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Pour SpaceX, le jour de gloire est arrivé
International 2 min. 27.05.2020 Cet article est archivé

Pour SpaceX, le jour de gloire est arrivé

Crew Dragon rattrapera jeudi la station ISS, à 400 km d'altitude, et y restera amarrée sans doute jusqu'en août.

Pour SpaceX, le jour de gloire est arrivé

Crew Dragon rattrapera jeudi la station ISS, à 400 km d'altitude, et y restera amarrée sans doute jusqu'en août.
Photo : AFP
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Pour SpaceX, le jour de gloire est arrivé

Une nouvelle ère spatiale s'ouvre mercredi avec le lancement de deux astronautes de la Nasa dans l'espace via une fusée privée. Il s'agit du premier vol habité à redécoller des Etats-Unis depuis neuf ans.

(AFP) - Si le mauvais temps se dissipe, à 16H33 (20H33 GMT) sur le pas de lancement n°39A du centre spatial Kennedy d'où partirent Neil Armstrong et ses coéquipiers d'Apollo, une fusée SpaceX décollera en direction de la Station spatiale internationale (ISS). Bob Behnken et Doug Hurley, les deux hommes choisis par la Nasa pour cette mission, sont en quarantaine depuis deux semaines. Mais malgré le confinement, le vol a été maintenu.

Space Exploration Technologies Corp., fondée en 2002 par Elon Musk (entrepreneur obsédé par Mars et déterminé à casser les règles du jeu de l'industrie aérospatiale) a gagné pas à pas la confiance de la plus grande agence spatiale de la planète. Elle était devenue en 2012 la première société privée à amarrer une capsule cargo à l'ISS, qu'elle ravitaille depuis régulièrement. Deux ans plus tard, la Nasa lui commandait la suite: y acheminer ses astronautes, dès «2017», en adaptant la capsule Dragon. 

L'agence spatiale a payé plus de trois milliards de dollars pour que SpaceX conçoive, construise, teste et opère sa capsule, réutilisable, pour six futurs allers-retours spatiaux. Le développement a connu des retards, des explosions, des problèmes de parachutes, mais SpaceX a battu le géant Boeing, également payé pour fabriquer une capsule (Starliner), toujours pas prête.

L'investissement, décidé pour le cargo sous la présidence Bush et pour les astronautes par Barack Obama, est jugé fructueux par rapport aux dizaines de milliards qu'ont coûté les systèmes précédents développés par la Nasa. «Certains ont dit que c'était infaisable ou imprudent de travailler avec le secteur privé de cette façon. Je ne suis pas d'accord», déclarait Barack Obama en 2010, ici même. L'hostilité au Congrès et à la Nasa, face aux prétentions de la start-up, était alors immense. Dix ans plus tard, c'est un autre président, Donald Trump, qui assistera au centre Kennedy à la consécration potentielle.

Une fusée plus sûre

Il a beaucoup plu ces derniers jours en Floride, et les prévisionnistes de Cap Canaveral estimaient mardi à 40% le risque de temps défavorable mercredi. Au besoin, le vol sera reporté à samedi. Crew Dragon est une capsule comme Apollo, mais version XXIe siècle. Des écrans tactiles ont remplacé boutons et manettes. L'intérieur est dominé par le blanc, l'éclairage plus subtil. Rien à voir avec les immenses navettes spatiales, immenses oiseaux ailés qui ont servi de 1981 à 2011. Contrairement aux navettes, dont une a explosé en 1986 après le décollage (Challenger), Dragon peut s'éjecter en urgence si la fusée a un problème. 

Photo : AFP

Crew Dragon rattrapera jeudi la station, à 400 kilomètres d'altitude, et y restera amarrée sans doute jusqu'en août. Si elle remplit sa mission et est certifiée sûre, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l'espace: depuis 2011, les Soyouz étaient les seuls taxis spatiaux disponibles.

Les acheminements depuis la Floride redeviendront réguliers, avec quatre astronautes à bord. Un Japonais sera du prochain voyage. Un Européen devrait prendre place dans le suivant, peut-être le Français Thomas Pesquet, qui s'entraîne en ce moment à Houston pour repartir dans l'ISS en 2021.


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