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Près de Bordeaux: Le feu de nouveau en progression au 3e jour
International 11 4 min. 26.07.2015

Près de Bordeaux: Le feu de nouveau en progression au 3e jour

L'incendie de forêt près de Bordeaux, l'un des plus importants en France depuis cinq ans, était de nouveau en «légère progression» dimanche après-midi sous l'effet du vent, mais était combattu par des moyens terrestres et aériens considérablement renforcés.

(AFP) - L'incendie de forêt près de Bordeaux, l'un des plus importants en France depuis cinq ans, était de nouveau en "légère progression" dimanche après-midi sous l'effet du vent, mais était combattu par des moyens terrestres et aériens considérablement renforcés.

Le feu, qui a détruit 550 hectares de pinède depuis son départ vendredi, mobilise près de 650 pompiers ou militaires de la Sécurité civile, dont des renforts acheminés depuis samedi de toute la France et annoncés par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, venu au PC opérationnel dimanche matin.

Dans l'après-midi dimanche, 250 de ces soldats du feu étaient directement engagés, épaulés par sept avions, dont quatre Canadair, pour attaquer immédiatement plusieurs reprises de flammes. Et traiter les zones non brûlées, d'autres déjà brûlées, pour assurer "que le feu n'ait rien à manger", selon l'expression d'un pompier.

"Les conditions météo évoluent comme redouté, avec des rafales de vent plus fortes que samedi après-midi", à 40/50 km/h, et "pas dans la même direction", a déclaré en milieu d'après-midi le préfet d'Aquitaine et de Gironde, Pierre Dartout, au PC opérationnel à Saint-Jean-d'Illac, à 20 km au sud-ouest de Bordeaux.

Des sautes de feu vite traitées

"Le feu a de nouveau progressé, puisqu'il a eu des sautes répétées et traitées immédiatement", a-t-il ajouté, avançant une estimation de 550 hectares détruits, soit environ 20 de plus que le matin.

L'odeur âcre de bois brûlé, omniprésente aux premiers jours de l'incendie, demeurait en arrière-plan, mais moins puissante, et poussée vers le nord, vers l'agglomération bordelaise. Le regain de vent était craint des autorités.

Le ministre de l'Intérieur a rencontré des pompiers, des habitants évacués et s'est fait expliquer le travail aux lisières du feu, un périmètre d'environ 16 km. "C'est un feu compliqué, avec une interface forêt-habitation très forte, sur les deux tiers du périmètre", a souligné le colonel Jean-Paul Decellières, chef des pompiers de Gironde. "Il ressurgit en fonction de la direction du vent. Il y a des départs, même dans les zones déjà brûlées", a noté le colonel, prédisant un combat "qui va durer un grand nombre de jours".

Luttant pied à pied avec le feu, adossés à des maisons évacuées distantes parfois de quelques mètres sinon des flammes, du moins de la zone dangereuse, les pompiers se sont assurés au bout d'une deuxième nuit de lutte qu'aucune habitation ne soit atteinte ou endommagée.

Pas encore de retour des évacués

Alternant les jets de lance, élargis, ou puissants, "en bâton", pour aller creuser et noyer les points chauds sous la terre, ils traitaient dimanche sur mesure les parcelles sur leur chemin, certaines carbonisées jouxtant curieusement d'autres intactes, marque des caprices du vent et du feu.

Par endroits, la lutte des pompiers laissait des traces saisissantes, comme un talus noirci au bord d'une étroite départementale et, de l'autre côté, un joli pavillon au vaste jardin, intacts...

Ailleurs, c'est un poteau téléphonique en bois, calciné à la base, mais finalement sauvé des flammes, qui tenait à son câble, tel un pendu...

Aucune nouvelle évacuation n'était prévue dimanche. Six cents personnes avaient dû quitter vendredi ou samedi des quartiers menacés de Pessac et Saint-Jean d'Illac, en grande majorité relogées chez des parents ou amis, a rappelé Pierre Dartout. Mais, à ce stade, "il n'est pas question qu'elles puissent réintégrer leur maison".

Le préfet a pris un arrêté créant "une zone d'interdiction temporaire de survol" d'une vaste zone aux abords de l'incendie, après que des survols de drone aient été signalés, des images aériennes du feu circulant sur internet.

Les causes de l'incendie de Saint-Jean-d'Illac restaient inconnues dimanche, l'enquête de gendarmerie ne privilégiant aucune hypothèse, criminelle ou accidentelle. Par contre, deux hommes sont en garde à vue depuis samedi soir, en lien avec un incendie survenu samedi après-midi à Naujac-sur-Mer, à 65 km au nord. Cet incendie a détruit quelque 20 hectares de pins, mais surtout forcé à détourner deux Canadair de Saint-Jean-d'Illac pendant plusieurs heures.

L'incendie de Saint-Jean-d'Illac est l'un des plus importants des dernières années en Gironde, département recouvert à plus de 45% de forêt et où les multiples départs de feu ne sont pas rares l'été en une journée. En août 2012, un incendie avait détruit plus de 650 hectares de pins près de Lacanau, sans faire de victime.


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