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Qui sont les prétendants à la succession de Juncker?
International 3 min. 27.05.2019 Cet article est archivé

Qui sont les prétendants à la succession de Juncker?

Qui sont les prétendants à la succession de Juncker?

Photo: Pierre Matgé
International 3 min. 27.05.2019 Cet article est archivé

Qui sont les prétendants à la succession de Juncker?

Trois candidats sont entrés en lice dimanche pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, mais une entente semblait se dessiner pour tenter de barrer la route au chef de file de la droite et empêcher l'irruption d'un non-candidat.

AFP - L'Allemand Manfred Weber, le Néerlandais Frans Timmermans et la Danoise Margrethe Vestager sont les chefs de file des trois grands groupes du nouveau Parlement issu des élections et, à ce titre, ils peuvent briguer la présidence du nouvel exécutif bruxellois.


(From L) Candidates for the upcoming the European Commission president elections Czech Jan Zahradil of Alliance of Conservatives and Reformists in Europe (ACRE), Spanish Nico Cue of European Left (EL), German Ska Keller of the European Green Party (EGP) Danish Margrethe Vestager of the Alliance of Liberals and Democrats for Europe (ALDE), Dutch Frans Timmermans of the Party of European Socialists (PES) and German Manfred Weber of European People�s Party (EPP) pose ahead of the Eurovision presidential debate at the European Parliament in Brussels, Belgium, on May 15, 2019. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
Le successeur de Juncker se trouve parmi eux
Dans le cadre des élections européennes, les représentants des six principaux groupes politiques du Parlement européen ont fourbi leurs armes mercredi dans un débat télévisé parfois mouvementé et retransmis dans les 28 pays. Tous espèrent devenir le futur président de la Commission.

Mais l'élu devra être adoubé par la majorité des chefs d'Etat et de gouvernement membres du Conseil européen lors d'un sommet les 20-21 juin, et obtenir ensuite les voix de la majorité des députés européens (376) lors d'un vote prévu au cours de la deuxième session du Parlement à la mi-juillet.

L'Allemand Manfred Weber, le favori de la droite

Manfred Weber, 46 ans, se considère comme le favori, car le Parti populaire européen (PPE, droite) est resté la première force au Parlement à l'issue des Européennes malgré la perte d'une trentaine de sièges.

«Nous avons gagné les élections et ce sera le "Spitzenkandidat" (chef de file, ndlr) du PPE, Manfred Weber, (qui sera) président de la Commission», a soutenu Joseph Daul, le président du PPE, lors de la soirée électorale.

Manfred Weber, à la tête du groupe parlementaire du PPE depuis 2014.
Manfred Weber, à la tête du groupe parlementaire du PPE depuis 2014.
AFP

Originaire de Bavière, ingénieur de formation et membre de la CSU, Manfred Weber est à la tête du groupe parlementaire du PPE depuis 2014. Mais il n'est pas membre du club des anciens dirigeants européens. Pire, il n'a jamais occupé de poste ministériel et il est quasi inconnu en Europe.

Le président français Emmanuel Macron considère qu'il n'a ni l'expérience ni l'autorité requises pour diriger l'exécutif bruxellois et être l'interlocuteur des chefs d'Etat et de gouvernement.

Frans Timmermans, l'espoir de la gauche

Candidat de la famille socialiste européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, 58 ans, pourrait contrer les ambitions de Manfred Weber, mais il lui faudrait trouver le soutien d'une coalition constituée sans la droite. Il a reconnu que ce ne serait pas une tâche facile, car les socialistes ont subi un revers aux Européennes.

Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne depuis 2014.
Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne depuis 2014.
AFP

«Je ne prétends à rien du tout», a-t-il affirmé dimanche soir, avant de plaider pour la constitution d'une majorité «capable de prendre des décisions téméraires». Ancien ministre des affaires étrangères, il est premier vice-président de la Commission européenne depuis 2014. 

Dans cette fonction, il est responsable des procédures de sanctions engagées contre la Pologne et la Hongrie pour les violation de l'Etat de droit, ce qui lui vaut de sérieuses inimitiés dans les Etats membres.

Margrethe Vestager, la dame de fer des libéraux

Membre de l'Alliance des Libéraux, la Danoise Margrethe Vestager, 51 ans, est la troisième prétendante. «Nous pouvons avoir une femme à la tête de la commission», a-t-elle lancé dimanche en plaidant elle aussi pour «une coalition de gens qui veulent changer les choses» après avoir félicité les Verts pour leur ascension.

Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence.
Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence.
AFP

Commissaire européenne chargée de la concurrence, elle s'est fait une réputation de dame de fer à ce poste. Le président américain Donald Trump l'a surnommée la «tax lady de l'UE».

Originaire d'un petit pays, appréciée par Angela Merkel, elle pourrait coiffer ses deux rivaux par élimination ou grâce à une entente avec Frans Timmermans pour évincer Manfred Weber.

Michel Barnier, le recours

Les dirigeants européens pourraient toutefois choisir un non-candidat. Le Français Michel Barnier, 68 ans, rêve de jouer ce rôle. Il n'est pas entré dans la course pour ne pas interférer avec son mandat de négociateur du Brexit, pour lequel il était au Luxembourg début février.

Michel Barnier pourrait prétendre également à ce titre de président de la Commission européenne.
Michel Barnier pourrait prétendre également à ce titre de président de la Commission européenne.
AFP

Membre du PPE, deux fois commissaire européen, ancien chef de la diplomatie et plusieurs fois ministre en France, il a obtenu une place au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement dont il est l'interlocuteur pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Le principal blocage à sa nomination viendra du Parlement européen. «Le PPE ne soutiendra pas un candidat qui ne s'est pas présenté avant le scrutin», a averti Manfred Weber.

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