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Round d’observation pour les partis belges
International 3 min. 30.07.2019

Round d’observation pour les partis belges

Round d’observation pour les partis belges

Photo: Belga
International 3 min. 30.07.2019

Round d’observation pour les partis belges

Les nationalistes flamands et les socialistes francophones se sont brièvement rencontrés dans le cadre des négociations gouvernementales.

Par Max Helleff

L’un est socialiste et flamand. L’autre est libéral et francophone. Johan Vande Lanotte et Didier Reynders assument le rôle d'«informateurs» en vue des négociations qui doivent (un jour) mener à la formation du prochain gouvernement belge. Des éclaireurs, en quelque sorte, nommés par le roi Philippe et qui, jusqu’à présent, n’avaient pas eu grand-chose à livrer à l’opinion.

Mais lundi, le vent a (un peu) tourné. Les informateurs n’ont évidemment pas annoncé la naissance de la coalition qui gouvernera le pays dans les années à venir. Mais ils ont confirmé travailler à la mise sur pied d'un gouvernement qui unirait le PS et la N-VA. «C'est une des options sur lesquelles nous travaillons. C'est même la plus importante», a déclaré Johan Vande Lanotte.

Trois heures de rencontres

On sait désormais que le Parti socialiste et la N-VA se sont parlés ce week-end. D’un côté, l’ex-ministre-président wallon Paul Magnette. De l’autre, Bart De Wever, Jan Jambon et le très clivant Theo Francken, soit le trio de tête des nationalistes flamands.


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La rencontre a duré trois petites heures. Le Premier ministre sortant et futur président du Conseil européen Charles Michel était également de la partie pour représenter les libéraux francophones, aux côtés de leurs cousins flamands (Open VlD). Les écologistes (Groen) et les socialistes du nord du pays (SP.A) avaient eux aussi envoyé leurs négociateurs.

Un piège?

Plusieurs dossiers ont été évoqués durant cette réunion à six. Le climat, le budget, la migration. Mais rien de communautaire, relevait lundi matin la presse belge. L’arme du confédéralisme (qui en finirait avec la structure fédérale de la Belgique actuelle) n’aurait pas été dégainée par la N-VA.

Les analystes sont divisés. Certains estiment qu’il faut voir dans cette réunion un bon commencement. D’autres jugent que PS et N-VA se sont mutuellement tendu un piège. Les socialistes ont juré durant la campagne électorale qu’ils n’iraient pas au gouvernement avec les nationalistes flamands.

Ces derniers, qui vouent une haine corse aux socialistes «wallons», auraient cherché à démontrer par leur présence à la réunion de dimanche qu’ils sont de bonne foi et que le PS sera fatalement responsable de l’échec des négociations.

Minorité à la Chambre

Lundi, Paul Magnette a tenu à préciser que négocier avec la N-VA «n'est toujours pas une option» pour son parti. Il y a d’ «autres options que la N-VA» pour former un gouvernement, a-t-il estimé.  

On en est là deux mois après les élections et après huit mois d’affaires courantes. Le 9 décembre dernier, la N-VA sortait en effet du gouvernement Michel pour protester contre le ralliement officiel de la Belgique au Pacte de Marrakech sur la migration. Depuis, Charles Michel compose avec une minorité à la Chambre.

Crédibilité des Verts

Une formation politique a brillé par son absence à la réunion de dimanche. Ecolo n’était pas au rendez-vous. «Tout nous oppose à la N-VA: vision de société, méthodes, priorités, etc. Nous considérons qu’il n’y a pas la moindre option pouvant associer notre parti à la N-VA. Discuter avec eux (…) n’a dès lors aucun sens», a argumenté le co-président d’Ecolo, Jean-Marc Nollet.

Vainqueurs des élections, les Verts jouent désormais leur crédibilité. En Wallonie comme au fédéral, ils craignent d’être ravalés au rang de faire-valoir des partis traditionnels. Par contre, s’ils refusent le pouvoir, l’électorat qui leur a fait confiance le 26 mai dernier en pariant sur un changement profond de la société belge pourrait très vite leur en tenir rigueur.

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