Changer d'édition

Rentrée parlementaire sous tension à Londres
International 1 4 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Rentrée parlementaire sous tension à Londres

L'ambiance était surchauffée ce mercredi à la Chambre des Communes

Rentrée parlementaire sous tension à Londres

L'ambiance était surchauffée ce mercredi à la Chambre des Communes
Photo: AFP
International 1 4 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Rentrée parlementaire sous tension à Londres

Les députés britanniques ont repris leurs travaux mercredi à la mi-journée dans une atmosphère surchauffée après l'arrêt historique de la Cour suprême qui a annulé la décision controversée du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement à l'approche du Brexit.

(AFP). -  Boris Johnson s'exprimera dans l'après-midi, selon sa porte-parole, sur cette décision qui a porté un grave coup à son autorité et déclenché des appels à sa démission.

Nul doute qu'il sera confronté à un barrage de critiques alors que les premières prises de parole ont donné lieu à des échanges acides entre les députés conservateurs et l'opposition.

«Ce Parlement est mort!»

«Ce Parlement est mort! Il ne devrait plus siéger!», s'est écrié l'attorney général (conseiller juridique du gouvernement) Geoffrey Cox, qui avait assuré le gouvernement de la légalité de la suspension avant qu'elle soit annoncée fin août.

Il a annoncé que l'exécutif désormais minoritaire déposerait «bientôt» une motion pour la tenue d'élections législatives anticipées, pour la troisième fois après deux précédentes tentatives mises en échec par les députés, trop «lâches» selon lui. Selon plusieurs sondages d'opinion, le Parti conservateur arriverait en tête en cas d'un scrutin anticipé. Mais l'opposition ne veut pas en entendre parler avant que la menace d'un Brexit sans accord ait effectivement été écartée.

 «Manipulation cynique»  

«Ce Parlement devrait avoir le courage d'affronter les électeurs, mais il ne le fera pas», a accusé Geoffrey Cox. «Il ne le fera pas, parce que beaucoup d'entre eux (les députés) veulent réellement nous empêcher de quitter l'Union européenne.» 

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Presque étranglé par la colère, le travailliste Barry Sheerman a rétorqué en dénonçant la «manipulation cynique» du gouvernement pour tenter de faire taire le Parlement avant le Brexit, qu'il souhaite mettre en oeuvre à tout prix le 31 octobre, dans 36 jours. 

Sans expliquer comment, Geoffrey Cox a toutefois assuré que l'exécutif respecterait une loi votée dans l'urgence, avant la suspension, l'obligeant à demander un délai en cas de «no deal» avant l'échéance.

«Coup d'Etat constitutionnel»

Suspendu depuis le 10 septembre, le Parlement devait le rester jusqu'au 14 octobre, à seulement deux semaines de la date prévue du Brexit. Mais cet ajournement a été jugée «illégal» par la plus haute juridiction du pays, qui a estimé qu'il entravait le bon fonctionnement du Parlement.

Si elle a été saluée comme une bonne nouvelle pour la démocratie par les adversaires de Boris Johnson, la décision des juges suprêmes a fâché les Brexiters. Comme le ministre des Relations avec la Chambre des Communes, Jacob Rees-Mogg, qui a fustigé un «coup d'Etat constitutionnel», selon les médias britanniques.


Britain's Prime Minister Boris Johnson arrives to welcome the emir of Qatar Sheikh Tamim bin Hamad al-Thani for bi-lateral talks at number 10, Downing street, in central London on September 20, 2019. (Photo by Frank Augstein / AFP)
Le coup de force de Boris Johnson jugé «illégal»
La décision controversée du Premier ministre britannique de suspendre le Parlement à l'approche du Brexit a été jugée non conforme au droit, indique ce mardi la Cour suprême du Royaume-Uni.

«Nous ne vous aimons pas!», titre le tabloïd The Sun à l'adresse de la présidente de la Cour, Lady Brenda Hale, qui avait livré d'un ton calme un réquisitoire sans concession contre l'ajournement du Parlement. Le Daily Mail s'interroge: «Qui gouverne ce pays?» Et pour le Daily Telegraph, proche des Tories, Boris Johnson est vu comme «le défenseur du peuple contre un establishment déterminé à stopper le Brexit.»

