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Proximus licencie 1.900 personnes au plus mauvais moment pour Charles Michel
Proximus aurait choisi de s’alléger afin de mieux résister à la concurrence

Proximus licencie 1.900 personnes au plus mauvais moment pour Charles Michel

Proximus aurait choisi de s’alléger afin de mieux résister à la concurrence
International 2 min. 14.01.2019

Proximus licencie 1.900 personnes au plus mauvais moment pour Charles Michel

La décision de l’opérateur télécom belge Proximus de licencier 1.900 personnes aurait dû passer pour un dommage collatéral à un moment où la Belgique connaît une embellie économique. Le hic: c'est une entreprise publique, elle est cotée en bourse et elle gagne de l’argent.

Par Max Helleff, à Bruxelles  

La raison la plus communément évoquée pour expliquer le drame social qui s’annonce est l’arrivée d’un quatrième opérateur téléphonique sur le marché mobile belge. Trop lourd, engoncé dans le fonctionnariat des vieux parastataux, Proximus aurait choisi de s’alléger afin de mieux résister à la concurrence. Le départ de 1.900 employés (sur 13.000) serait en outre compensé en partie par l’embauche de 1.250 personnes jugées plus aptes à relever les défis de l’avenir.

Le conditionnel reste toutefois de mise. Jeudi, la presse belge évoquait un «grand cafouillage», tant le plan de restructuration de Proximus apparaissait improvisé. La veille, le cours de son action avait été suspendu en bourse pour lui éviter la tourmente. Le Premier ministre Charles Michel n’aurait en outre pas été tenu au courant de la décision, alors que l’Etat est représenté au conseil d’administration de l’entreprise.

Une nouvelle "difficilement acceptée"

Quoi qu’il en soit, Charles Michel se serait bien passé de cette contre-publicité à l’approche des élections générales du 26 mai. La nouvelle a été «difficilement acceptée» par le libéral francophone qui a fait du retour au plein-emploi l’un des axes forts de la législature qui s’achève. Depuis 2014, il n’a eu de cesse de répéter son slogan «jobs, jobs, jobs», avec la ferme intention d’allonger la carrière des Belges, trop courte à son goût en comparaison de celle de leurs voisins européens.

«On peut comprendre qu’une entreprise cotée, dans un marché concurrentiel, se prépare à relever ses défis, mais le projet en tant que tel est inacceptable tant sur le fond que sur la forme», a commenté le cabinet du Premier ministre.

Pour le journal L’Echo, il faudrait voir dans l’absence de communication entre Proximus et le gouvernement «la conséquence d’une relation maussade – pour ne pas dire tendue – entre la patronne de Proximus, Dominique Leroy et le monde politique, en particulier vis-à-vis de son précédent ministre des télécoms, Alexander De Croo, qui n’a pas hésité à la tacler à diverses occasions l’année passée...»

Une impression de cacophonie se dégage du gouvernement. Si Charles Michel a dit ne pas vouloir accepter la politique du fait accompli, le vice-Premier ministre Kris Peeters a jugé normal que les syndicats aient été prévenus d’abord.

Une copie à revoir

«Je suis ici pour créer des emplois», a ajouté le chrétien-démocrate flamand. «Pas pour organiser des licenciements. Mais dans les télécoms, tout bouge. (…) Mais nous ferons tout pour nous opposer à ce plan.» Charles Michel a en tout cas exigé de la direction de Proximus qu’elle revoie sa copie.

Pour tout arranger, le gouvernement minoritaire est en affaires courantes. Manœuvrer dans de telles conditions ne sera pas simple.

Hasard du calendrier, l’Office national de sécurité sociale (ONSS) avait publié mardi des chiffres encourageants pour le troisième trimestre de l'année écoulée. A la fin de septembre dernier, un boni de 44.206 emplois sur un an a été acté, confirmant la tendance haussière constatée depuis un certain temps sur le marché de l'emploi belge.