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Rui Pinto révèle être derrière les «Luanda Leaks»
International 2 min. 27.01.2020 Cet article est archivé

Rui Pinto révèle être derrière les «Luanda Leaks»

Après les «Football Leaks», Rui Pinto a annoncé qu'il était à la base des révélations sur les «Luanda Leaks».

Rui Pinto révèle être derrière les «Luanda Leaks»

Après les «Football Leaks», Rui Pinto a annoncé qu'il était à la base des révélations sur les «Luanda Leaks».
Photo: AFP
International 2 min. 27.01.2020 Cet article est archivé

Rui Pinto révèle être derrière les «Luanda Leaks»

Le hacker portugais, qui est derrière le scandale des «Football Leaks», a révélé ce lundi être également à l'origine des «Luanda Leaks» mettant en cause la milliardaire angolaise Isabel dos Santos, entre-temps accusée par son pays de fraude et détournement de fonds.

(AFP) -  Le pirate informatique de 31 ans, arrêté en Hongrie il y a un an et actuellement détenu au Portugal, «assume la responsabilité» d'avoir transmis fin 2018 «l'ensemble des données à l'origine des récentes révélations» sur la fortune de la fille de l'ex-président angolais, ont annoncé l'avocat français William Bourdon et son confrère portugais Francisco Teixeira da Mota.

Rui Pinto «a souhaité ainsi favoriser la compréhension d'opérations complexes menées avec la complicité de banques et de juristes qui non seulement appauvrissent le peuple et l'Etat d'Angola, mais sont également susceptibles d'avoir porté gravement atteinte à l'intérêt général au Portugal», ancienne puissance coloniale où Mme dos Santos possède d'importants actifs, ont-ils ajouté dans un communiqué.


ARCHIV - 05.11.2011, Angola, Luanda: Isabel dos Santos, der Tochter des früheren Präsidenten José Eduardo dos Santos. (zu dpa «Reichste Frau Afrikas mit Imageschaden: Milliardärin in Erklärungsnot») Foto: Bruno Fonseca/epa/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les connexions portugaises d'Isabel dos Santos
Les milieux lusitaniens des affaires et de la politique sont dans l'embarras face à ce qu'il est convenu d'appeler les «Luanda Leaks». Des révélations de la presse internationale viennent de corroborer les soupçons qui pesaient sur la fille de l'ancien président angolais.

Ces données leur sont parvenues à travers la Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), présidée par Me Bourdon, avocat au barreau de Paris qui représente également Edward Snowden, Hervé Falciani (SwissLeaks) ou Antoine Deltour (LuxLeaks). «On savait que plusieurs de nos sociétés ont été ciblées par un hacker portugais», avait affirmé la semaine dernière Sindika Dokolo, l'époux congolais de la femme la plus riche d'Afrique.

«Ces documents ont été gardés et sont instrumentalisés aujourd'hui pour faire main basse sur nos avoirs à l'étranger», avait-il ajouté au micro de Radio France Internationale.  

Tentative d'extorsion 

Rui Pinto est actuellement en détention provisoire au Portugal, où il attend d'être jugé pour tentative d'extorsion et des délits informatiques liés aux fuites des «Football Leaks» organisées à partir de fin 2015. Publiées en plusieurs volets par un autre consortium de médias, le European Investigative Collaborations, ces révélations avaient mis à nu des mécanismes d'évasion fiscale, des soupçons de fraude et de corruption mettant en cause plusieurs clubs européens et des joueurs vedettes comme le Portugais Cristiano Ronaldo.

Ces informations ont permis aux autorités de plusieurs pays, dont la France, d'ouvrir des enquêtes sur des malversations présumées dans le football. Peu après son arrestation en janvier 2019 à Budapest, où il résidait, Rui Pinto avait affirmé être en possession de six téraoctets de documents inédits.

Mercredi dernier, soit trois jours après la publication des «Luanda Leaks», la justice angolaise, qui avait gelé les avoirs d'Isabel dos Santos en Angola depuis décembre, a formellement accusé la milliardaire et plusieurs de ses associés portugais de fraude, détournement de fonds et blanchiment d'argent.

L'Angolaise de 46 ans a aussitôt démenti les accusations de la justice de son pays, qui la soupçonne également de trafic d'influence, abus de biens sociaux et faux en écritures durant son mandat à la tête du groupe pétrolier public Sonangol.