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Sanders en super-favori, les démocrates modérés inquiets
International 4 min. 24.02.2020

Sanders en super-favori, les démocrates modérés inquiets

Bernie Sanders a réussi à balayer les doutes autour de son âge ou de son état de santé

Sanders en super-favori, les démocrates modérés inquiets

Bernie Sanders a réussi à balayer les doutes autour de son âge ou de son état de santé
Photo: AFP
International 4 min. 24.02.2020

Sanders en super-favori, les démocrates modérés inquiets

Le sénateur socialiste a frappé un grand coup dans les primaires démocrates en remportant largement le Nevada, mais sa domination laisse un parti fracturé et en plein questionnement sur la stratégie pour battre Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre.

(AFP) -  Les résultats n'étaient encore que partiels dimanche, au lendemain des caucus du Nevada, troisième étape du long processus des primaires. Mais sur 72% des bureaux de vote, le candidat au programme nettement marqué à gauche disposait d'un très large avantage, avec 47,1% des suffrages, devant l'ancien vice-président Joe Biden (20,9%) et le modéré Pete Buttigieg (13,6%). L'équipe de campagne de ce dernier a adressé une lettre au parti démocrate de l'Etat signalant des «irrégularités» dans le décompte des votes.

«Nous avons mis en place une coalition intergénérationnelle, multiraciale, qui ne va pas juste remporter le Nevada, mais qui va balayer le pays tout entier», s'est targué M. Sanders, sénateur de 78 ans devant une marée de militants samedi soir à San Antonio (Texas). Longtemps perçu comme un outsider dans un pays où le socialisme évoque encore à certains des relents de guerre froide, Bernie Sanders est désormais en position de briguer la Maison Blanche pour le parti.

Il a réussi à balayer les doutes autour de son âge ou de son état de santé, quelques mois seulement après une crise cardiaque, et se présente en position de force avant le «Super Tuesday», le 3 mars, lorsque 14 Etats américains voteront pour cette primaire démocrate. L'ascension de M. Sanders révèle aussi les fractures du parti démocrate, où aucun candidat modéré ne parvient pour l'instant à rivaliser avec lui.

Parti fracturé

Elle suscite aussi des inquiétudes sur la capacité de Bernie Sanders à rassembler largement pour vaincre Donald Trump en novembre. Le président républicain lui a du reste adressé dimanche ses félicitations pour sa «grande victoire», avant de s'envoler pour une visite en Inde. Trois centristes sont lancés à la poursuite du sénateur socialiste, qui prône un système d'assurance maladie entièrement public et la gratuité des études universitaires.

Un temps favori, Joe Biden semble requinqué par sa deuxième place dans le Nevada, après deux échecs dans l'Iowa et le New Hampshire. Il pense disposer d'une coalition pour gagner grâce à sa popularité auprès des électeurs noirs qui seront déterminants samedi prochain lors de la primaire de Caroline du Sud.

Joe Biden y espère une victoire qui le relancerait avant le «Super Tuesday». Mais son avance sur Sanders semble s'évaporer. Selon une moyenne de sondages nationaux des sondages publiée dimanche, Joe Biden n'est plus qu'à trois points au-dessus de Bernie Sanders contre une avance de 12,5 points il y a dix jours. A 38 ans, le benjamin de la course Pete Buttigieg a adopté une stratégie plus agressive contre Bernie Sanders. L'ancien maire de South Bend, dans l'Indiana, a vivement mis en garde contre le risque de choisir un socialiste pour qui le capitalisme est «à l'origine de tous les maux». «Le sénateur Sanders croit en une révolution idéologique inflexible, qui oublie la plupart des démocrates, sans parler de la plupart des Américains», a-t-il lancé. 

 Le milliardaire Michael Bloomberg fait une analyse semblable. Pour lui, Bernie Sanders n'a aucune chance contre Donald Trump. L'ancien maire de New York a fait le pari de délaisser les premières primaires démocrates qui apportent un nombre faible de délégués pour l'investiture et de concentrer ses efforts sur le «Super Tuesday», lorsque voteront de grands Etats comme la Californie et le Texas.

«Erreur fatale»

M. Bloomberg, neuvième fortune mondiale, inonde le pays de publicités de campagne, au point d'avoir - après seulement quatre mois de campagne - pulvérisé le record de dépenses pour un candidat américain. Et le septuagénaire s'est hissé à la troisième place de la moyenne des sondages nationaux. «Nous allons avoir besoin des indépendants ET des républicains pour battre Trump», a martelé son équipe de campagne. Le choix de Bernie Sanders pour défier Donald Trump serait une «erreur fatale», a-t-elle ajouté.

Huit candidats sont encore officiellement dans la course de ces primaires démocrates. Mais les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar, respectivement quatrième et cinquième dans le Nevada avec 10% et 5%, pourraient voir rapidement leur horizon s'assombrir et connaître des problèmes de financement. Certains candidats pourraient devoir jeter l'éponge au début du mois de mars.


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