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Pour exiger la transparence, ils se mettent (presque) nus

Pour exiger la transparence, ils se mettent (presque) nus

Photo: Reuters
International 2 min. 04.05.2012

Pour exiger la transparence, ils se mettent (presque) nus

Des milliers d'étudiants opposés à la  hausse des droits de scolarité ont défilé nus jeudi dans les rues de Montréal,  sous le regard amusé des policiers, pour exiger plus de «transparence» du  gouvernement de la province confronté à une contestation estudiantine sans  précédent.

(AFP). - On ne pourra pas dire que les étudiants québécois manquent de conviction,  d'audace et d'originalité. A la douzième semaine d'une grève étudiante marquée  par des centaines de marches, ponctuée de heurts avec les policiers, les  manifestants ont joué le grand jeu jeudi soir.  

Poitrine dénudée, les mamelons à peine recouverts d'un ruban rouge - couleur  du mouvement d'opposition à la hausse des droits de scolarité - pour les femmes;  torses velus, jambes blanches et slip pour les hommes, les étudiants ont paradé  dans les rues de la métropole québécoise sous une pluie fine.  

«Le corps étudiant contre la hausse», «Charest tu veux notre peau», «On se  les gèle pour le gel» des droits de scolarité, avaient peint les manifestants  sur des pancartes ou directement sur leur peau.   Plus de 170.000 étudiants de la province francophone de huit millions  d'habitants s'opposent toujours à l'imposition d'une hausse de 1.625 dollars sur  cinq ans (325 dollars/an) des droits de scolarité à l'université pour les porter  à 3.800 dollars.  

Tentant de dénouer l'impasse, le Premier ministre québécois Jean Charest a  proposé la semaine dernière une hausse de 1.785 dollars sur sept ans (255  dollars/an) et une valorisation des bourses étudiantes, mais cette offre a été  balayée du revers de la main par les associations étudiantes en grève. Celles-ci plaident soit pour un gel des droits de scolarité, soit pour la  gratuité scolaire, et exigent des états généraux sur le financement et la  gestion des universités québécoises, fréquentées d'ailleurs par quelque 10.000  Français.  

Les étudiants ont promis d'assiéger vendredi la petite municipalité de  Victoriaville (170 kilomètres à l'est de Montréal) où a lieu le congrès du Parti  libéral québécois (PLQ) du Premier ministre Charest. La formation au pouvoir depuis neuf ans devait se réunir à Montréal, mais a  déménagé dimanche ce rassemblement pour éviter les manifestations.