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Pourquoi Bruxelles a-t-elle fait le choix du masque?
International 3 min. 13.08.2020 Cet article est archivé

Pourquoi Bruxelles a-t-elle fait le choix du masque?

Le cap des 50 infections pour 100.000 personnes ayant été dépassé, la Ville a choisi d'imposer le masque partout et pour tous.

Pourquoi Bruxelles a-t-elle fait le choix du masque?

Le cap des 50 infections pour 100.000 personnes ayant été dépassé, la Ville a choisi d'imposer le masque partout et pour tous.
Photo : AFP
International 3 min. 13.08.2020 Cet article est archivé

Pourquoi Bruxelles a-t-elle fait le choix du masque?

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La capitale impose le port du masque dans tout l’espace public pour contrer le rebond de la pandémie. Une mesure draconienne qui fait débat.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Depuis mercredi, le port du masque est obligatoire dans Bruxelles et sa région. La mesure ne concerne plus seulement les endroits fréquentés, les commerces et les restaurants comme c’était le cas depuis une quinzaine de jours, mais tout l’espace public.

Le 6 août dernier, constatant la hausse inquiétante des contaminations, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort avait annoncé que le port du masque deviendrait obligatoire une fois atteint le seuil des 50 personnes infectées sur 100.000. Mercredi, ce cap a été allègrement franchi dans certains quartiers de la capitale, rendant la mesure automatique.

En conséquence, toute personne qui vit ou pénètre dans l’espace bruxellois doit désormais porter un masque. Cette disposition connaît toutefois une série d’exceptions :  sont exemptées les personnes qui souffrent de certaines maladies, qui font du sport en plein air ou accomplissent un travail physique exigeant. Mais pour le reste, la protection faciale est de rigueur, à pied, à trottinette ou à vélo. Qui s'assoit sur un banc public ne peut l’enlever que le temps d’avaler un sandwich, par exemple.

La prévention, assure Rudi Vervoort, sera privilégiée dans un premier temps. Puis viendront les amendes. Le socialiste insiste sur l’importance d’obtenir l’adhésion d’une population qui ne sait plus à quel saint se vouer. Le port du masque peut en effet être vécu comme le chamboulement de trop, un reconfinement partiel susceptible de peser lourdement sur le moral des plus fragiles.

La mesure fait débat. Pour certains scientifiques, elle est superflue car inefficace et arbitraire. Durant le confinement, la ministre de la Santé Maggie De Block avait elle-même déclaré qu’aucune preuve ne plaidait en faveur de l’efficacité du masque face au virus.

Aujourd’hui, les épidémiologistes belges restent circonspects. Parmi d’autres, Yves Coppieters (ULB) estime que «communiquer sur le port du masque et agir afin que les gens l’utilisent davantage, c’est très important. Mais prendre une mesure qui peut être punie dans tous les lieux publics si elle n’est pas respectée, cela me semble trop fort en regard de la situation».


(FILES) In this file photo taken on May 11, 2020, a man and a woman wearing face masks walk on Trocadero Plaza as a French national flag flies on the Eiffel Tower in background in Paris on the first day of France's easing of lockdown measures in place for 55 days to curb the spread of the COVID-19 pandemic, caused by the novel coronavirus. - Wearing a mask will be compulsory in parts of Paris and its wider region from August 10, 2020, to combat a rise in coronavirus infections in and around the French capital, the police said. The mask will be obligatory for all those aged 11 and over from 8:00 am (0600 GMT) on August 10 "in certain very crowded zones", the police said in a statement on August 8, without yet detailing which areas were affected. (Photo by PHILIPPE LOPEZ / AFP)
Paris se masque, Metz aussi
Si la capitale française impose le port du masque dans certains de ses quartiers les plus fréquentés, la capitale de la Moselle imposera dès ce mardi la protection buccale à tous ceux qui se rendront sur son marché.

Le port du masque est utile, font encore valoir d’autres scientifiques, mais il ne complète qu’à la marge les règles prioritaires de la distanciation sociale.

A contrario, d’autres voix se sont élevées pour demander des mesures supplémentaires, comme à Anvers où le couvre-feu est désormais d’application durant une partie de la nuit. L’objectif poursuivi par la ville portuaire est d’empêcher les jeunes d’organiser des rassemblements festifs, vecteurs potentiels de la contamination.

Quoi qu’il en soit, Bruxelles se tient à sa décision. Les bourgmestres qui avaient fait part de leur mécontentement il y a une semaine sont rentrés dans le rang. La fin de l’obligation du port du masque n’a pas été fixée. « Même si on devait descendre sous le seuil des 50 pour 100.000 la semaine prochaine, il n’y aura pas de retrait. Celui-ci sera strictement soumis à l’analyse des experts », précise Rudi Vervoort.

Le rebond de la pandémie ne touche pas de la même manière tous les quartiers de la capitale. Le centre et le nord de la ville sont particulièrement infectés. Il s'agit de communes en butte à une certaine pauvreté, qui touche bien souvent les nouvelles communautés immigrées. L’obligation du port du masque devrait définitivement sceller le sort de la saison touristique bruxelloise, déjà moribonde. L’essentiel est aujourd’hui de penser à la suivante.

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