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Probable clap de fin pour le gouvernement en Italie
International 3 min. 19.08.2019 Cet article est archivé

Probable clap de fin pour le gouvernement en Italie

La fin de la bella vita entre Giuseppe Conte et son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Probable clap de fin pour le gouvernement en Italie

La fin de la bella vita entre Giuseppe Conte et son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.
Photo: AFP
International 3 min. 19.08.2019 Cet article est archivé

Probable clap de fin pour le gouvernement en Italie

La coalition populiste au pouvoir devrait être définitivement enterrée, mardi, avec une déclaration très attendue du chef du gouvernement Giuseppe Conte, au Sénat, et sa probable démission.

(AFP) - Tous les yeux de l'Italie seront rivés à 15h ce mardi 20 août sur Giuseppe Conte. Le Premier ministre pourrait alors prononcer une cinglante diatribe contre M. Salvini, son vice-Premier ministre d'extrême droite, après 14 mois de gouvernance populiste inédite. La scène se produirait au Sénat italien.

Selon l'un des scénarios les plus probables, M. Conte devrait, après son discours, présenter sa démission au président Sergio Mattarella. Il mettra alors fin au 65e gouvernement de la République italienne, ouvrant la voie à des consultations pour former un nouveau gouvernement.


ARCHIV - 21.06.2019, Italien, Mailand: Vize-Regierungschef und Innenminister Matteo Salvini. (zu «Regierungskrimi in Italien - Lega: Neuwahl einzige Alternative») Foto: Mourad Balti Touati/LaPresse via ZUMA Press/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Salvini fait éclater la coalition populiste italienne
L'homme fort du gouvernement italien et chef de la Ligue (extrême droite) réclame des élections anticipées. De quoi mettre à mal l'alliance instaurée il y a 14 mois avec son allié du Mouvement 5 Etoiles.

Matteo Salvini, qui prendra aussi la parole devant le Sénat, pourrait tenter de nouveau de renverser le gouvernement à travers une motion de censure. Même si cette démarche a peu de chances de l'emporter numériquement. 

Le 8 août, le turbulent ministre de l'intérieur italien avait fait voler en éclats l'alliance entre son parti et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système) de Luigi Di Maio. Se disant lassé des disputes avec son allié, opposé par exemple à de grands chantiers comme le TGV Lyon-Turin, il a décrété qu'il n'y avait plus de majorité.

Barrage contre La Ligue

Mais Giuseppe Conte, avocat inconnu du grand public propulsé l'an dernier à la tête du gouvernement, a réagi en réclamant que la procédure se déroule devant le Parlement. Et ces derniers jours, il est sorti de sa réserve, fustigeant le refus de M. Salvini de faire débarquer les mineurs du navire de l'ONG espagnole Open Arms.

Contre toute attente, la partition se joue désormais entre le M5S et le Parti démocrate (PD, centre gauche), à la recherche d'une alliance pour faire barrage au chef de La Ligue.

Interlocuteur non fiable  

Exaspéré, Matteo Salvini a appelé ses partisans, dimanche soir, à manifester contre une telle perspective. «Nous serons pacifiquement dans la rue», a-t-il prévenu lors d'un meeting, expliquant qu'il faudrait «passer sur son corps» pour parvenir à une alliance entre M5S et le PD, avec l'ex-Premier ministre Matteo Renzi à la manoeuvre.

Face au risque de se retrouver marginalisé, M. Salvini a adouci le ton à l'égard du chef du gouvernement. «Conte reste mon Premier ministre et mon téléphone est toujours allumé.» Le fondateur du M5S, Beppe Grillo, a réuni les ténors du M5S dimanche dans sa maison de campagne et rejeté les tentatives de réconciliation de M. Salvini, qualifié «d'interlocuteur non fiable».

Tout reste possible

Pendant ses 14 mois au ministère de l'Intérieur, M. Salvini a délaissé son bureau pour sillonner le pays, en perpétuelle campagne électorale. Ses messages martelés également sur les réseaux sociaux - arrêt des arrivées de migrants, dénonciation d'une justice trop laxiste envers les délinquants, priorité économique aux Italiens - lui ont permis de s'envoler dans les sondages et de phagocyter toute l'attention. 

A la tête du Mouvement 5 Etoiles,  le trentenaire Luigi Di Maio a régulièrement dégringolé dans les sondages ces derniers mois.
A la tête du Mouvement 5 Etoiles, le trentenaire Luigi Di Maio a régulièrement dégringolé dans les sondages ces derniers mois.
Photo: AFP

Face à lui, Luigi di Maio, Napolitain de 33 ans, chef inexpérimenté et peu charismatique de M5S, dans la peau d'un ministre du Développement économique ne tenant pas toutes ses promesses, a perdu sans cesse du terrain dans les sondages. 

 Tout reste néanmoins possible dans le très créatif paysage politique italien: un gouvernement M5S-PD ? Des élections anticipées à l'automne ou au printemps 2020 ? Voire même une nouvelle coalition M5S-Ligue.


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