Changer d'édition

Pas de masque dans le primaire francophone belge
International 3 min. 29.11.2021
Mesures anti-covid

Pas de masque dans le primaire francophone belge

Le masque reste obligatoire dans les classes de Bruxelles-Wallonie mais seulement dès 12 ans.
Mesures anti-covid

Pas de masque dans le primaire francophone belge

Le masque reste obligatoire dans les classes de Bruxelles-Wallonie mais seulement dès 12 ans.
Photo : dpa
International 3 min. 29.11.2021
Mesures anti-covid

Pas de masque dans le primaire francophone belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le choix de ne pas recourir à la protection buccale est fait en dépit de l’appel de certains experts à rendre la mesure obligatoire dès 9 ans dans les classes.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - C’est la dernière polémique en date : malgré l’insistance d’une partie du monde scientifique (et malgré la pression exercée par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke), les classes primaires des écoles francophones belges n’ont toujours pas l’obligation de porter le masque.


PRODUKTION - 18.11.2021, Baden-Württemberg, Neckartailfingen: Schülerinnen der Liebenauschule nemen an einer Nachmittagsunterrichtseinheit im Rahmen des Programms "Lernen mit Rückenwind" teil.  Mit dem auf zwei Jahre angelegten Programm soll Kindern und Jugendlichen geholfen werden, Corona-Folgen und Lernlücken zu bewältigen. Foto: Marijan Murat/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Un autotest de plus dans la semaine des écoliers
Face à la remontée des infections, notamment parmi les jeunes, le ministre de l'Education pousse un peu plus le curseur préventif dans le fondamental. Résultat : plus de dépistage, retour du masque dans certains cas et quarantaine plus exigeante.

Vendredi dernier, le Comité de concertation qui gère la lutte contre la pandémie a demandé aux différents ministres de l’enseignement de prendre une série de mesures visant à freiner la propagation du virus au sein des écoles. Et samedi, la ministre francophone de l’Education, Caroline Désir, a de fait publié une circulaire. Texte imposant aux établissements scolaires d’améliorer la ventilation, d’éviter « le mélange des classes », de ne plus organiser de fêtes dans l’enceinte de l’école ou encore de biffer du calendrier les activités extrascolaires comportant des nuitées. En revanche, la circulaire ne comporte pas une ligne sur le port du masque chez les petits.

Cette absence fait tache. En Flandre en effet, les élèves portent le masque dès 10 ans, dès la cinquième primaire. Mais à Bruxelles et en Wallonie, il n’est obligatoire en classe qu’à partir de 12 ans. Le paradoxe veut que partout ailleurs dans le pays, le masque doive être porté dès 10 ans à l'intérieur. Les partisans du port de la protection naso-buccale font également valoir que son obligation chez les plus petits est d’application en France ainsi que dans d’autres pays européens. Le virus ne connaissant pas de frontières, la Belgique francophone s’estimerait en quelque sorte au-dessus des lois épidémiologiques.

Arguments contre arguments

Mais la ministre Désir s'arc-boute sur sa position. Elle refuse d’écouter les experts scientifiques du Gems (Groupe d’experts de stratégie de crise pour le covid). Ceux-ci ont pourtant préconisé le port du masque pour les enfants dès l’âge de 9 ans. «Depuis le début de la pandémie, il n’y a pas de consensus scientifique sur cette question», affirme la socialiste. Elle ajoute que «plus de la moitié des enfants français - qui portent le masque dès 6 ans - se plaignent de maux de tête persistants».

L’argument est repris par une partie du corps enseignant qui juge impossible de faire porter le masque aux enfants de moins de 12 ans. «Ils les enlèvent en permanence, les remettent sans cesse. Il en faut parfois deux ou trois par jour», explique cette directrice d’école qui pointe un surcoût pour les familles. 

Des psychologues mettent aussi en garde contre les dégâts que pourrait occasionner sur la santé mentale des petits une énième obligation visant l’école et les écoliers après deux confinements.


(FILES) In this file photo taken on May 12, 2020, a teacher wearing a protective mask teaches children in her classroom at Champ l'Eveque public school in Bruz, western France,  after France eased lockdown measures taken to curb the spread of the COVID-19 pandemic, caused by the novel coronavirus. - There will no more class closures from the 1st case of Covid-19 in primary school in France, announced on November 25, 2021 France's Education, Youth and Sports Minister Jean-Michel Blanquer in a press conference. (Photo by Damien MEYER / AFP)
Religion et morale deviendront bientôt «optionnelles»
L’école publique belge devrait consacrer à l’avenir une place centrale au cours de citoyenneté, donnant ainsi un coup de pouce à la sécularisation de la société.

En face, certains scientifiques dénoncent un choix "idéologique" : l’école arrive en tête des endroits où le plus grand nombre de contacts a lieu. Elle constitue donc, selon eux, un puissant foyer de contamination et ne devrait pas bénéficier d’une exception au moment où d’autres secteurs (horeca, discothèques….) sont priés de faire de nouveaux efforts pour contribuer à la lutte contre le virus. 

Sur RTL-TVI, le microbiologiste Hans Willem Snoeck a expliqué qu’à New York où il travaille les enfants portent le masque dès l'âge de trois ans et  «tout le monde trouve ça normal».

Les chiffres pandémiques des prochaines semaines diront qui a eu raison : les partisans ou les détracteurs du masque dès 9 ans. Déjà, certains experts estiment que les nouvelles mesures prises vendredi dernier ne suffiront pas à éteindre l’incendie. Les autorités leur opposent la troisième dose vaccinale qui devrait être proposée à tous les Belges adultes d’ici mars 2022, sans ordre de priorité préalablement établi.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Pour ralentir la propagation de l'épidémie de covid, la Belgique a pris une série de nouvelles mesures restrictives. L'exécutif a notamment acté une fermeture anticipée des écoles maternelles et primaires, le 18 décembre.
Le Comité de concertation, tenu vendredi, parie sur l’extension de la troisième dose vaccinale à toute la population tout en édictant de nouvelles mesures anti-covid. Cela alors que le nouveau variant est signalé au royaume.
A woman stands in front of the closed patisserie in Bratislava downtown on November 25, 2021. - Slovakia declared a two-week lockdown following a spike in COVID-19 cases with the country�s seven-day average of cases rise above 10,000. (Photo by VLADIMIR SIMICEK / AFP)
Le ministre belge de la Santé table sur des vagues de contamination pendant «un an, deux ans, trois ans». Guère réjouissant pour un royaume qui compte déjà 26.743 victimes du covid.
(LtoR) Vice-prime minister and Public Health and Social Affairs minister Frank Vandenbroucke, Walloon Minister President Elio Di Rupo and Vice-prime minister and minister of Economy and Work Pierre-Yves Dermagne arrive for a meeting of the consultative committee with ministers of the Federal government, the regional governments and the community governments, on May 2021 in Brussels. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / various sources / AFP) / Belgium OUT