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Parfum de soufre autour de Didier Reynders
International 3 min. 07.04.2021

Parfum de soufre autour de Didier Reynders

Didier Reynders se voit reprocher dans une enquête sa proximité avec un certain Jean-Claude Fontinoy.

Parfum de soufre autour de Didier Reynders

Didier Reynders se voit reprocher dans une enquête sa proximité avec un certain Jean-Claude Fontinoy.
Photo : AFP
International 3 min. 07.04.2021

Parfum de soufre autour de Didier Reynders

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Un ex-collaborateur de l'actuel commissaire européen à la Justice accusé de multiples malversations au terme d’une enquête journalistique.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Le Mouvement réformateur, l’un des principaux partis politiques belges et actuel partenaire de la coalition Vivaldi au pouvoir, a-t-il violé les lois électorales? C’est ce que laisse entendre un ouvrage sorti en librairie ce mercredi, ouvrage intitulé Le clan Reynders et écrit par le journaliste d’investigation Philippe Engels. Selon celui-ci, le Mouvement réformateur (MR, libéral francophone) aurait utilisé du personnel de la SNCB pour mener les campagnes électorales de 2012 et 2014.


24.11.2020, Belgien, Br¸ssel: Alexander De Croo, Premierminister von Belgien, tr‰gt eine Mund-Nasen-Bedeckung bei seinem Besuch im Flughafen Br¸ssel-Zaventem. De Croo wird dort auch Mitglieder der Flughafengesellschaft treffen. Foto: Pool Christophe Licoppe/BELGA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Quitte à être élaguée, la loi "Pandémie" censée soutenir les mesures sanitaires en vigueur doit être absolument votée d’ici mai.

Quel rapport avec Didier Reynders, ex-président du MR et actuel commissaire européen à la Justice? Un homme : Jean-Claude Fontinoy, sorte d’âme damnée de celui qui fut aussi ministre des Affaires étrangères de 2011 à 2019. Par le passé, Fontinoy a plusieurs fois été épinglé par la presse belge pour s’être «servi» lors de différentes transactions. Mais rien n’a jamais été prouvé. 

L’auteur du Clan Reynders a toutefois voulu comprendre «l’étrange compagnonnage entre un homme brillant (Reynders), considéré comme l’un des ministres des plus compétents de l’Union européenne et un petit homme de l’ombre (Fontinoy), disposant d’une mauvaise réputation».

Des employés mis à contribution

Didier Reynders et Jean-Claude Fontinoy se connaissent depuis plus de trente ans. En 1986, à seulement 27 ans, Reynders a été bombardé à la présidence de la société des chemins de fer Société nationale des chemins de fer belges (SNCB).  Il choisit comme expert du rail M. Fontinoy, «alors ingénieur au chemin de fer», rappelle La Libre Belgique. Par la suite, Jean-Claude Fontinoy restera attaché à la carrière ministérielle du Liégeois Didier Reynders. 

Voilà pourquoi, selon l’auteur de l’ouvrage, plusieurs décennies plus tard, des employés de la SNCB se seraient retrouvés mis au service du Mouvement réformateur lors de campagnes électorales. D’autres affaires à l’odeur de soufre sont évoquées dans ce livre.

Ni Jean-Claude Fontinoy, ni Didier Reynders n’ont réagi à cette heure. Toutefois, il ne faudrait pas se tromper de cible. Comme l’affirme Le SoirLe Clan Reynders n’est ni un «pamphlet anti-Didier Reynders», ni  «un tract anti-Mouvement réformateur». Rien ne pourrait être reproché pénalement à l’actuel commissaire européen qui ne travaille d’ailleurs plus depuis 2019 et son arrivée à la Commission avec Jean-Claude Fontinoy. Si Philippe Engels, l’auteur de l’ouvrage, parle malgré tout de «clan», c’est «parce qu’il y a chez Reynders et Fontinoy un fonctionnement clanique».

Le Soir conclut : «Ce ''compagnonnage'' étonne toujours autant, trente ans plus tard. Entre un homme politique à la carrière brillante, auquel il n’aura manqué que le poste de Premier ministre, et son éminence grise qui traîne derrière lui un parfum de scandale».  

Ce parfum se matérialise au travers de deux affaires traitées actuellement par la justice : le sponsoring privé «surprenant» (dixit Le Soir) d’une association dont Jean-Claude Fontinoy est vice-président et un soupçon de commission occulte de 50.000 euros en marge d’un dossier lié à la Libye de Kadhafi.

Beaucoup de bruit pour rien? A voir. Il y a plusieurs années déjà que certains médias s’intéressent à  Jean-Claude Fontinoy et à ses rapports avec Didier Reynders. Mais pour l’heure, tout reste à prouver, répétons-le. Jeudi matin, le Mouvement réformateur s’abstenait de tout commentaire. Selon Le Soir, il s’attendait avec l’ouvrage de Philippe Engels à «du plus lourd». Reste à voir si la Commission européenne demandera des explications à son commissaire. Celui-là même qui, la semaine dernière, était de passage au Luxembourg pour présenter un rapport sur l'Etat de droit.

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