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Pas de «binge drinking» à la côte belge
International 3 min. 26.04.2021

Pas de «binge drinking» à la côte belge

Les gouvernements craignent tous que la "décompression" liée à la levée des mesures de confinement ne soit l'occasion de bien des abus.

Pas de «binge drinking» à la côte belge

Les gouvernements craignent tous que la "décompression" liée à la levée des mesures de confinement ne soit l'occasion de bien des abus.
Photo : Reuters
International 3 min. 26.04.2021

Pas de «binge drinking» à la côte belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Des jeunes saouls à Knokke et des parents tenus pour responsables : les premiers avertissements sont lancés aux futurs vacanciers.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) -  C’est une autre manifestation de l’intransigeance qui sera de mise cet été sur les plages belges. A l’heure où les vacances de Pâques se terminaient, des centaines de jeunes se sont retrouvés sur la plage et sur la digue de Knokke. Il s’agissait pour la plupart d’enfants de résidents secondaires. Certains jeunes qui avaient trop bu ont dû être emmenés à l’hôpital. «Je ne blâme pas les enfants eux-mêmes», a expliqué Piet De Groote à la tête de la commune. «Ce sont les parents qui doivent prendre leurs responsabilités.»

Et le nouveau bourgmestre n’entend pas lâcher l’affaire. «Des jeunes de 14 ans qui font du binge drinking et des parents qui n’interviennent pas: c’est incompréhensible. Tous ceux dont je possède l’adresse recevront une lettre de ma part en tant que bourgmestre, indiquant clairement que ceux qui ne respectent pas les règles de Knokke-Heist ne sont plus les bienvenus ici… »

Dans le journal flamand Het Nieuwsblad, le chef de la police locale Steve Desmet a pour sa part pointé «des jeunes de Bruxelles ou du Brabant wallon». Des francophones donc. «Ils n’ont rien à faire à cause des mesures sanitaires et se retrouvent tous les soirs au même endroit. Nous sommes démunis face à cette situation», a-t-il  déploré tout en évoquant la détérioration de plusieurs bars de plage. 

Pendant les vacances de printemps, la zone de police de Damme/Knokke-Heist a enregistré 264 violations des mesures corona, pour la plupart liées à des rassemblements de jeunes et au non-respect du couvre-feu. Le port du masque et la distanciation sociale étaient bien souvent absents.


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Il est clair que la côte belge, et Knokke en particulier, ne veulent plus revivre les tensions de l’été 2020. Le coup de gueule du bourgmestre De Groote a pour objectif de mettre en garde tous ceux qui confondraient la plage avec une zone de non-droit sanitaire.

Or la pression risque d’être énorme sur le littoral cet été. La décision des autorités belges de mettre fin à l’interdiction des voyages non essentiels, dans et en dehors de l’Europe, ne signifie pas que le tourisme international va retrouver d’emblée son rythme de croisière. Le retour à la normale dépendra des mesures sanitaires (contrôles, quarantaines, etc.)  mises en place par les pays de destination, mais aussi de l’avancée de la campagne nationale de vaccination. Celle-ci pourrait toutefois faire un bond en avant après la décision prise, samedi, d’administrer AstraZeneca dès 41 ans et Johnson & Johnson à tout âge.

En attendant, la police de la côte n’a d’autre choix que de gérer au mieux les débordements, surtout pendant les vacances et les week-ends ensoleillés. « Si nous renvoyons ces jeunes chez eux, le problème se déplacera vers la maison, où le risque d’infection est beaucoup plus élevé. Néanmoins, nous préférons les garder en vue et en plein air plutôt que dans des fêtes clandestines. Nous ne voulons pas non plus déclencher «des scènes» sur la plage où des familles profitent du soleil», explique le chef de la police Steve Desmet.

Cette approche a toutefois ses limites. Alors que la côte frôlait la saturation en mars dernier à la faveur d’un soleil généreux, le gouverneur de Flandre-Occidentale Carl Decaluwé n’avait pas hésité à affirmer qu’il recourrait le cas échéant aux grands moyens. « Si nécessaire, nous fermerons les routes d’accès (aux stations du littoral). Cela s’est déjà produit et cela peut se reproduire », avait prévenu celui que l’on surnomme... le ''shérif''.

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