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Une vaste affaire d'espionnage généralisé mise au jour
International 1 4 min. 19.07.2021
Projet Pegasus

Une vaste affaire d'espionnage généralisé mise au jour

Au centre de toutes les attentions, le groupe israélien NSO à l'origine du logiciel d'espionnage Pegasus.
Projet Pegasus

Une vaste affaire d'espionnage généralisé mise au jour

Au centre de toutes les attentions, le groupe israélien NSO à l'origine du logiciel d'espionnage Pegasus.
Photo: dpa
International 1 4 min. 19.07.2021
Projet Pegasus

Une vaste affaire d'espionnage généralisé mise au jour

Des militants, journalistes et opposants du monde entier ont été épiés grâce à un logiciel élaboré par l'entreprise israélienne NSO Group. Une enquête internationale publiée dimanche renforce les soupçons pesant de longue date sur cette société.

(Jmh avec AFP) - NSO commercialise le logiciel espion Pegasus qui, une fois introduit dans un smartphone, permet d'en récupérer les messages, photos, contacts et même d'écouter les appels de son propriétaire. Le groupe israélien, régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

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L'enquête publiée dimanche par un consortium de dix-sept médias internationaux, dont les quotidiens Le Monde, The Guardian ou The Washington Post, entame sa crédibilité. Leur travail se fonde sur une liste obtenue par le réseau Forbidden Stories et l'ONG Amnesty International, comptant selon eux 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

Elle inclut les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise, d'après l'analyse menée par le consortium qui a localisé de nombreux numéros au Maroc, en Arabie saoudite ou au Mexique.

Sur cette liste figure le numéro du journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document, ainsi que ceux de correspondants étrangers de plusieurs médias dont le Wall Street Journal, CNN, France 24, Mediapart, El Pais, ou l'AFP. Le site français Mediapart a déposé plainte à Paris, expliquant dans un article lundi que «les numéros des téléphones portables de Lénaïg Bredoux et d'Edwy Plenel (cofondateur du site) figurent parmi les dix mille que les services secrets du Maroc ont ciblés».

Cet espionnage a coïncidé avec «la répression du journalisme indépendant au Maroc», notamment envers le journaliste d'investigation emprisonné Omar Radi. Amnesty International avait dénoncé en 2020 l'infection du téléphone d'Omar Radi par Pegasus. D'autres noms de personnalités figurant sur la liste -- qui comprend notamment un chef d'Etat et deux chefs de gouvernement européens - seront divulgués dans les prochains jours.


President of the European Commission Ursula von der Leyen, France's President Emmanuel Macron (C) and Germany's Chancellor Angela Merkel arrives for the second day of the EU summit at the European Council building in Brussels on May 25, 2021. - European Union leaders take part in a two day in-person meeting to discuss the coronavirus pandemic, climate and Russia. (Photo by JOHN THYS / POOL / AFP)
Merkel et les Européens espionnés par Washington
De 2012 à 2014, l'Agence de sécurité américaine (NSA) aurait mis sur écoute la chancelière allemande et d'autres dirigeants de l'Union. Une opération menée possiblement avec l'aide des services de renseignement danois.

Les journalistes du «Projet Pegasus» ont rencontré une partie des détenteurs de ces numéros et récupéré 67 téléphones qui ont subi une expertise technique dans un laboratoire d'Amnesty. Elle a confirmé une infection ou une tentative d'infection par le logiciel espion de NSO pour 37 appareils, dont 10 situés en Inde, selon les comptes-rendus publiés dimanche.

Cette analyse s'ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l'université de Toronto, qui avait confirmé la présence de Pegasus dans les téléphones de dizaines d'employés de la chaîne Al-Jazeera du Qatar. WhatsApp avait déposé plainte en 2019 contre NSO, l'accusant d'avoir fourni la technologie pour infecter les smartphones d'une centaine de journalistes, défenseurs de droits humains et autres membres de la société civile dont différents pays dont l'Inde.


WhatsApp au cœur d'une plainte européenne
Le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) a annoncé lundi avoir porté plainte auprès de la Commission contre le service de messagerie suite à la modification controversée de sa politique de confidentialité.

Le gouvernement indien avait réfuté en 2019 les accusations de membres de l'opposition lui reprochant d'avoir utilisé le logiciel pour espionner ses citoyens. Il a répété plus tôt cette semaine que «les allégations concernant une surveillance du gouvernement envers des personnes spécifiques ne revêtent aucune base concrète ni aucune véracité».

Le groupe NSO a, comme à chaque fois, «nié fermement les fausses accusations portées» dans l'enquête. Elle «est bourrée de suppositions erronées et de théories non corroborées, les sources ont fourni des informations qui n'ont aucune base factuelle», a-t-il écrit sur son site, en précisant envisager de porter plainte en diffamation. NSO est loin d'être la seule entreprise israélienne soupçonnée de fournir des logiciels espion à des gouvernements étrangers peu regardants sur les droits humains, avec le feu vert du ministère israélien de la Défense.

Le logiciel «DevilsTongue» de la société Saito Tech Ltd, plus connue comme Candiru, a été utilisé contre une centaine de responsables politiques, dissidents, journalistes et militants, ont affirmé jeudi des experts de Microsoft et Citizen Lab. Des entreprises d'origine israélienne comme NICE Systems et Verint ont fourni des technologies aux polices secrètes de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan, ainsi qu'aux forces de sécurité de Colombie, avait estimé en 2016 l'ONG Privacy International.