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Portrait: Paul Magnette l'attentiste
International 3 min. 06.01.2018 Cet article est archivé

Portrait: Paul Magnette l'attentiste

Pour un bon nombre d'observateurs, Paul Magnette est l'homme idéal pour sauver le parti socialiste belge.

Portrait: Paul Magnette l'attentiste

Pour un bon nombre d'observateurs, Paul Magnette est l'homme idéal pour sauver le parti socialiste belge.
AFP
International 3 min. 06.01.2018 Cet article est archivé

Portrait: Paul Magnette l'attentiste

Linda CORTEY
Linda CORTEY
L'homme politique belge ne semble pas prêt à succéder à Elio Di Rupo à la tête du Parti socialiste.

Par Max Hellef

«La meilleure chose qui peut arriver à la Belgique francophone, c'est la disparition du Parti socialiste... » Tel est le genre de commentaires peu amènes que l’on peut lire de nos jours sur les réseaux sociaux.

Autant dire que la tâche du président du PS Elio Di Rupo est ardue, et que celle de son successeur ne le sera pas moins. Car il est beaucoup question d’héritage et de succession dans les coulisses de ce qui fut pendant un siècle un parti incontournable de la politique belge. 

Mauvaise passe pour le PS

Mais la roue a tourné: le PS se porte mal. Il n’a réussi à se maintenir qu’à la tête de la Région de Bruxelles-Capitale et à la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française). Il a dégringolé dans les sondages et peine à redorer son image, après les épisodes désastreux des scandales Publifin et Samusocial.

Les «rouges» rêvent donc d'un sauveur. Un homme ou une femme qui parviendrait à tirer le rideau sur les dernières années et à insuffler une énergie nouvelle à une formation politique qui s’est enferrée dans les usages d’ancien régime: le clientélisme, l’enrichissement personnel, les prébendes. 

Pour la majorité des observateurs, cette personnalité est Paul Magnette, l’ex-ministre-président wallon renvoyé dans l’opposition l’été dernier par les humanistes du CDH. Ceux-ci lui ont tourné le dos pour mieux s’allier aux libéraux de Charles Michel.

Une aura indiscutable

Paul Magnette ne manque pas de qualités. La posture d'intellectuel a parfois valu à ce professeur en sciences politiques d’être taxé de pédantisme. Sa présidence wallonne ne laissera pas de souvenirs impérissables.

Mais son aura est indiscutable. Elle a gagné en puissance avec la résistance que l’actuel bourgmestre de Charleroi a livrée en 2016 au traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta).

A dix mois des élections communales, puis des régionales et des fédérales qui suivront, le temps presse pour le PS. Mais Paul Magnette, lui, n’a pas l’air pressé. Pourtant, il a gardé un bon souvenir de son bref passage par la présidence du Parti socialiste. C’était entre janvier 2013 et juillet 2014. Elio Di Rupo était alors Premier ministre.

«Un homme, c’est un mandat» 

 Il est vrai que, depuis, Paul Magnette s’est fait plus d’un ennemi au sein du PS. Ils sont nombreux à rejeter le décumul intégral des mandats que l’ex-ministre-président wallon appelle de ses vœux pour nettoyer les écuries du parti. Pour Paul Magnette, «un homme, c’est un mandat». Pas davantage. Mais alors, comment s’adjuger l’appui des cadres intermédiaires du PS, ces députés-bourgmestres et parlementaires-échevins, qui nomment les présidents ?

Aujourd'hui, Paul Magnette ronge son frein dans un semi-silence. On l’a vu ici tenir un discours de politique internationale, là recommander le vote «utile» (à gauche forcément) pour éviter une future reconduction de la coalition fédérale emmenée par le libéral Charles Michel. Le Carolo va également diriger un séminaire à l’ULB, le port d’attache où il aime s’abriter lorsque les coups bas de la politique le soûlent.

Reste à voir s’il n’est pas déjà trop tard. Il est certain qu’un PS dirigé par Elio Di Rupo fera une excellente cible pour la droite dans les prochains mois. Mais lancer une guerre de succession minerait assurément le parti dans un contexte électoral. Les socialistes pourraient descendre tellement bas aux enfers que le plus courageux des sauveurs ne pourrait aller les y rechercher.


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