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Restructuration des hôpitaux en province de Luxembourg: Un hôpital de 600 lits à Habay à l’horizon 2020

Restructuration des hôpitaux en province de Luxembourg: Un hôpital de 600 lits à Habay à l’horizon 2020

Pierre Matgé
International 3 min. 27.02.2016

Restructuration des hôpitaux en province de Luxembourg: Un hôpital de 600 lits à Habay à l’horizon 2020

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Les trois conseils médicaux ont, enfin, marqué leur accord sur le plan Vivalia 2025

Nadia Lallemant - Le projet de restructuration des hôpitaux de la province de Luxembourg est, enfin, sur les rails. Les trois conseils médicaux viennent, en effet, de marquer leur accord sur le plan Vivalia 2025.

Ce plan qui prévoit le maintien d’un hôpital aigu à Marche-en-Famenne et la construction d’un hôpital de référence au centre-sud de la province fait à présent l’objet d’un large consensus médical et politique. Rencontre avec Yves Bernard, le directeur général de l’intercommunale de soins de santé.

Yves Bernard, directeur général de Vivalia
Yves Bernard, directeur général de Vivalia
Capture d'écran La Meuse

Dans quel contexte s’inscrit cette restructuration hospitalière ?

«En 2012, lorsque j’ai été désigné comme directeur général de Vivalia, le conseil d’administration a décidé de réorganiser l’offre de soins. En juin 2013, le scénario prévoyant le maintien d’un hôpital aigu à Marche-en-Famenne et la construction d’un nouvel hôpital de référence a commencé à prendre forme. Ce plan bi-site a été privilégié pour des raisons financières et de performance des programmes de soin. Nous sommes, en effet, arrivés à la conclusion qu’il était impossible de maintenir quatre hôpitaux aigus en province de Luxembourg à l’horizon 2025. Le maintien d’un hôpital attractif dans le nord de la province permet d’éviter la fuite des patients vers les hôpitaux de Namur et de Liège. »

Ce projet a suscité plusieurs levées de bouclier ?

« Tout à fait. Il y a un an, le conseil médical des CSL (Cliniques du Sud Luxembourg), vivement opposé à la fermeture de la clinique Saint-Joseph à Arlon et à la localisation de l’hôpital de référence dans la commune de Léglise, l’a rejeté. Récemment, c’est le conseil médical du Centre Hospitalier de l’Ardenne (CHA) à Libramont qui a voté à 62 % contre le plan Vivalia 2025, alors qu’un an auparavant, il avait marqué son accord. Le changement de localisation du nouvel hôpital, à présent dans la commune de Habay, et l’absence de garanties sur les investissements à réaliser pendant la période transitoire ont été mis en avant. »

Le plan Vivalia 2025 a finalement été adopté par les trois conseils médicaux. Comment expliquez-vous le revirement du Centre Hospitalier de l’Ardenne ?

« Le président du conseil médical du CHA a finalement marqué son accord car il a obtenu toutes les garanties sur les investissements à réaliser à l’hôpital de Libramont pendant la période transitoire, à savoir la résonance magnétique RMN, la salle d’angiographie et la cabine à haute tension. Ils a également été rassuré quant aux démarches effectuées pour obtenir les dérogations qui permettront le maintien de la cardiologie B 1 et B2 sur les deux sites, à Libramont et à Arlon, et d’un Smur à Libramont. Par contre, il n’est pas revenu sur la localisation du futur hôpital, maintenue dans la commune de Habay. »

La proximité de la frontière grand-ducale est l’un des critères pris en compte dans le choix de cette commune du sud Luxembourg ?

«Effectivement. Nous avons tenu compte, de ce point de vue, de deux paramètres. Cette localisation est, en effet, attractive pour les travailleurs frontaliers qui habitent à proximité de l’autoroute E 411. Elle l’est aussi pour les Luxembourgeois qui veulent se faire soigner en Belgique. Un hôpital de 600 lits qui disposera de nombreux programmes de soin augmente l’attractivité. Il représentera une offre supplémentaire appréciable pour les patients luxembourgeois. »

Quelle est la date probable du début des travaux ?

« Les trois conseils médicaux étant à présent, sur la même longueur d’ondes, la procédure va suivre son cours. D’ici la fin mars, l’avant-projet sera envoyé au ministre régional Maxime Prévot à Namur afin d’obtenir un accord de principe sur le financement, soit 70 % de l’estimation de 300 millions d’euros. Ensuite, un bureau d’étude planchera sur le projet définitif pendant deux ans en collaboration avec une dizaine de groupes de travail. L’étude relative au choix du site, dans la commune de Habay, va, par ailleurs, se poursuivre. Si tout va bien, les travaux de construction du nouvel hôpital débuteront en 2020. »

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