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Réactions suite à des injures antisémites de «gilets jaunes»
Académicien et philosophe français, Alain Finkielkraut a été victime d'insultes très violentes samedi.

Réactions suite à des injures antisémites de «gilets jaunes»

AFP
Académicien et philosophe français, Alain Finkielkraut a été victime d'insultes très violentes samedi.
International 2 min. 17.02.2019

Réactions suite à des injures antisémites de «gilets jaunes»

La ministre luxembourgeoise de la Famille, Corinne Cahen, a elle aussi réagi sur Twitter suite à l'agression de l'académicien français Alain Finkielkraut samedi, lors d'une manifestation de «gilets jaunes».

(AFP/AF) - Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des «gilets jaunes» dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d'indignation au sein de la classe politique, beaucoup dénonçant des propos à caractère antisémite. 

«Barre-toi, sale sioniste de merde», «grosse merde sioniste», «nous sommes le peuple», «la France elle est à nous», ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d'apercevoir l'académicien, d'après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités:

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l'ordre s'interposer pour protéger le philosophe. «J'ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n'est pas la première fois», a réagi Alain Finkielkraut auprès du Journal du dimanche. «J'aurais eu peur s'il n'y avait pas eu les forces de l'ordre, heureusement qu'elles étaient là», a-t-il raconté au journal, soulignant que tous les «gilets jaunes» ne s'étaient pas montrés agressifs envers lui, l'un d'eux lui ayant même proposé de revêtir un gilet et de rejoindre le cortège, tandis qu'un autre saluait son travail. Cet incident a déclenché une vague de condamnations et de messages de soutien au philosophe, beaucoup dénonçant le caractère antisémite de ces injures, jusqu'au chef de l'État. 

 «Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun», a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que «les injures antisémites dont il a fait l'objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolérerons pas». 

Tous les partis politiques 

Les réactions des différents responsables et partis politiques de France et d'ailleurs ont afflué sur les réseaux sociaux, condamnant avec fermeté cette agression. L'extrême droite Marine Le Pen (Rassemblement national) a estimé que  «L'agression d'Alain Finkielkraut aujourd'hui est un acte détestable et choquant, qui illustre la tentative d'infiltration du mouvement des Gilets Jaunes par l'extrême gauche antisémite». Ian Brossat, tête de liste Parti Communiste Français aux européennes, a estimé qu'«on peut détester les idées de Finkielkraut», mais que «rien ne peut justifier qu'on s'attaque à lui en tant que juif». 

«Je combats les idées réactionnaires et radicales d'Alain Finkielkraut», a lancé le socialiste Benoît Hamon. «Mais je condamne sans aucune réserve ceux qui l'ont conspué, insulté.»

«La France n'appartient pas un ramassis d'antisémites qui cassent les vitrines et flambent des voitures en conspuant les Juifs», a tonné Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France dans un communiqué, pointant du doigt des «casseurs incultes et haineux».