocation a fait réagir une fois encore l’infectiologue Erika Vlieghe. «Ce n'est pas raisonnable, estime-t-elle. Je ne comprends pas non plus pourquoi c'est nécessaire, étant donné les nombreux autres événements qui peuvent avoir lieu. La situation des hôpitaux est déjà préoccupante à Bruxelles. Ces personnes vivent clairement dans un autre monde…»

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