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Photoreportage à Calais: La «jungle» dans l'attente de la «terre promise»
International 23 26.01.2016

Photoreportage à Calais: La «jungle» dans l'attente de la «terre promise»

Maurice FICK
Maurice FICK
Sur un terrain vague à Calais, près de 5.000 migrants espèrent traverser la Manche. Photoreporter indépendant, Léon Dubois nous rapporte de la «jungle» une série de photographies argentiques.

(G.C.) - Calais est le théâtre d'un drame récurrent, dont le dernier acte en date fut, samedi, l'abordage d'un ferry par une cinquantaine de migrants déterminés à rallier la Grande-Bretagne. Mais Calais et sa «jungle» sont devenus, aussi, les tenant-lieu emblématiques de la crise migratoire en son entier, de la misère qu'elle révèle et de notre impuissance à la juguler. Comment «traiter» Calais quand tout ou presque a été dit?

Photoreporter indépendant, Léon Dubois nous rapporte de cette « jungle » de Calais une série de photographies argentiques. «Depuis ce terrain vague industriel, nous explique–t-il, près de 5.000 migrants espèrent traverser la Manche. Venus d'Afrique et du Moyen-Orient, ils ont fui la guerre ou les difficultés économiques. Certains ont bravé la Méditerranée, d'autres traversé l'Europe de l'Est en passant par la Turquie. Face à une frontière anglaise étanche, ils sont aujourd'hui bloqués à 40 kilomètres de leur "terre promise" qu’ils distinguent depuis le rivage». Confrontés sans cesse aux forces de l’ordre chargées de repousser leurs tentatives de passage, la détermination de ces migrants semble irréductible.

C’est dans un contexte mêlant «déracinement, espoir, joie, tension et déception», que Léon Dubois s'est immergé au coeur de la « jungle». Son témoignage relate une situation complexe. Ses photographies montrent un espace en constante mutation: «d’une journée à l’autre, une tente apparaît, une autre disparaît. Cette construction et déconstruction de l’espace est à l’image de l’identité de ses habitants: des personnes en mouvement, en quête d’un avenir meilleur».

Que l’on parle de réfugiés ou de «migrants économiques», le constat pour le photographe est le même: «Nous sommes face à une société déracinée. Et si le lieu est indigne et repoussant, l'humanité de ses habitants, elle, reste intacte».