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Prolongement des contrôles aux frontières: «Si Schengen meurt, l'Europe mourra»
 Dimitris Avramopoulos, commissaire européen en charge des affaires intérieures a fait écho aux Etats membres s'inquiétant de voir les contrôles aux frontières, normalement exceptionnels et temporaires, se prolonger sans cesse.

Prolongement des contrôles aux frontières: «Si Schengen meurt, l'Europe mourra»

Photo: AFP
Dimitris Avramopoulos, commissaire européen en charge des affaires intérieures a fait écho aux Etats membres s'inquiétant de voir les contrôles aux frontières, normalement exceptionnels et temporaires, se prolonger sans cesse.
International 4 min. 14.10.2017

Prolongement des contrôles aux frontières: «Si Schengen meurt, l'Europe mourra»

Les contrôles aux frontières dans l'UE sont indispensables face à la menace terroriste, selon plusieurs pays qui vont une nouvelle fois les prolonger, mais leurs voisins s'inquiètent des dérogations de plus en plus longues à la libre-circulation dans l'espace Schengen.

(AFP) – Les contrôles aux frontières dans l'UE sont indispensables face à la menace terroriste, selon plusieurs pays qui vont une nouvelle fois les prolonger, mais leurs voisins se sont inquiétés vendredi des dérogations de plus en plus longues à la libre-circulation dans l'espace Schengen.

Le débat a eu lieu à Luxembourg entre les ministres de l'Intérieur des 28, alors que plusieurs pays pratiquant des contrôles depuis 2015 (France, Allemagne, Autriche, Danemark, Suède) ont déjà annoncé qu'ils allaient encore les prolonger, au-delà de l'échéance prévue dans les prochaines semaines des autorisations en cours.

«Nous partageons les inquiétudes de certains Etats membres pour des raisons de sécurité», a déclaré devant la presse le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, en charge des affaires intérieures.

«Mais Schengen est vivant, et doit rester vivant», a-t-il ajouté «parce que si Schengen meurt, l'Europe mourra», a-t-il mis en garde, faisant écho aux Etats membres s'inquiétant de voir les contrôles aux frontières, normalement exceptionnels et temporaires, se prolonger sans cesse.

La Commission européenne a plusieurs fois répété ces derniers mois qu'elle n'accepterait plus à partir de novembre de donner son feu vert à la prolongation des contrôles actuels, basés -sauf pour la France- sur des raisons migratoires et sur le chaos observé fin 2015 à la frontière extérieure grecque.

Mais ces pays invoquent désormais comme Paris la menace terroriste, qui leur offre plus de liberté sur le plan juridique pour réintroduire des contrôles, sans attendre d'autorisation de Bruxelles.

«Souveraineté nationale»

Ils ont par ailleurs demandé que les règles du Code Schengen soient à l'avenir assouplies et clarifiées, afin notamment de réintroduire certaines pour des durées plus longues qu'actuellement.

La Commission européenne a accepté le principe: elle a mis sur la table fin septembre une réforme qui porterait à un an, au lieu de six mois actuellement, les périodes maximales de rétablissement de contrôles, dans le cas de menaces sur la sécurité d'un pays.

Si la menace persiste, elle propose même de pouvoir les prolonger pendant deux ans de plus, avec dans ce cas, toutefois, l'accord des autres Etats membres.

Mais la France et l'Allemagne, qui ont annoncé qu'elles prolongeraient de six mois leurs contrôles sur la base des règles actuelles, souhaitent des périodes plus longues que celles proposées par la Commission. Surtout, elles contestent le besoin d'obtenir l'aval des autres pays européens.

La proposition de la Commission «est un pas en avant extrêmement important», a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui s'est exprimé devant la presse au côté de son homologue allemand Thomas de Maizière.

Mais, «sur les modalités, nous avons quelques remarques à faire», a ajouté le ministre français. «Nous souhaitons conserver la souveraineté nationale sur un problème fondamental pour chaque pays, celui du terrorisme», a-t-il insisté.

Thomas de Maizière a de son côté fait valoir que les contrôles aux frontières n'étaient pas systématiques et qu'ils ne gênaient généralement pas la circulation, tout en offrant des possibilités indispensables aux autorités.

«Très triste»

Plusieurs pays ont au contraire déploré les prolongations des contrôles actuels, ainsi que la perspective de les rendre encore plus aisés à réintroduire. Ils craignent que la libre-circulation soit à terme menacée au sein de l'espace Schengen, avec des conséquences économiques.

«Je suis très triste de ces propositions», a réagi vendredi le ministre slovaque de l'Intérieur Robert Kalinak. «Nous devons revenir à la réalité, et protéger Schengen depuis les frontières extérieures» et non pas aux frontières intérieures, a-t-il fait valoir.

Selon un diplomate, la Pologne, la Hongrie et la Slovénie ont également exprimé leur mécontentement lors de la discussion entre ministres.

Il va falloir désormais «un an minimum» pour que les Etats membres se mettent d'accord sur les nouvelles règles proposées, a indiqué une source européenne.

L'espace Schengen, l'un des acquis les plus concrets de la construction européenne, est une zone de libre circulation où les contrôles aux frontières ont été abolis pour les voyageurs, sauf dérogations temporaires.

Il est actuellement composé de 26 pays, dont 22 membres de l'UE. La Commission souhaite que la Bulgarie et la Roumanie puissent à leur tour l'intégrer rapidement.


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