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Pas de fumée blanche pour le commissaire belge
International 3 min. 22.07.2019

Pas de fumée blanche pour le commissaire belge

Didier Reynders reste favori pour siéger au côté de la nouvelle présidente de la Commission européenne.

Pas de fumée blanche pour le commissaire belge

Didier Reynders reste favori pour siéger au côté de la nouvelle présidente de la Commission européenne.
Photo: AFP
International 3 min. 22.07.2019

Pas de fumée blanche pour le commissaire belge

Faute d’avoir un gouvernement, la Belgique est incapable de désigner son représentant à la Commission européenne. L'ancien ministre des Finances, Didier Reynders, a une longueur d'avance. Mais juste une longueur.

Max HELLEFF (Bruxelles) «Qui d’autre que Didier Reynders ?» titrait Le Soir le 11 juillet dernier, posant la question de savoir qui serait le prochain commissaire européen belge, l’homme ou la femme qui serait amené à travailler avec Ursula von der Leyen. 

Dix jours plus tard, la question n’a pas trouvé de réponse. Et pour cause, la Belgique est loin d’avoir un gouvernement. Or, le poste de commissaire européen fait traditionnellement partie de la négociation qui entoure la formation d’une majorité fédérale et l’attribution de ses grands postes. Comme le dit l’adage : «En politique belge, il n’y a d’accord sur rien tant qu’il n’y a d’accord sur tout».

Cieux internationaux

Autrement dit, avant de songer à nommer un commissaire européen, le nom et l’appartenance politique du Premier ministre et des titulaires des principaux portefeuilles doivent être connus. Le représentant de la Belgique à la Commission est désigné dans le même temps, son parti obtenant ainsi un poste prestigieux susceptible d’arrondir son butin s’il juge avoir trop concédé lors des négociations. L’usage est celui-là...

Un nom revient toutefois comme une vieille rengaine : Didier Reynders. Le ministre sortant des Affaires étrangères a une longue pratique des réunions européennes. A 60 ans, il a fait son temps en politique belge et rêve de s’envoler vers des cieux internationaux. Son récent échec au secrétariat général du Conseil de l’Europe face à la Croate Buric n’a manifestement pas brisé cette ambition.

Von der Leyen dans l'attente

Mais pour les raisons évoquées ci-dessus, le libéral francophone devra encore patienter. Les négociations pour la formation du nouveau gouvernement en restent au stade des balbutiements. Didier Reynders le sait mieux que quiconque, lui qui joue précisément les informateurs avec le socialiste flamand Johan Vande Lanotte dans ce premier tour d’observation.

Voilà qui ne fait pas les affaires d’Ursula von der Leyen. Pour composer la nouvelle Commission, la présidente doit idéalement disposer des profils de tous ses futurs membres avant d'avancer le portefeuille qu’elle souhaite leur confier.


Ursula von der Leyen élue de justesse
Pour la première fois, la Commission européenne aura une femme à sa tête. Le eurodéputés en ont décidé ainsi, mardi 16 juillet, à Strasbourg. Mais celle qui succède à Jean-Claude Juncker est loin d'avoir fait l'unanimité.

Un tel scénario n’est pas neuf pour la Belgique. En 2014, il avait fallu attendre la fin de l’été pour que la chrétienne-démocrate flamande Marianne Thyssen soit désignée au poste de commissaire. «Sous la pression croissante de Jean-Claude Juncker qui avait officieusement menacé Bruxelles d’hériter d’un portefeuille ridicule», précise Le Soir. La Belgique avait ainsi obtenu les Affaires sociales. Et la pourtant douée Marianne Thyssen allait passer cinq années au Berlaymont dans une relative discrétion.

Et si c'était une femme?

Outre les équilibres politiques au sein de la future majorité, il faudra aussi compter avec les sensibilités linguistiques. Après Elio Di Rupo et Charles Michel, la Flandre devrait refuser que le pays soit dirigé pour la troisième fois consécutive par un Premier ministre francophone. Un francophone pourrait dès lors obtenir plus facilement le poste de commissaire européen. Comme un lot de consolation.

Autre paramètre : pour contribuer à l’équilibre des genres au sein de la Commission, la Belgique pourrait être encouragée à proposer le nom d’une femme. Dans ce cas, exit Didier Reynders…

Reste enfin à savoir quel rôle jouera ici Charles Michel. Le futur président du Conseil européen aurait tout intérêt à posséder un puissant relais à la Commission en la personne de Didier Reynders. Encore faut-il que les partis qui composeront le futur gouvernement belge voient ce schéma d’un bon œil.


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