Le dirigeant conservateur a dit mardi respecter la décision de la Cour suprême, même s'il n'est «pas du tout d'accord» avec elle, y voyant également une tentative d'entraver le Brexit.

Je ne pense pas que le gouvernement doive s'excuser

«Il y a beaucoup de gens qui veulent empêcher ce pays de sortir de l'UE», avait-il réagi à New York où il participait à l'Assemblée générale de l'ONU.

Il avait alors réitéré son appel à des élections anticipées, qui lui permettraient de sortir du bourbier et d'avoir les coudées plus franches pour déployer sa stratégie sur le Brexit, jusqu'ici systématiquement mise en échec au Parlement depuis son arrivée au pouvoir fin juillet.

«Je ne pense pas que le gouvernement doive s'excuser pour faire progresser notre sortie de l'Union européenne», a commenté Michael Gove, ministre chargé des préparatifs d'un «no deal», mercredi sur la BBC.

Sur le terrain diplomatique, Boris Johnson répète avoir bon espoir de pouvoir conclure un accord de divorce avec Bruxelles, même si les dirigeants européens sont loin de partager son optimisme.


Sur le même sujet

Un Brexit sans accord reste «très réel» selon Juncker
A six semaines de la date prévue du Brexit et deux jours après sa rencontre avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le président de la Commission européenne a, à nouveau, abordé l'épineux dossier de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.
European Commission President Jean-Claude Juncker gestures as he speaks during a debate on Brexit at the European Parliament in Strasbourg, northeastern France on September 18, 2019. (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)
Aucune avancée concrète sur le Brexit
Six semaines avant le jour J, le départ du Royaume-Uni de l'UE se trouvait au cœur des discussions programmées au Grand-Duché ce lundi. Boris Johnson a été accueilli à l'heure du déjeuner par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et Michel Barnier, négociateur de l'UE.
EU Commission president Jean-Claude Juncker (L) shakes hands with British Prime Minister Boris Johnson (R) prior to their meeting, on September 16, 2019 in Luxembourg - Six weeks before he is due to lead Britain out of the European Union, Prime Minister Boris Johnson meets Jean-Claude Juncker, insisting that a Brexit deal is possible. Downing Street has confidently billed the Luxembourg visit as part of efforts to negotiate an orderly divorce from the union before an October 17 EU summit. (Photo by Fran�ois WALSCHAERTS / AFP)
Le Parlement britannique refuse à nouveau des élections
Les députés britanniques ont infligé, mardi, une nouvelle défaite cuisante au Premier ministre Boris Johnson en s'opposant encore à l'organisation de législatives anticipées, avant que le Parlement ne soit suspendu jusqu'au 14 octobre.
A video grab from footage broadcast by the UK Parliament's Parliamentary Recording Unit (PRU) shows Speaker of the House of Commons John Bercow (L) reading the address from the Queen that was just read by the Speaker of the House of Lords in the House of Commons in London on September 10, 2019, after the ceremony to prorogue (suspend) parliament. - The UK Parliament was prorogued, or suspended, until October 14, 2019. (Photo by HO / various sources / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / PRU " - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS - EDITORS NOTE THE IMAGE HAS BEEN DIGITALLY ALTERED AT SOURCE TO OBSCURE VISIBLE DOCUMENTS
Le président de la Chambre des communes va démissionner
Le président de la Chambre des communes, John Bercow, a annoncé lundi qu'il allait démissionner prochainement. Il a été accusé ces derniers mois par les partisans d'un Brexit dur d'avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment.
John Bercow a parfois été accusé par les partisans d'un Brexit dur d'avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment.
Le scénario d'un «no deal» enterré par le Parlement
La Chambre des Lords britannique a adopté définitivement vendredi le texte de loi visant à bloquer une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord, infligeant une nouvelle défaite au Premier ministre Boris Johnson, opposé à une telle initiative.
Le texte adopté ce vendredi par la Chambre des Lords vise à repousser de trois mois le Brexit, prévu le 31 octobre